Fabiola avait participé avec ses collègues aux plantations et à l’entretien de la mangrove du Morne. Elle y retourne régulièrement pour la nettoyer, tout en se consacrant à l’apiculture désormais. « Dan koumansman, mo gayn pike 4 ou 5 fwa. Li dulure me mo finn aprann…* » Elle a toujours peur, mais maintenant elle sait approcher les abeilles à mains nues, en utilisant les vertus de la fumée pour brouiller les phéromones de la reine. Mère célibataire depuis quelques mois, avec trois enfants dont deux bébés, cette ancienne aide-soignante raconte avec un grand sourire avoir vécu cette reconversion « comme une thérapie », rendant grâce à ceux qui l’ont accompagnée comme Jean-Paul Hennequin, responsable de la Fondation Solidarité d’Éclosia, ou Michael Lafrance.
Comme ses collègues, elle a appris à entretenir la ruche, surveiller la reine, manipuler les équipements… Un container, installé en juin au Green Village, a été transformé en boutique et atelier-laboratoire pour extraire le miel et le mettre en pots, pour la vente directe et la sensibilisation… Une prochaine formation les outillera pour mieux faire connaître ces inlassables ouvrières sans qui nombre de plantes ne pourraient plus s’épanouir et fructifier. Elles raconteront aussi le rôle et la vie de la mangrove, ou encore l’art de confectionner ce nectar aux senteurs intenses. « Ces dames savent mettre la main à la pâte, s’exclame l’apiculteur. Voilà pourquoi tout s’est bien passé. Je leur ai appris le métier par l’action, sur le terrain, pour qu’elles acquièrent les bons gestes, le bon coup d’œil. Je continue de les suivre. Bientôt, je leur montrerai comment récupérer un essaim dans la nature… »
* « Au début, j’ai été piquée 4 ou 5 fois. C’est douloureux, mais j’ai appris… »
