Maurice, chantier d’avenir

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De la maison off-grid aux Smart Cities, en passant par les matériaux innovants et les projets agro-résidentiels, le secteur de la construction mauricien est en pleine mutation. Face aux défis climatiques et à l’urgence de repenser nos modes d’habiter, les initiatives se multiplient. Tour d’horizon d’une île qui cherche – et trouve ! – de nouvelles façons de construire.

Maurice, laboratoire de l’architecture de demain

Mobilisant plus de 70 professionnels, l’ensa Nantes [Mauritius] forme depuis 2016 à l’architecture et à l’urbanisme. En mars 2026, l’école a organisé les Rencontres internationales de recherche, réunissant une quarantaine d’experts internationaux autour des transformations urbaines mauriciennes. Rencontre avec son comité scientifique. Eugénie Sauzier-de Rosnay

Quels sont aujourd’hui les principaux enjeux architecturaux et urbanistiques auxquels l’île fait face ?

L’ensa Nantes [Mauritius] questionne toutes les échelles de transformation de l’espace habité. Les enjeux sont multiples : condition insulaire et littorale, vulnérabilités socio-climatiques, articulations entre architecture et urbain mondialisé, rôle de l’architecture face au dérèglement climatique, à la réduction de la biodiversité, à l’artificialisation des sols et à la transition énergétique – sans oublier les inégalités spatiales et l’évolution des pratiques professionnelles.

Smart Cities et habitat traditionnel : le dialogue est-il possible ?

La critique majeure des Smart Cities vise leur désengagement vis-à-vis de l’existant (tissu social, économique, paysage local…). Face à ces espaces globalisés coexistent des urbanités ordinaires, issues d’initiatives habitantes souvent invisibilisées, témoignant d’autres modes d’habiter adaptés aux conditions du territoire. Comment éviter ségrégation sociale et fragmentation ? Est-il encore raisonnable de poursuivre l’artificialisation des sols et la conversion des terres agricoles ? L’école incite à penser l’architecture sur le long terme, en prise avec les besoins réels des populations.

Quel est le bilan de vos premières Rencontres internationales de recherche ?

L’événement visait à échanger avec des chercheurs et praticiens venus du monde entier sur les méthodes et thématiques à même de faire émerger des leviers pour infléchir la fabrique des territoires contemporains. Conférences, tables rondes, balades urbaines et projections documentaires ont permis de croiser les expériences et de dessiner des pistes de recherche-action. Les retours ont été positifs et ces démarches sont appelées à se poursuivre.

Comment l’architecture doit-elle s’adapter au changement climatique ?

Nos étudiants travaillent concrètement sur des quartiers inondables de Port-Louis, des villages côtiers vulnérables ou l’île Rodrigues. Plusieurs pistes émergent : valoriser des matériaux locaux comme le bambou, libérer les sols, ralentir le parcours de l’eau, créer des espaces qui l’accueillent, renaturer, concevoir des architectures-refuge. Une approche située et critique, qui intègre les enjeux territoriaux et paysagers bien au-delà du seul périmètre du bâtiment.

Bâtir autrement !

On martèle souvent que l’architecture mauricienne reste beaucoup trop traditionnelle. Il est vrai que les techniques de construction et de conception n’ont pas beaucoup évolué au fil des âges. Et pourtant, petites gouttes dans l’océan du changement, certains produits s’attachent à révolutionner les acquis… Eugénie Sauzier-de Rosnay

UBP : des blocs légers et intelligents

Poussant l’innovation toujours plus loin, UBP lance, en 2015, ses premiers Smart Blocks. Les avantages sont multiples : moins de bois de coffrage pour certaines gammes, économie de mortier pour la pose, limitation de l’utilisation de barres de fer… « Les smart blocks réduisent les coûts de construction, permettent un gain de temps considérable et impliquent moins d’efforts sur les chantiers », expliquent Gauthier Ledesma, Research and Development Manager, et Ikhlaas Baichoo, Sales Engineer d’UBP. U Block, Corner Block, EcoBlock, Block 20.15, Blocs à bancher… à chaque bloc ses spécificités !

Saint-Gobain : la construction de demain ?

Pour Thierry Renaut, Business Development Manager chez Saint-Gobain, repenser nos méthodes de construction est devenu une urgence. « À l’heure où l’énergie est devenue un enjeu sensible, amplifié par un contexte géopolitique incertain, les méthodes traditionnelles, très énergivores, sont de plus en plus remises en question », dit-il. Les cloisons légères, proposées par l’entreprise, gagnent du terrain, avec une démocratisation post-Covid où le secteur a dû sortir de sa zone de confort. Celles-ci s’adaptent parfaitement au contexte local : isolation thermique et acoustique supérieure, flexibilité, reconfiguration à l’infini, durabilité, rapidité de pose, main d’œuvre réduite, chantiers plus propres et économiques… Aujourd’hui, l’approche hybride (béton et cloisons légères) représente « l’un des moyens les plus efficaces de construire à Maurice ».

Entrepôt de la Pierre : des carrelages innovants

Qui a dit que carrelage rimait avec simple habillage ? Certainement pas Entrepôt de la Pierre ! Avec son nouveau showroom Emotions, l’entreprise déconstruit les conventions du secteur du carrelage haut de gamme. Au menu : surfaces céramiques personnalisables, technologie de recharge sans fil invisible, plaque de cuisson dissimulée sous le carrelage, dalles antibactériennes, antivirales et autonettoyantes qui éliminent 94 % du SARS-CoV-2 en 4 heures. L’entreprise propose également la première céramique 4D au monde, produite à partir d’hydrogène vert, alliant esthétique et durabilité environnementale… Le carrelage n’a jamais été aussi futuriste !

Villes intelligentes, avenir durable

La modernité s’incarne aussi dans ces Smart Cities qui bourgeonnent à travers l’île, terreaux fertiles pour l’innovation urbaine et véritables microcosmes économiques et sociaux. D’avant-garde, ces villes, portées par une planification réfléchie et progressive, traduisent aussi un questionnement bien contemporain : comment construire avec l’environnement, en tenant compte de son empreinte ? Focus sur deux de ces villes intelligentes. Eugénie Sauzier-de Rosnay

Beau Plan, l’innovation au cœur du développement

Pour Emeric Vigier de Latour, Senior Manager – Communication & Marketing de Novaterra, une Smart City n’a de sens que si elle place l’humain au cœur de sa démarche. Cela passe aussi par la création d’un cercle vertueux, qui mise autant sur la durabilité que sur la qualité de vie. « Notre vision s’inscrit dans notre signature, “Growing Lives”, et consiste à développer des projets qui répondent aux besoins actuels tout en préservant les ressources et la qualité de vie des générations futures », confie-t-il. Une approche globale qui se structure autour de trois piliers : l’humain, la planète et le profit.

Chaque projet est bien pesé et conçu par rapport au climat mauricien et aux enjeux environnementaux actuels. Parmi les bâtiments phares de la ville, Greencoast International School a ainsi été construite selon des principes bioclimatiques favorisant la ventilation et l’éclairage naturels et la réduction des besoins énergétiques. The Strand, immeuble de bureaux certifié EDGE, un label écologique international, illustre également cette démarche avec des performances mesurées sur la réduction de la consommation d’énergie, l’optimisation de la consommation d’eau et la limitation de l’énergie grise liée aux matériaux.

Car, en effet, la gestion responsable des ressources occupe également une place importante dans la vision de Beau Plan. En témoigne, par exemple, la ferme photovoltaïque de La Louisa, dont la production couvre l’équivalent de la consommation annuelle du Mahogany Shopping Promenade. Zones de tri, systèmes de recyclage des eaux usées, solutions de gestion durable des eaux pluviales, planification urbaine favorisant la mobilité douce, intégration structurée d’espaces verts et de biodiversité urbaine, nouvelles techniques de construction plus sobres en carbone… « Les Smart Cities jouent aujourd’hui un rôle de laboratoire urbain. Elles permettent de tester des solutions innovantes qui peuvent ensuite inspirer d’autres projets à l’échelle nationale », dit Emeric.

Medine, l’ouest tourné vers l’avenir

Direction l’ouest, où la ville intelligente durable devient aussi une réalité. Pour Joël Bruneau, celle-ci représente aujourd’hui une nouvelle manière de penser l’urbanisation à Maurice – un travail de longue haleine, marqué par un regard tourné sur le présent, mais aussi sur le futur. « Cela se traduit notamment par une attention particulière portée à la préservation de la biodiversité, à l’efficacité énergétique, à la gestion responsable des ressources et à l’inclusion sociale », explique Joël Bruneau, Managing Director de Medine Property.

Depuis 2005, la planification de la Smart City se fait en effet par phases, avec un plan directeur axé sur la durabilité. Cela commence évidemment par les infrastructures, avec des bâtiments conçus pour répondre aux principes bioclimatiques (ventilation naturelle, optimisation de l’énergie ou encore vitrages limitant la chaleur). Medine Property a également obtenu la certification EDGE pour certains de ses bâtiments, et a adopté un cahier des charges strict en matière de durabilité pour tous ses projets.

La gestion de l’eau y est aussi essentielle. Les canaux en béton traditionnels ont ainsi été remplacés par des noues ouvertes le long des corridors routiers pour favoriser l’infiltration naturelle des eaux de pluie. La Smart City affiche également un engagement fort en matière d’environnement puisqu’elle entend préserver 30 % d’espaces verts en son sein, avec plus de 10 000 arbres fruitiers et endémiques plantés à terme, ainsi que la création du parc Magenta, le « poumon vert » de la ville, s’étendant sur 15 hectares et abritant des milliers d’arbres. Avec ses 26 km de pistes cyclables, l’ambition de Medine est claire : devenir un modèle de ville du quart d’heure, tout en bâtissant un héritage durable !

Prêt immobilier
La préparation, clé du succès

Le marché immobilier mauricien évolue, en 2026, dans un contexte particulier : coûts de construction élevés, flambée des prix des matériaux, hausse des prix de l’immobilier. Dans une société où le taux d’endettement est déjà particulièrement élevé, comment naviguer sereinement ? Rozina Abia, Head of Relationship Management, Retail and SME Banking chez ABSA Mauritius nous livre ses conseils. Eugénie Sauzier-de Rosnay

Comment la demande de prêts immobiliers a-t-elle évolué ces derniers mois à Maurice ?

Les projets sont toujours présents, mais ils sont abordés avec plus de réflexion, plus de questions, et un besoin plus fort d’accompagnement. Les primo-accédants, notamment, recherchent davantage de clarté pour bien comprendre ce qu’ils peuvent réellement se permettre, au-delà de l’émotion liée à l’achat.

Comment évaluez-vous la capacité d’emprunt de vos clients ?

Au-delà des critères financiers classiques (revenus, niveau d’endettement, stabilité professionnelle…), nous cherchons à comprendre la réalité du client : son mode de vie, ses engagements, ses priorités. Nous construisons ensuite avec le client une solution qui lui ressemble et qui reste viable dans la durée. L’objectif n’est pas simplement d’accorder un financement, mais de s’assurer que le client pourra vivre son projet sereinement.

Dans le contexte actuel, vaut-il mieux acheter ou construire ?

Tout dépend du projet de vie du client. Acheter offre plus de visibilité et de simplicité ; construire permet de créer un bien sur mesure, mais demande plus d’implication et de rigueur budgétaire. Dans les deux cas, notre approche reste la même : comprendre les contraintes et priorités du client, et l’accompagner vers une décision cohérente avec sa situation. Nous encourageons toujours une approche équilibrée, où le projet reste une source de satisfaction, et non de pression.

Quels conseils pour obtenir les meilleures conditions de prêt immobilier ?

Le point de départ, c’est la préparation. Les erreurs les plus fréquentes viennent d’une sous-estimation du coût global ou d’une décision prise trop rapidement. Un projet immobilier est un projet de vie, il mérite du temps et un accompagnement de qualité. Chez Absa Maurice, « Your story matters » : chaque projet est unique, et nous proposons des solutions adaptées à la réalité de chaque client.

FERNEY Tropical Agrihood
Quand la terre réinvente l’art d’habiter

Situé dans le sud-est de l’île, FERNEY Tropical Agrihood est un concept unique en son genre. Mêlant habitat durable, agriculture régénératrice et préservation de la biodiversité, ce projet entend casser les codes du développement immobilier mauricien. Après le succès de Farm Living, l’aventure se poursuit avec le lancement imminent de Farmhouse Collective, sa nouvelle phase de terrains agrorésidentiels. Zoom sur ce modèle pionnier avec Luke Maurel, Head of Business Unit de FERNEY. Eugénie Sauzier-de Rosnay

Vous décrivez FERNEY comme un « Tropical Agrihood ». Comment résumeriez-vous sa vision globale ?

À FERNEY, l’héritage agricole façonne le paysage depuis des siècles et continue d’inspirer son évolution. Notre ambition est de créer un territoire où agriculture raisonnée, cadre de vie proche de la nature et développement durable s’intègrent de manière cohérente et pérenne. Le concept d’Agrihood associe agriculture et quartier. À FERNEY, il se traduit par un développement structuré, fondé sur la transformation d’anciennes terres sous canne, avec des activités agricoles durables et une empreinte bâtie volontairement limitée. Le projet porte une vision plus large : celle d’un mode de vie où le bien-être, dans toutes ses dimensions, est central.

Parlez-nous de ce projet.

Le domaine s’étend sur plus de 3 000 hectares, dont seulement 474 sont intégrés au plan de développement. Situé entre montagnes et lagon, à quelques minutes de l’essentiel, FERNEY offre un équilibre rare : profondément ancré dans la nature, sans jamais être coupé du monde. Cette ambition a pris forme avec Farm Living, 76 lots agro-résidentiels aujourd’hui intégralement vendus. Dans une prochaine phase, le Farmhouse Collective intégrera vergers et potagers collectifs, permettant aux résidents de bénéficier de la production du site sans en assurer directement l’exploitation.

Comment ce modèle crée-t-il une nouvelle forme de valeur sur le long terme ?

Les projets intégrés à la nature traduisent une évolution profonde dans la manière de concevoir la valeur. Il ne s’agit plus d’un modèle fondé sur l’exploitation du territoire, mais d’une approche fondée sur sa gestion dans le temps, où la valeur se construit progressivement. Sur le plan environnemental, cela se traduit ici par une zone de conservation de 200 hectares, la reforestation de 45 hectares et un objectif de 95 % d’énergies renouvelables. Notre objectif est clair : dans 20 ans, le territoire devra être en meilleur état qu’aujourd’hui.

Cela inclut aussi une plus grande cohésion sociale, des modes de vie plus sains et un sentiment d’appartenance plus fort. Cette dynamique s’accompagne d’une volonté claire de créer de l’emploi dans la région et de favoriser une économie circulaire. Des initiatives comme Indika, qui cultive, transforme et commercialise sur place des produits de bien-être à base de plantes médicinales, illustrent concrètement ce modèle intégré. Enfin, sur le plan économique, le modèle est résilient car il mêle immobilier résidentiel, écotourisme, agriculture et expériences en pleine nature.

À quoi pourrait ressembler FERNEY dans 10 à 20 ans ?

FERNEY a vocation à devenir une référence en matière de développement harmonieux et durable. Autour de la réhabilitation de l’ancienne usine sucrière, un village complet prendra forme : offres résidentielles diversifiées, marchés agricoles, commerces de proximité, espaces de bien-être, activités de plein air, espaces d’expression artistique et accès au lagon. Le tout sur une empreinte bâtie limitée à 6 % du domaine. FERNEY sera un Tropical Agrihood pleinement établi, où le lien à la terre fait partie intégrante du quotidien.

Le guide de la maison off-grid…

Alors que notre île est de plus en plus ravagée par le bétonnage sauvage, la construction d’une maison écolo en pleine autarcie relève-t-elle du rêve ou de la réalité ? Elsa Granveau, directrice de l’agence immobilière Escape Clemencia et grande passionnée de nature, nous livre les clefs d’un aménagement autonome réussi. Eugénie Sauzier-de Rosnay

Si Elsa privilégie les terrains agricoles pour être au plus près de ce style de vie, construire une maison autonome sur un terrain résidentiel n’est pas totalement exclu, à condition de rester proche de la nature. La première étape pour les propriétaires fonciers : l’obtention d’un Building and Land Use Permit (BLUP). « Tout aménagement de terrain nécessite un permis. Le BLUP donne l’autorisation de construire un “watchman quarter” », dit-elle.  Contrairement aux idées reçues, ce permis admet les infrastructures permanentes, pourvu qu’elles prennent en compte certains critères – notamment lorsque le terrain est situé en zone inondable – et qu’elles ne soient raccordées ni à l’eau, ni à l’électricité.

« L’idée est, de toute façon, de diminuer au maximum notre empreinte, en évitant de puiser dans les ressources tarissables », souligne Elsa. Cela tombe bien car nous sommes particulièrement fortunés à Maurice, avec notre inépuisable ensoleillement et notre abondante pluviométrie ! Selon elle, un kit de panneaux solaires de 10 kW alimente aisément une petite maison en off-grid, tandis que l’approvisionnement en eau peut se faire via la récupération des eaux de pluie ou le forage, moyennant, évidemment, un permis d’exploitation.

L’idéal : un bâtiment de petite superficie aux fondations en béton, construit de préférence avec des matériaux tels que le bois, l’aluminium ou la tôle, et qui se fond dans l’environnement sans le dénaturer. « On évite au maximum de couper les arbres, qui rendent possible l’évapotranspiration », dit-elle. En effet, ceux-ci agissent, en été, comme des « îlots de fraîcheur ». Et pour plus d’autonomie : on se lance dans le jardinage, verger compris ! Car c’est indéniable : l’indépendance est d’or, surtout dans un contexte mondial aussi chamboulé…

Mauritius: a construction site for the future

From off-grid homes to Smart Cities, via innovative materials and agro-residential projects, Mauritius’s construction sector is undergoing a profound transformation. Faced with climate challenges and the urgent need to rethink the way we live, new initiatives are emerging across the island. An overview of an island that is finding— and building!—new ways forward.

Mauritius, a laboratory for the architecture of tomorrow

Drawing on the expertise of 70 teachers, architects, researchers, artists, engineers, geographers and historians, ensa Nantes [Mauritius] has been training students in architecture and urban planning since 2016. In March 2026, the school hosted its International Research Conference, bringing together some forty international experts to explore urban transformation in Mauritius. We spoke with its scientific committee.

What are the key architectural and urban planning challenges the island faces today?

Ensa Nantes [Mauritius] examines transformation at every scale of the built environment: island and coastal conditions, socio-climatic vulnerabilities, the relationship between architecture and globalised urban development, and its role in responding to climate change, biodiversity loss, land artificialisation and the energy transition—not to mention spatial inequalities and evolving professional practices.

Smart Cities and traditional housing: is dialogue possible?

The main criticism levelled at Smart Cities is their disconnection from what already exists—the social fabric, the local landscape… Alongside these globalised spaces, more ordinary forms of urban life persist, born of residents’ initiatives that often go unnoticed, reflecting ways of living attuned to local conditions. How do we avoid social segregation and territorial fragmentation? Is it still reasonable to continue converting agricultural land? The school encourages a long-term approach firmly grounded in the real needs of communities.

What is your assessment of your first International Research Conference?

The event brought together academics and practitioners from around the world to exchange ideas on methods and themes that could help shift the way contemporary territories are shaped. Conferences, round tables, urban walks and documentary screenings allowed participants to share experiences and map out avenues for action research—work that is set to continue.

How should architecture adapt to climate change?

Our students are working on flood-prone neighbourhoods in Port Louis, vulnerable coastal villages, and the island of Rodrigues. Several approaches are emerging: local materials such as bamboo, freeing up the ground, slowing rainwater flow, rewilding, and designing refuge architectures—a grounded, critical approach that extends well beyond the footprint of any single building.

Building differently!

It’s often said that Mauritian architecture remains far too traditional. It is true that construction and design techniques haven’t evolved much over the years. And yet, like small drops in the ocean of change, certain products are working to revolutionise established practices…

UBP: lightweight and intelligent blocks

Constantly pushing innovation further, UBP launched its first Smart Blocks in 2015. The advantages are numerous: less formwork timber for certain ranges, mortar savings for installation, reduced use of reinforcement bars… ‘Smart blocks cut construction costs, save considerable time and require less effort on building sites,’ explain Gauthier Ledesma, Research and Development Manager, and Ikhlaas Baichoo, Sales Engineer at UBP. U Block, Corner Block, EcoBlock, Block 20.15, ‘Blocs à bancher’… each block has its own specific features!

Saint-Gobain: the construction of tomorrow?

For Thierry Renaut, Business Development Manager at Saint-Gobain, rethinking our construction methods has become urgent. ‘At a time when energy has become a sensitive issue, amplified by an uncertain geopolitical context, traditional methods, which are highly energy-intensive, are increasingly being called into question,’ he says. The company’s lightweight partitions are gaining ground, with post-Covid democratisation forcing the sector out of its comfort zone. These are perfectly suited to the local context: superior thermal and acoustic insulation, flexibility, infinite reconfiguration, durability, rapid installation, reduced labour requirements, cleaner and more economical building sites… Today, the hybrid approach (concrete and lightweight partitions) represents ‘one of the most effective ways to build in Mauritius’.

Entrepôt de la Pierre: innovative tiling

Who said that tiling was just about surface decoration? Certainly not Entrepôt de la Pierre! With its new Emotions showroom, the company is deconstructing conventions in the premium tiling sector. On offer: customisable ceramic surfaces, invisible wireless charging technology, cooking hobs concealed beneath tiles, antibacterial, antiviral and self-cleaning slabs that eliminate 94% of SARS-CoV-2 in 4 hours. The company also offers the world’s first 4D ceramic, produced from green hydrogen, combining aesthetics with environmental sustainability… Tiling has never been so futuristic!

A sustainable future

Modernity also takes shape in the Smart Cities springing up across the island—fertile ground for urban innovation and true economic and social microcosms. Guided by careful, phased planning, these cities reflect a contemporary question: how do we build in harmony with the environment, whilst remaining mindful of our footprint? A closer look at two of these intelligent cities.

Beau Plan: putting innovation at the core of development

For Emeric Vigier de Latour, Senior Manager – Communication & Marketing at Novaterra, a Smart City only makes sense if it places people at its heart. ‘Our vision is rooted in our signature, “Growing Lives”, and consists of developing projects that meet present needs whilst preserving the resources and quality of life of future generations,’ he explains. A holistic approach built around three pillars: people, planet, and profit.

Every project is designed with Mauritius’ climate and environmental challenges in mind. Greencoast International School was built on bioclimatic principles favouring natural ventilation and reduced energy consumption, whilst The Strand, an EDGE-certified office building, demonstrates measurable performance across energy reduction, water optimisation, and embodied carbon in materials.

Responsible resource management also holds an important place in Beau Plan’s vision, as illustrated by the La Louisa photovoltaic farm, whose output is the equivalent of the annual energy consumption of the Mahogany Shopping Promenade. Sorting zones, wastewater recycling, sustainable stormwater management, soft mobility, and lower-carbon construction techniques all feature in the mix. ‘Smart Cities play the role of urban laboratories. They allow innovative solutions to be tested, which can then inspire other projects at a national level,’ says Emeric.

Medine: the West looking ahead

In the West, sustainable smart city living is also becoming a reality. For Joël Bruneau, Managing Director of Medine Property, it represents a new way of thinking about urbanisation—a long-term endeavour focused on biodiversity, energy efficiency, responsible resource management, and social inclusion. Since 2005, the Smart City has been planned in phases around a sustainability-focused masterplan.

Buildings follow bioclimatic principles, several are EDGE-certified, and a strict sustainability framework applies across all projects. Traditional concrete channels have been replaced by open swales to encourage natural rainwater infiltration. With plans to preserve 30% green spaces, plant over 10,000 endemic trees, and create the 15-hectare Magenta Park, and with 26 km of cycling paths, Medine’s ambition is clear: to build a lasting legacy.

Home Loans: Preparation is the Key to Success

The Mauritian property market faces a particularly challenging landscape in 2026—soaring construction costs, rising material prices and an increasingly expensive housing market. In a society where household debt levels are already notably high, how does one move forward with confidence? Rozina Abia, Head of Relationship Management, Retail and SME Banking at ABSA Mauritius, shares her advice.

How has demand for home loans evolved in Mauritius over recent months?

Projects are still very much on the table, but they are being approached with greater reflection, more questions, and a stronger need for guidance. First-time buyers in particular are seeking greater clarity to truly understand what they can afford, beyond the excitement of purchasing a property. We are also continuing to see interest in investment-driven projects, though here too, clients are paying closer attention to their overall financial balance.

How do you assess your clients’ borrowing capacity?

Beyond the standard financial criteria (income, debt levels, employment stability), we seek to understand the client’s reality: their lifestyle, commitments and priorities. We then work with them to build a solution that suits their situation and remains viable over time. The goal is not simply to grant a loan, but to ensure the client can live their project with peace of mind.

In the current climate, is it better to buy or to build?

It all depends on the client’s life plan. Buying offers greater visibility and simplicity; building allows for a fully tailored home, but requires more involvement and careful budget management. In either case, our approach remains the same: understand the client’s constraints and priorities, and guide them towards a decision that makes sense for their situation. We always encourage a balanced approach, where the project remains a source of satisfaction rather than stress.

What advice would you give to those looking to secure the best loan conditions?

The starting point is preparation. The most common mistakes stem from underestimating the overall cost or making decisions too hastily. A property purchase is a life project—it deserves time, careful thought and quality support. At Absa Mauritius, ‘Your story matters’: every project is unique, and we offer solutions tailored to each client’s reality and ambitions.

FERNEY Tropical Agrihood
Where the land reimagines the art of living

Located in the south-east of the island, FERNEY Tropical Agrihood is a truly one-of-a-kind model. Blending sustainable living, regenerative agriculture and biodiversity preservation, this pioneering project sets out to redefine property development in Mauritius. Following the success of Farm Living, the adventure continues with the imminent launch of Farmhouse Collective, its new agro-residential phase. We sat down with Luke Maurel, Head of Business Unit at FERNEY, to find out more.

You describe FERNEY as a ‘Tropical Agrihood.’ How would you summarise its overall vision?

At FERNEY, our agricultural heritage has shaped the landscape for centuries and continues to inspire our evolution. Our ambition is to create a territory where sustainable farming, a lifestyle close to nature and long-term development come together in a coherent and lasting way. The Agrihood concept brings together agriculture and community living. At FERNEY, this translates into a structured development built on the transformation of former sugarcane land, with sustainable farming practices and a deliberately limited built footprint. The project carries a broader vision—one of a way of life where wellbeing, in all its dimensions, is at the heart of everything.

Tell us more about the project.

The estate spans over 3,000 hectares, of which only 474 are included in the development plan. Nestled between mountains and lagoon, just minutes from everyday essentials, FERNEY strikes a rare balance—deeply rooted in nature, yet never cut off from the world. This vision first took shape with Farm Living, 76 agro-residential plots that have since sold out entirely. The next phase, Farmhouse Collective, will incorporate collective orchards and kitchen gardens, allowing residents to enjoy the site’s produce without having to manage it themselves.

How does this model create a new form of value over the long term?

Nature-integrated projects reflect a profound shift in how value is conceived. Rather than exploiting the land, the focus is on managing it thoughtfully over time, allowing value to build gradually. On the environmental front, this translates into a 200-hectare conservation zone, the reforestation of 45 hectares and a target of 95% renewable energy. Our goal is clear: in 20 years, the territory must be in better shape than it is today.

This also means greater social cohesion, healthier lifestyles and a stronger sense of belonging. There is a clear commitment to local job creation and circular economy principles. Initiatives such as Indika—which grows, processes and sells wellness products made from medicinal plants—are a tangible illustration of this integrated model. Economically, the model is resilient precisely because it draws on a diverse range of activities: residential property, ecotourism, agriculture and nature-based experiences.

What could FERNEY look like in 10 to 20 years?

FERNEY is set to become a benchmark for harmonious, sustainable development. Centred around the restoration of the former sugar mill, a fully realised village will take shape—diverse residential offerings, farm markets, local shops, wellness spaces, outdoor activities, artistic venues and lagoon access. All of this on a built footprint limited to just 6% of the estate. FERNEY will be a fully established Tropical Agrihood, where a connection to the land is simply part of everyday life.

The off-grid home guide…

As our island faces increasing threats from uncontrolled development, is building a fully self-sufficient eco-home a pipe dream or an achievable reality? Elsa Granveau, director of estate agency Escape Clemencia and passionate nature lover, shares the keys to a successful autonomous living setup.

Whilst Elsa favours agricultural land as the most natural fit for this lifestyle, building a self-sufficient home on a residential plot is not entirely out of the question, provided it remains close to nature. The first step for landowners is obtaining a Building and Land Use Permit (BLUP). ‘Any land development requires a permit. The BLUP grants authorisation to build a watchman quarter,’ she explains. Contrary to popular belief, this permit does allow for permanent structures, as long as they meet certain criteria—particularly when the land is located in a flood-prone area—and are not connected to mains water or electricity.

‘The idea is, in any case, to minimise our footprint as much as possible by avoiding drawing on finite resources,’ Elsa points out. Fortunately, we are rather spoilt in Mauritius, blessed with seemingly endless sunshine and abundant rainfall! According to her, a 10-kW solar panel kit can comfortably power a small off-grid home, whilst water supply can be managed through rainwater harvesting or borehole drilling—with the relevant extraction permit, of course.

The ideal setup: a compact building on concrete foundations, constructed preferably using materials such as timber, aluminium or corrugated iron, blending seamlessly into its surroundings without disrupting them. ‘We try as much as possible to avoid cutting down trees, which enable evapotranspiration,’ she says. Indeed, in summer, they act as natural cool havens. And for even greater autonomy: get stuck into gardening—orchard included! For there is no denying it: independence is priceless, especially in today’s ever-turbulent world…

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