2026, l’année de la résilience…

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Janvier 2026 s’ouvre sous le double signe de la vigilance et de la prévoyance. Entre saison cyclonique active et budgets post-fêtes à rééquilibrer, ce mois exige résilience et anticipation. Assurance, gestion financière, autonomie énergétique : retour sur ces trois piliers essentiels pour traverser sereinement ce premier chapitre de l’année.

Énergie solaire
Vers la ressource du futur

Le principe est simple : des panneaux solaires stratégiquement disposés captent la lumière du soleil et la convertissent en courant continu – ensuite transformé en courant alternatif via un onduleur. Après consommation, le surplus d’électricité peut être soit stocké, soit exporté vers le réseau. Propre, durable, inépuisable… L’énergie solaire est la solution du futur, surtout pour une île baignée par le soleil ! Eugénie Sauzier-de Rosnay

La période estivale est redoutable : outre les cyclones qui battent en brèche, on remarque, d’année en année, des coupures de plus en plus fréquentes. Selon Felix Zuckschwerdt, Managing Director de CARBONOZ Solaire Maurice, une entreprise spécialisée dans les installations solaires, ces pannes s’expliquent par une demande d’électricité croissante, qui se heurte à des limites structurelles dans la génération et la distribution.

Les principaux coupables de cette situation : les pics touristiques saisonniers, les saisons plus chaudes et plus longues liées au changement climatique, et un secteur immobilier et de la construction en croissance. « Lorsque ces facteurs coïncident, ils exercent une pression importante sur un système électrique non conçu pour de tels schémas de demande », confie Felix.

Si de nombreux foyers, mus par l’augmentation des prix d’électricité et des coupures, montrent un intérêt croissant pour l’énergie solaire, d’autres, plus réticents, campent encore sur des idées reçues. En tête de liste : la croyance qui veut que le solaire ne fonctionne pas les jours nuageux. « En réalité, les panneaux génèrent toujours de l’électricité à partir de la lumière diffuse », précise notre interlocuteur.

D’autres ont le sentiment que les systèmes solaires sont fragiles ou inadaptés aux cyclones. « Les installations correctement conçues sont prévues pour résister aux conditions météorologiques extrêmes », rassure Felix. Et pour ceux qui entrevoient des dépenses insurmontables, le jeu en vaudrait malgré tout la chandelle. Selon lui, une installation solaire résidentielle typique nécessiterait un investissement entre Rs 200 000 et 500 000, selon la taille du système et la capacité de la batterie.

Pour les systèmes entièrement hors réseau, l’addition risque d’être légèrement plus salée, notamment à cause d’un stockage de batterie plus important et du dimensionnement onduleur-panneaux. Cependant, un tel investissement porte assez rapidement ses fruits. « La plupart des ménages atteignent effectivement le seuil de rentabilité dans les 6 à 8 ans », souligne-t-il. Le chemin vers l’indépendance énergétique est réellement pavé de bénéfices, notamment parce que celle-ci permettrait d’empêcher des tonnes d’émissions de CO2 !

Selon Felix, la transition au solaire permettrait à un ménage moyen de réduire sa facture d’électricité de 60 à 90 %, dépendant des habitudes de consommation et de la configuration du système. Quant aux ménages hors réseaux, plus de compte d’électricité ! « Les économies peuvent être considérablement augmentées en déplaçant l’utilisation de l’électricité aux heures de jour, comme le recours aux machines à laver ou aux pompes à eau », dit-il. Quant aux ménages utilisant la climatisation, bonne nouvelle ! « On remarque souvent, dans ce cas, des économies absolues plus élevées, car la demande de refroidissement s’aligne bien avec la production solaire », poursuit-il.

La recommandation de l’expert, pour une île tropicale comme Maurice : un système hybride, combinant panneaux solaires et stockage par batterie, permettant d’emmagasiner l’énergie pour une utilisation extérieure. « Ces installations sont solides et durables : les panneaux solaires modernes durent généralement 25 à 30 ans, les onduleurs 10 à 15 ans et les batteries lithium fer phosphate modernes 10 à 20 ans, selon l’utilisation et la technologie », dit-il.

Le bonus : les installations solaires ne nécessitent que peu d’entretien ! « Les panneaux doivent généralement être nettoyés une à trois fois par an pour enlever la poussière, le sel et les fientes d’oiseaux. Une inspection technique annuelle est généralement suffisante », affirme Felix. Alors que les cyclones commencent déjà à pointer le bout de leur nez, les systèmes solaires hybrides et hors réseau, avec stockage par batterie, permettent aux ménages, s’ils sont bien conçus, de continuer à alimenter les appareils essentiels, même si le réseau est hors service durant une période prolongée.

Dans le sillage du rêve tracé par Maurice de devenir une île propre et décarbonée, de nombreuses banques proposent des prêts pour encourager la transition énergétique des foyers, avec des intérêts ultra préférentiels. Car si, selon l’Economic Development Board (EDB), le pays ne contribue qu’à hauteur de 0,01 % aux émissions mondiales de gaz à effet de serre, ces dernières auraient, depuis dix ans, connu une légère hausse. En 2022, les émissions de CO2 d’origine fossile auraient même atteint les 4,28 millions de tonnes… Une goutte, peut-être, dans l’océan énergétique… mais une goutte qui pèse sacrément lourd !

Janvier, le mois de la prévoyance

Entre cyclones, pluies torrentielles et inondations, le mois de janvier démarre, comme toujours, sous le signe de la vigilance. Pourtant, de nombreux foyers négligent parfois certains aspects préventifs, tels que leur assurance – une protection pourtant essentielle pour braver les intempéries qui marquent le premier chapitre de chaque nouvelle année. Kiran Ancharaz, Senior Executive Officer de SICOM General Insurance, nous permet d’y voir plus clair. Eugénie Sauzier-de Rosnay

Alors que la saison cyclonique est bien entamée, quels sont les points de vigilance essentiels que les Mauriciens devraient vérifier concernant leur couverture d’assurance habitation ?

D’abord, il leur faut vérifier que leur assurance habitation est bien adaptée et qu’elle couvre correctement les dommages liés aux cyclones et autres intempéries. Il est important de prêter attention aux plafonds d’indemnisation, aux franchises et aux exclusions, ainsi qu’à la déclaration correcte des biens de valeur, qui nécessitent parfois une couverture spécifique. Parmi les erreurs les plus fréquentes, on retrouve la sous-assurance (ou inversement la sur-assurance qui alourdit inutilement la prime), le fait de ne pas lire les conditions du contrat, l’absence d’inventaire des biens, ou encore une déclaration tardive des sinistres après un cyclone. Notre conseil est simple : prendre le temps, avant la saison cyclonique, d’échanger avec son assureur afin de vérifier, d’ajuster si besoin sa couverture et d’éviter toute mauvaise surprise en cas de sinistre.

Comment bien protéger sa maison et ses biens, et minimiser les risques de sinistres ?

Les familles sont encouragées à sécuriser l’extérieur de leur maison en rangeant ou fixant les objets pouvant être emportés par le vent, en vérifiant l’état du toit, des volets et des gouttières, et en élaguant les arbres à proximité. À l’intérieur, il est conseillé de mettre les biens de valeur à l’abri de l’eau, de débrancher les appareils électriques et de conserver un inventaire avec photos des biens. Il est également important de respecter les consignes des autorités et d’éviter tout déplacement inutile en période d’alerte. Ces gestes simples permettent de réduire les risques de sinistres et de faciliter un retour plus rapide à la normale après le passage d’un cyclone.

Si, malgré tout, un sinistre survient, quelles sont les démarches immédiates à effectuer ?

La priorité absolue est d’assurer la sécurité des personnes et de suivre les consignes des autorités. Une fois le danger écarté, il est judicieux de limiter toute aggravation des dégâts en protégeant, par exemple et même si c’est provisoire, les ouvertures ou/et en mettant les biens à l’abri. Il ne faut pas entreprendre de réparations définitives immédiates. Il est primordial de déclarer le sinistre à l’assureur dans les meilleurs délais, en respectant les procédures prévues au contrat. Il ne faut pas oublier de prendre des photos ou vidéos des dommages, de conserver les biens endommagés et de rassembler les documents utiles (factures, inventaire, contrat…) car cela facilite grandement l’évaluation du sinistre. Ces réflexes simples permettent d’accélérer le traitement du dossier et l’indemnisation, tout en évitant les retards ou incompréhensions lors de la prise en charge par l’assurance.

Budget 2026
Les clés de la sérénité financière

Entre festivités organisées, cadeaux offerts et petits plaisirs, le 13e mois a souvent tendance, en fin d’année, à fondre comme neige au soleil. Manque de planification budgétaire ou dépenses désorganisées : pour certaines personnes, les débuts d’année sont souvent marqués du sceau du surendettement. Pourtant, selon Bernard Jackson, Head of Retail à la Mauritius Commercial Bank (MCB), quelques gestes simples pourraient éviter cette situation. Eugénie Sauzier-de Rosnay

Quand sonnent les derniers jours de l’année, l’heure est à la fête : on dépense sans compter, on met les petits plats dans les grands, on passe de bons moments… Il s’agit de la période festive par excellence où on vit le moment présent, quitte à aviser plus tard ! Et cet après peut se révéler particulièrement amer, surtout en janvier, connu comme étant le mois critique en matière de surendettement – mais aussi particulièrement propice aux imprévus !

L’erreur la plus courante serait, selon Bernard, l’absence d’un budget prévisionnel pour les dépenses festives, ce qui entraînerait des répercussions notables sur les dépenses de la rentrée. La solution ? « Nous conseillons aux clients d’anticiper les fêtes en établissant un budget dédié dès octobre. Par exemple, si l’on envisage de dépenser Rs 20 000 pour les fêtes, on commence à épargner Rs 5 000 par mois dès septembre ou octobre, que l’on peut compléter par une partie du 13ème mois », dit-il. Une solution simple, qui évite de recourir au crédit excessif ou d’être à court d’argent pour les dépenses essentielles.

Le début d’année étant également marqué par les aléas climatiques (cyclones, inondations ou encore pluies torrentielles…), il est aussi, selon lui, primordial de constituer un fonds d’urgence. « Celui-ci doit normalement couvrir 3 à 6 mois de dépenses essentielles (loyer, alimentation, santé…) », souligne Bernard. Pour y arriver, il suffirait par exemple d’épargner 10 % du revenu mensuel dans un compte d’épargne séparé. « Si vos dépenses mensuelles sont de Rs 15 000, votre objectif de fonds d’urgence se situe entre Rs 45 000 et Rs 90 000. Commencez par mettre Rs 1 500 par mois et augmentez cette somme de Rs 500 annuellement », dit-il. Sans compter les intérêts payables chaque semestre !

Et pour reprendre le contrôle de son budget en début d’année, Bernard a trois conseils : d’abord, établir une liste complète des dépenses mensuelles pour identifier les sources potentielles d’économie et/ou éliminer celles qui sont superflues ; ensuite, établir une liste d’achats pour éviter les dépenses impulsives ; pour finir, se fixer des objectifs spécifiques, mesurables et atteignables par rapport aux charges financières et à l’épargne, par exemple en limitant ses emprunts.

Enfin, l’une des recommandations les plus essentielles selon Bernard serait de communiquer avec son banquier. « Il ne faut surtout pas attendre la crise avant de lui parler : un banquier est un conseiller et un partenaire, pas un juge », affirme-t-il. Véritable allié financier, celui-ci peut en effet aider à planifier un budget réaliste en proposant des solutions financières adaptées aux différents profils… De bons réflexes promettent de faire la différence !

2026, the Year of Resilience…

January 2026 opens under the twin signs of vigilance and foresight. Between an active cyclonic season and post-festive budgets to rebalance, this month demands resilience and anticipation. Insurance, financial management, energy autonomy… A look back at these three essential pillars for navigating this first chapter of the year with serenity.

Solar Energy
Towards the Resource of the Future

The principle is simple: strategically positioned solar panels capture sunlight and convert it into direct current—then transformed into alternating current via an inverter. After consumption, surplus electricity can either be stored or exported to the grid. Clean, sustainable, inexhaustible… Solar energy is the solution of the future, especially for a sun-drenched island!

The summer period is formidable: besides the impressive cyclones, we notice, year after year, increasingly frequent power cuts. According to Felix Zuckschwerdt, Managing Director of CARBONOZ Solaire Maurice, a company specialising in solar installations, these outages are explained by rapidly growing electricity demand combined with structural limits in generation and distribution. The main culprits: seasonal tourism peaks, hotter and longer warm seasons linked to climate change, and a growing real estate and construction sector. ‘When these factors coincide, they place significant strain on an electricity system not designed for such demand patterns,’ Felix confides.

Whilst many households, driven by rising electricity prices and power cuts, show growing interest in solar energy, others still cling to misconceptions. Top of the list: the belief that solar does not work on cloudy days. ‘In reality, panels still generate electricity from diffused sunlight,’ our interlocutor specifies. Others feel that solar systems are fragile or unsuitable for cyclones. ‘Properly engineered installations are designed to withstand extreme weather’.

For those who envision insurmountable expenses, the game would nonetheless be worth the candle. According to Felix, a typical residential solar installation requires an investment between Rs 200,000 and 500,000, depending on system size and battery capacity. For fully off-grid systems, the bill can be slightly steeper, mainly due to larger battery storage. However, such an investment bears fruit fairly quickly. ‘Most households reach break-even within 6 to 8 years’.

Switching to solar would allow an average household to reduce its electricity bill by 60–90%, depending on consumption habits and system configuration. As for off-grid households, no more electricity bills! ‘Savings can be significantly increased by shifting electricity usage to daylight hours, such as running washing machines or water pumps during the day’. Households using air conditioning often achieve higher absolute savings, as cooling demand aligns well with solar production.

The expert’s recommendation for a tropical island like Mauritius: a hybrid system combining solar panels with battery storage. ‘These installations are robust and sustainable: modern solar panels typically last 25 to 30 years, inverters 10 to 15 years, and modern lithium iron phosphate batteries 10 to 20 years, depending on usage and technology,’ Felix says.

The bonus: solar installations require very little maintenance! ‘Panels usually need cleaning one to three times per year to remove dust, salt, and bird droppings. An annual technical inspection is generally sufficient’. As the cyclonic season is already full on, properly engineered hybrid and off-grid solar systems with battery storage allow households to continue powering essential appliances, even if the grid is down for extended periods.

In the wake of Mauritius’s dream of becoming a clean and decarbonised island, many banks offer loans to encourage household energy transition, with ultra-preferential interest rates. For whilst, according to the Economic Development Board (EDB), the country contributes only 0.01% to global greenhouse gas emissions, these have experienced a slight increase over the past ten years. In 2022, fossil CO₂ emissions even reached 4.28 million tonnes… A drop, perhaps, in the energy ocean… but a drop that weighs awfully heavy!

January, the month for precaution

Between cyclones, torrential rains and flooding, January begins under the sign of vigilance. Yet many households sometimes neglect certain preventive aspects, such as their insurance—protection that is nevertheless essential for weathering the storms that mark the first chapter of each new year. Kiran Ancharaz, Senior Executive Officer at SICOM General Insurance, helps us see things more clearly.

With the cyclone season well under way, what are the essential points that Mauritians should check regarding their home insurance cover?

First, they need to verify that their home insurance adequately covers damage related to cyclones and other severe weather. It is important to pay attention to compensation limits, excesses and exclusions, as well as the correct declaration of valuable items, which sometimes require specific cover. Common mistakes include under-insurance (or over-insurance, which unnecessarily increases the premium), failing to read the contract terms, the absence of an inventory of possessions, or late declaration of claims. Our advice is simple: take the time, before the cyclone season, to talk with your insurer to verify and, if necessary, adjust your cover and avoid any unpleasant surprises.

How can you properly protect your home and minimise the risk of damage?

Families are encouraged to secure the exterior by putting away or fastening objects that could be carried off by the wind, checking the roof, shutters and gutters, and pruning nearby trees. Indoors, put valuables out of water’s reach, unplug electrical appliances and keep an inventory with photographs. It is also important to follow the authorities’ instructions and avoid unnecessary travel during alert periods.

If damage does occur, what are the immediate steps to take?

The absolute priority is to ensure people’s safety and follow the authorities’ instructions. Once the danger has passed, limit any worsening of the damage by temporarily protecting openings and putting possessions to safety. Do not undertake definitive repairs immediately. Report the claim to the insurer as soon as possible, take photos or videos of the damage, keep damaged items and gather useful documents (invoices, inventory, contract). These simple reflexes help speed up processing and compensation, whilst avoiding delays or misunderstandings.

Budget 2026
The Keys to Financial Serenity

Between organised festivities, gifts and small pleasures, the 13th month often melts away like snow in the sun at year’s end. Lack of budget planning or disorganised spending—for some, the start of the year is marked by over-indebtedness. Yet, according to Bernard Jackson, Head of Retail at Mauritius Commercial Bank (MCB), a few simple gestures could avoid this situation.

When the last days of the year ring out, it is party time: we spend without counting, pull out all the stops, live in the moment—even if it means dealing with the consequences later! And this ‘later’ can prove particularly bitter, especially in January, known as the critical month for over-indebtedness and unexpected events.

The most common mistake, according to Bernard, is the absence of a budget forecast for festive spending. The solution? ‘We advise clients to anticipate the festivities by establishing a dedicated budget from October. For example, if you plan to spend Rs 20,000 on the holidays, start saving Rs 5,000 per month from September or October, which can be supplemented by part of the 13th month.’ This simple approach avoids excessive credit or running short for essential expenses.

With climatic uncertainties (cyclones, floods, torrential rains…), building an emergency fund is essential. ‘It should normally cover 3 to 6 months of essential expenses,’ Bernard emphasises. To achieve this, save 10% of monthly income in a separate account. ‘If your monthly expenses are Rs 15,000, your emergency fund target sits between Rs 45,000 and Rs 90,000. Start by setting aside Rs 1,500 per month and increase this amount by Rs 500 annually.’

To regain budget control, Bernard offers a few tips: establish a complete list of monthly expenses to identify savings; create shopping lists to avoid impulsive spending; and set specific, achievable financial goals. Finally, communicate with your banker. ‘One must absolutely not wait for a crisis before speaking to them: a banker is an adviser and a partner, not a judge,’ he affirms. Simple reflexes that promise to make all the difference!

 

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