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Nouvel An sous les tropiques à Maurice

Nouvel An sous les tropiques à Maurice

Le Nouvel An est la période la plus festive pour tous les Mauriciens. Que vous soyez à Grand-baie, à Curepipe, à Mahébourg ou ailleurs dans le pays, une ambiance bruyante et joyeuse résonne dans l’île durant le mois de décembre.

FABIEN DUBESSAY, FRANÇAIS, À MAURICE DEPUIS OCTOBRE 2009

Ce qui m’a le plus marqué pour les fêtes de n d’année la première année passée à Maurice ? Le monde dans les rues le soir du réveillon de Noël, les trottoirs grouillant de badauds se faufilant entre les nombreux marchands ambulants et les magasins ouverts jusqu’à minuit. Quant à la nuit de la Saint Sylvestre : cette pétarade indescriptible lorsque l’horloge sonne les 12 coups de minuit !

Fêter Noël au soleil, je trouve qu’il manque cette magie de Noël avec laquelle j’ai grandi. Là-bas, les jours entourant les fêtes, la nuit tombe tôt, les vitrines des magasins sont décorées, les rues sont illuminées et les gens sont pressés de regagner leur cocon familial. Les soirs de réveillon venus, c’est l’occasion de sortir, de se retrouver en famille ou entre amis.

Ici, c’est l’été, on va à la plage, on fait la fête, le brouhaha nocturne et le parfum des grillades rythment les soirées et j’ai l’impression qu’on glisse sur les fêtes sans jamais s’arrêter. Pour le jour de l’An, les cinq minutes avant les 12 coups de minuits sont le moment que je préfère. Il y a comme une tension dans l’air. On imagine chaque famille réunie dans leur cour, les pétards et feux d’arti ces déjà prêts à être allumés. Les allumettes dans la main, chacun dans l’attente de voir s’a cher minuit sur le cadran de leur montre. Parfois, une main impatiente allume un petit pétard ou une petite fusée un peu trop tôt, faisant monter l’excitation. Et à minuit, c’est la pétarade, le florilège de feux d’artifices, de toute part.

 

Tout comme pour Noël, une semaine auparavant, le réveillon de la Saint-Sylvestre est une continuation des festivités d’été. Les soldes continuent et les commerces opèrent jusqu’à minuit le soir du réveillon.

Du côté des entreprises, après avoir bouclé les derniers dossiers pour l’année, elles sont nombreuses, hormis le secteur touristique et des services, à fermer leurs portes pour une semaine ou plus, à partir du 30 ou 31 décembre. Ainsi, de nombreuses familles en profitent pour aller camper sur la plage ou dans un appartement en bord de mer.

D’autres, moins chanceux, finissent la rénovation et le nettoyage de leurs maisons afin d’accueillir la nouvelle année. Tout cela, sans oublier de préparer la grande rentrée des classes, qui se fait en début janvier ici, digne d’un mois de septembre en Europe.

L’année prochaine préparée à l’avance ou pas, le réveillon du Nouvel An se fête ! Après des journées à se livrer aux douceurs du farniente sur la plage (pour certains), on se retrouve à nouveau en famille ou entre amis pour faire la fête.Chaque famille a ses habitudes. Certains préfèrent aller au restaurant et s’amuser en boite de nuit, alors que d’autres préparent un diner en famille.

PAS DE PÉTARDS, PAS DE RÉVEILLON

 

MARJORIE GOVINDEN, FRANÇAISE, ARRIVÉE À MAURICE EN JUILLET 2006

Ce qui m’a le plus marquée , c’est cette ambiance tropicale festive vraiment différente de l’Europe et cette profusion de fleurs et de fruits aux couleurs chatoyantes. Un Noël au chaud et plein de vie, un peu décalé aussi !

Un bain de mer à 30o pendant la période de Noël, c’est plutôt un privilège lorsqu’on sait que nos compatriotes sont sous leurs couettes ou près du feu. Déguster champagne et langouste pieds dans l’eau le 25 décembre, franchement, ça n’a pas de prix ! Si, en plus, on a la chance d’être en famille à cette période, on est les plus heureux !

Dans la pure tradition mauricienne, on achète notre sapin naturel seulement 2 ou 3 jours avant Noël (chaleur oblige…) et on fait le plein de pétards ! Assez surprenant mais on s’y fait !

C’est assez incroyable que tout le monde prenne part à ces festivités de Noël, mauriciens de confession chrétienne ou non. Quel que soit le menu du Réveillon, dinde rôtie, « camarons » grillés ou « cari d’ourites », toute famille mauricienne a son sapin décoré et sa distribution de cadeaux le jour J.

Alors ici ou ailleurs, Noël, c’est de la fête et du partage dans le respect des traditions multiculturelles.

 

SANDRINE M. D’UNIENVILLE, FRANÇAISE, À MAURICE DEPUIS SEPT ANS

Noël est généralement synonyme de foie gras, températures négatives et gros pull en laine. On attend la neige avec impatience et on redoute les kilos en trop ! Pour le coup, avec la chaleur d’ici, les premières années je n’arrivais pas à préparer mon sapin de Noël. Pour moi, les deux n’allaient pas ensemble… Même chose, difficile pour moi d’acheter les cadeaux de Noel : une atmosphère bien différente. Maintenant, au fil des années, j’adore cette période de fêtes, aussi bien en France qu’à Maurice. J’aime les décors de Noël, qui sont de plus en plus beaux et illuminés chaque année.

Les repas sont bien différents de la France, notamment le 25 décembre. Pas de bûche de Noël ! Direction la plage pour un barbecue géant ! Je trouve cela comique pour le coup et surtout j’adore! Et puis, les photos dans la mer avec les bonnets de Père Noël, cela fait de magni ques souvenirs. Enfin, je trouve fantastique d’assister à des feux d’arti ces dans la baie de Grand- Baie pour les fêtes de n d’années. Cela fait plus de sept ans et demi que je suis ici et ces dernières années, j’alterne : une année c’est Noël en France et l’année qui suit c’est Noël à Maurice. J’ai même eu la chance que ma famille nous rejoigne une année pour Noël ! Magique !

Noël est une tradition célébrée partout dans le monde et le plus important ce n’est pas où nous sommes, mais avec qui nous sommes, d’être ensemble et de partager de merveilleux moments.

 

Curry de poisson, servi avec des faratas.

Le 1er janvier est principalement dédié au déjeuner en famille. Le plat typiquement mauricien pour ce repas est le poisson, servi avec du riz et une soupe des lentilles. Ce plat, surtout le poisson, est synonyme d’abondance, de progrès, de fertilité et d’argent.

Chez les musulmans, on retrouve le briani (ou briyani, à base de riz basmati, préparé avec des épices, de la viande, des œufs ou des légumes) et le curry de bouc reste le plat phare chez les hindous. Quel que soit le plat ou la tradition, le rhum local est également à l’honneur durant la période de fêtes.

TROUBLE-FÊTE

La seule ombre qui puisse planer sur les festivités, c’est la météo. Comme janvier représente le pic de la saison cyclonique, des vents forts, de la pluie ainsi que des orages peuvent s’inviter aux célébrations.

Si ces intrus peuvent refroidir ceux assez chanceux pour accueillir le Nouvel An sur l’île, ils ne pourront toutefois pas refroidir les esprits impatients, joyeux et festifs.

 

FRANCK BEAUFILS, FRANÇAIS, À MAURICE DEPUIS DEUX ANS

Ce qui m’a le plus marqué lors de mon premier Noël et le Nouvel An sur l’île, c’est la naissance de mon fills, Raphaël, le 21 décembre 2014.

Du coup, j’ai passé les fêtes de fin d’année beaucoup plus avec lui qu’avec la famille. Nous avons installé le sapin de Noël, qui est de coutume dans chaque pays.

La sensation de fêter Noël au soleil est juste un plaisir, même si la neige que l’on a en Europe n’est pas présente ici. Ca ne change rien au fait que ça se fête aux quatre coins du monde. Pour moi, l’esprit des fêtes est la même ici, avec des menus di érents.

Par contre, j’ai remarqué que les gens privilégient plus les pétards à Maurice, alors qu’en Europe nous préférons les feux d’artifices. Nous ne mangeons pas forcément de foie gras non plus, mais toute la famille se rejoint pour aller à la messe de Noël et partage ensuite le repas ensemble.

Pour la distribution des cadeaux, les enfants passent en premier et, le lendemain, les adultes sont au rendez-vous. Peu importe où on se trouve, ce sont des moments privilégiés pour tous les enfants et pour de très bonnes retrouvailles en famille.

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