La première fiction du marronnage

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Le Noir marron et autres textes, de Victor Charlier, est paru l’an dernier chez Cicéron Éditions, dans la collection Mémoire des Mascareignes, qui publie des textes inédits ou oubliés apportant un éclairage historique et littéraire de valeur sur cette région de l’océan Indien… Dominique Bellier

Les Marrons est considéré comme le premier roman de la littérature réunionnaise et même du marronnage, car il a été publié en 1844… Si ce texte de Timagène Houat développe l’idée d’une société du métissage ouverte à autrui, la nouvelle de Victor Charlier, « Le Noir marron », lui vole la vedette en matière d’antériorité, comme première fiction du marronage réunionnais, puisqu’elle a été publiée en 1831 dans La Revue de Paris. Elle raconte l’histoire du Bambara Tarquin qui s’est vengé du suicide de celle qu’il aimait en empoisonnant son maître. Il échappe à la peine capitale, en devenant un des marrons les plus puissants et respectés du pays.

L’auteur franco-mauricien, Victor Charlier, est né en septembre 1803, à Port-Nord-Ouest, tel que s’appelait Port-Louis à l’époque. Il passe une grande partie de son enfance et de son adolescence à Maurice, puis probablement à La Réunion, avant de s’installer à Paris. Il raconte dans un texte l’arrivée en navire à Bourbon en 1823, qu’il pourrait avoir lui-même vécue.

« Le retour du jeune créole » relate le drame de L’Artimon, esclave à Maurice qui dispute à son jeune maître les faveurs de son amie Fanny… « Une mulâtresse » présente une mère courage en butte aux préjugés de couleur, tandis que « Les Blancs » propose une réflexion ethnographique. Ces textes décrivent la société coloniale avec réalisme en dénonçant son racisme et son inhumanité. Ils sont accompagnés d’une note de lecture et d’une biographie de l’auteur, qui était proche de Georges Sand.

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