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Le clown qui sèche les larmes

Le clown d’Amarnath Hosany est apparu dans les librairies le mois dernier. Co-lauréat du Prix Jean Fanchette 2025 avec Le regard de l’Ancêtre Esclave de Nicolas Couronne, ce roman humble et efficace raconte une histoire de « racisme ordinaire », dans laquelle beaucoup d’habitants de notre « pigmentocratie » pourraient se reconnaître… Dominique Bellier

Le racisme n’a rien d’ordinaire, même s’il tend parfois à se banaliser, tant il est fréquent. Malgré son imbécilité, il détruit des vies, saccage l’estime de soi et, à terme, nuit autant à ses propagateurs qu’à ses victimes. Le court roman d’Amarnath Hosany raconte l’histoire d’une grand-mère, Rita, et de sa petite fille, Elsa, toutes deux maltraitées, en famille comme en société, parce qu’elles auraient la peau « trop brune » !

La sagesse de la narratrice, Rita, attendrit et convainc à la fois. Quand une porte se ferme, inutile d’insister : d’autres s’ouvriront. Le jour où sa petite fille est grimée de force par des gosses de l’école, Rita prend la meilleure décision de sa vie. Elle rompt avec son lâche de fils, marié à sa belle-fille raciste, et part dans son village natal avec Elsa, qu’ils ont toujours négligée. À Chamarel, la petite s’épanouit et sa grand-mère retrouve joie et sérénité.

Amarnath Hosany a le don de souligner les travers de l’humanité sans véhémence, dans un style simple, direct et profond, en donnant toujours des raisons d’espérer. Rita et Elsa découvrent la solidarité, la gentillesse et la bienveillance. Loin des humiliations, l’une retrouve la vie sociale et l’autre finit par accomplir un rêve précieux. Ce livre montre que la lecture et l’imagination sauvent des vies, et que la création peut réparer les cœurs brisés et les âmes blessées. Sans le revendiquer, ce texte chronique des normes bourgeoises insensées et l’invisibilisation des femmes racisées.

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