Treize humoristes donnent rendez-vous au public mauricien, les 15 et 16 août, pour fêter les trente ans d’humour 100 % mauricien, un genre populaire à part entière exprimé dans la plus totale liberté, sous forme de sketchs, stand up, parodies et autres imitations. Dominique Bellier
L’humour, les blagues et les parodies étaient, dans les années 90, confinés à la sphère privée et quelques Fancy Fairs… Fin 1996, Rama Poonoosamy et Immedia lancent leurs premières auditions pour dénicher les perles rares qui assureraient la première partie du spectacle de Georges Mathieu, venu spécialement de France.
L’imitateur de génie Sam Ammigan s’est tout de suite imposé par son talent à décrypter les traits de caractère saillants et tics révélateurs des politiciens. Il est toujours aussi désopilant en Chacha, Ringadoo ou Jugnauth. Le policier Lindsay Mootien osait à peine rêver d’embrasser une carrière d’artiste. Sa bonhomie, ses blagues à dormir debout, avec un sens incomparable de la chute, l’ont aussi fait remarquer et, depuis leur première date avec Georges Mathieu, ils sont devenus des figures tutélaires de l’humour mauricien.
Le succès a été tel qu’Immedia a tout de suite élargi ses auditions, pour son premier 100 % d’humour mauricien avec des artistes du cru. Quelques mois plus tard, une première troupe, avec un jeune homme de 16 ans nommé Yousoof Elahee, déclenchait l’hilarité générale sur les velours du théâtre de Port-Louis… Sentant que ces prestations répondaient à une attente profonde du public, Immedia embraye pour 200 % d’humour mauricien au Plaza…
L’aventure ne faisait que commencer, car ces initiatives allaient faire éclore une nouvelle génération de comédiens et une forme populaire, qui sonde l’esprit moqueur typiquement mauricien, scrute nos mœurs et petits travers, et se fout gentiment des pouvoirs qui prétendent nous gouverner. Aussi, des artistes comme Miselaine Duval ont pu donner des ailes à leur talent, en jetant les bases de la comédie mauricienne.
