Le cancer colorectal, un fléau souvent silencieux

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Sportif, marathonien, végétarien et adepte d’un mode de vie sain… Rien ne laissait présager que Balram Dyal serait un jour confronté à un cancer colorectal. Pourtant, en 2019, un simple test de dépistage réalisé à l’âge de 53 ans a révélé la présence de sang dans ses selles. Quelques examens plus tard, le diagnostic tombe : un cancer colorectal de stade 3C.

« Avec une telle hygiène de vie, on est loin d’imaginer que cela puisse nous arriver », confie-t-il. Comme beaucoup, il associait cette maladie à un mode de vie peu équilibré. Son parcours lui a appris une tout autre réalité : le cancer colorectal peut toucher même les personnes les plus attentives à leur santé.

Son témoignage rappelle l’importance du dépistage, d’autant que cette maladie évolue souvent en silence. Dans son cas, aucun symptôme alarmant n’avait attiré son attention. Or, selon les spécialistes, le cancer colorectal peut rester asymptomatique pendant plusieurs années. C’est pourquoi un dépistage régulier est recommandé à partir de 50 ans, même en l’absence de signes.

Lorsqu’ils apparaissent, certains symptômes ne doivent toutefois jamais être banalisés : la présence de sang dans les selles, des changements persistants du transit intestinal (constipation, diarrhée ou selles plus fines), des douleurs abdominales récurrentes, une sensation de vidange incomplète, une fatigue inhabituelle ou encore une perte de poids inexpliquée. Si ces manifestations peuvent avoir d’autres causes, elles justifient toujours une consultation médicale.

À Maurice, le cancer colorectal figure parmi les cancers les plus fréquents chez les hommes comme chez les femmes, avec une augmentation progressive du nombre de cas au cours des vingt dernières années. Si certains facteurs, comme l’âge, les antécédents familiaux ou certaines prédispositions génétiques, constituent des facteurs de risque non modifiables, une alimentation riche en fibres, une activité physique régulière, ainsi que la limitation du tabac et de l’alcool contribuent à réduire le risque.

Aujourd’hui, après les traitements et l’épreuve traversée, Balram a fait de la sensibilisation son nouveau combat, surtout qu’à Maurice de nombreux tabous subsistent encore autour de cette maladie. « Le cancer colorectal ne prévient pas toujours. Mais détecté suffisamment tôt, il se guérit dans la grande majorité des cas. Si vous remarquez un symptôme inhabituel, n’attendez pas : consultez. Le dépistage sauve des vies », dit-il.

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