Le vivant en équilibre

0
10

Sous la surface des lagons, au cœur des mangroves ou dans le ciel où plane la crécerelle, le vivant livre un combat silencieux. Réchauffement climatique, destruction des habitats et activités humaines fragilisent des écosystèmes d’une richesse exceptionnelle. Trois reportages qui racontent l’urgence de protéger un patrimoine aussi précieux qu’irremplaçable.

Screenshot

Le chant de la mangrove

Sur la côte est de l’île, à quelques brasses du One&Only Le Saint-Géran, s’esquisse une vaste forêt de palétuviers, l’une des dernières enclaves de ce type sur une île qui comptait auparavant quelque 2 000 hectares de mangrove. Véritable écosystème vivant, les arbres, précieux, y sont choyés, notamment grâce aux efforts nés du partenariat entre l’hôtel et Reef Gardeners, une entreprise spécialisée dans la restauration des forêts de mangliers. Eugénie Sauzier-de Rosnay

Si Belle Mare reste connu pour ses hôtels haut de gamme, le village recèle encore quelques trésors qui se dérobent aux yeux de ceux qui ne connaissent pas la localité comme leur poche. Non loin du One&Only Le Saint Géran, un sanctuaire préservé du temps émerge à fleur d’eau. La mangrove y dessine des méandres feuillus et, dans ces couloirs discrets, certains arbustes s’avancent et plongent leurs racines tentaculaires dans l’eau trouble, ponts privilégiés entre la mer et la terre. Dans ce cadre intemporel, on pourrait croire que le monde a continué sa route sans l’homme, et bien lui en ferait !

« Le manglier est une plante magique », confie Kenny Ramdhony, fondateur des entreprises sœurs Indigo Divers et Reef Gardeners. Il poursuit : « elle constitue un écosystème unique qui attire les pollinisateurs, qui abrite les oiseaux, migrateurs ou endémiques, et qui sert de nurserie et de garde-manger pour de nombreuses populations de poissons et invertébrés ». Pour cet enfant de la mer et plongeur invétéré, le spectacle sous-marin est devenu affligeant. Alors que les champs de canne tapissent nos terres, que bâtiments, villas et golfs poussent comme des champignons, les effluents et engrais rejetés dans la rivière sont les fossoyeurs silencieux de la vie autrefois riche qui s’épanouissait dans les environs.

Avec cela, la perturbation de tout un écosystème : « les engrais entraînent par exemple la croissance démesurée de certaines algues, qui étouffent herbiers et autres espèces d’algues ». Une des nombreuses conséquences délétères de l’activité humaine, mais pour laquelle il existe, selon Kenny, une solution : la restauration de la mangrove. « Elle représente une véritable barrière et permet de filtrer, avec ses racines, les engrais et la pollution », dit-il. Pépinière de vie et espoir pour redonner vie à nos lagons, elle est une alliée sans pareille pour lutter contre l’érosion en stabilisant les sédiments grâce à ses systèmes racinaires uniques et absorbe aussi une quantité de dioxyde de carbone plus importantes que les autres arbres.

Restaurer la mangrove relève donc, pour Kenny, plus d’une urgence qu’une simple évidence. C’est d’ailleurs pour cela qu’il a créé, en 2024, Reef Gardeners. Associé à One&Only Le Saint-Géran, il ramasse des propagules matures – le fruit du palétuvier – et les place dans des bacs d’eau. Dès que les racines commencent à pousser, les plantes en devenir sont transférées dans une nurserie où elles resteront trois mois, avant de gagner la grande plage. « Depuis que nous avons commencé, nous avons planté plus d’une centaine de mangliers sur deux sites distincts », souligne Guillaume Lepoigneur, un collègue de Kenny. L’œil averti voit déjà se profiler la forêt de demain, qui fera écho à celle, plus ancienne, qui domine le fond de la baie dans un silence enveloppant, marqué çà et là par la mélodie des oiseaux, le lourd plongeon d’un poisson aventureux ou le doux clapotis de l’eau. En bref, le chant de la vie.

Mauritius Kestrel – © Jacques de Spéville

Des nouvelles de là-haut…

Dans des temps immémoriaux, la crécerelle fendait les airs de l’île entière… Destruction de son habitat, introduction d’espèces exotiques envahissantes, utilisation massive d’insecticides de synthèse (notamment le DDT)… Victime des activités humaines, la population décline vite et frise l’extinction, sauvée in extremis par un travail sans relâche. Après la success story, l’envers de la carte postale raconte l’histoire d’un équilibre encore extrêmement fragile. Eugénie Sauzier-de Rosnay

Autrefois répandue à travers l’île, la crécerelle, mise à mal par l’Homme, se réfugie, en 1950, dans son dernier bastion : les Gorges de la Rivière Noire. En 1974, du falconidé qui planait gracieusement dans le ciel, il ne reste que quatre individus connus à l’état sauvage, dont un couple reproducteur. Devenu l’oiseau le plus rare au monde, le pronostic est clair : l’extinction est inévitable. Et pourtant, grâce aux efforts acharnés de conservateurs, l’avenir s’éclaircit. Grâce à un programme de restauration ciblée, reposant sur la gestion de la population sauvage résiduelle, l’élevage en captivité et des opérations de translocation, les effectifs remontent, dans les années 90, à quelque 400 individus.

En plus d’un renforcement de la population dans le secteur nord des Gorges de la Rivière Noire, elle est réintroduite dans les Montagnes Bambou, dans la chaîne de Moka et dans la région de Bel Ombre ; elle est alors reclassée dans la catégorie « Vulnérable » sur la Liste rouge des espèces menacées de l’UICN. À mesure que l’espèce se rétablit, le programme s’allège et le suivi est réduit dans certaines régions de l’île. Au tournant des années 2000, un constat vient cependant assombrir cette belle histoire : les effectifs ont recommencé à décliner, notamment dans les Gorges. Celle de Moka n’a, quant à elle, pas tenu. Le rapace mauricien est de nouveau considéré comme « en danger » sur la Liste rouge.

Plusieurs facteurs sont mis en cause. « Quand on arrive à une population aussi raréfiée, on perd beaucoup de diversité et cette pauvreté génétique se répercute sur divers aspects de la vie des crécerelles », dit Sion Henshaw, Fauna Manager de la Mauritian Wildlife Foundation. Consanguinité, déficit immunitaire, comportement parental inadapté, sensibilité aux variations climatiques et aux perturbations de leur habitat, mort des embryons avant terme… « Les martins, les singes et les rats représentent également des menaces persistantes à la multiplication des crécerelles », poursuit-il.

Les techniques pour contrer cette situation sont multiples : nichoirs artificiels conçus pour empêcher les macaques à longue queue de voler des œufs, caméras pour assurer le suivi, élevage d’oisillons en captivité avant de les relâcher dans les Gorges… « Nous allons également mettre en place des pièges à rats et envisageons de sélectionner les géniteurs selon leur profil génétique et de favoriser un croisement exogame », confie Sion. Avec une population descendue à environ 231 individus, le défi à relever reste considérable…

Parmi les menaces potentielles à venir, l’arrivée de l’autoroute M4 dans la région des Montagnes Bambou, l’un des derniers sanctuaires de faune et de flore endémiques, suscite une vive inquiétude. S’appuyant sur une étude de faisabilité réalisée en 2012 et une étude d’impact environnemental datant de 2017 – incomplète compte tenu d’un tracé non finalisé –, cette nouvelle infrastructure entend désengorger les routes de l’île alors même que de nombreuses études internationales mettent en évidence le phénomène de trafic induit. L’impact d’une telle autoroute est quant à lui bien documenté : fragmentation et dégradation des habitats, pollution (chimique, sonore et lumineuse), génération de stress chronique, introduction d’espèces envahissantes… La crécerelle survivra-t-elle longtemps à la frénésie urbanisatrice de l’Homme ?

À l’épreuve de la chaleur

Selon un rapport de l’Albion Fisheries Research Centre (AFCR), nous n’aurions plus que 20 % de coraux en bonne santé – et probablement moins ! La principale cause de cette catastrophe sans précédent : le réchauffement climatique. En 2025, alors que les récifs coralliens accusaient le coup d’un épisode de blanchissement particulièrement sévère, touchant environ 80 % des récifs de la planète, de nouveaux phénomènes menacent à l’horizon… Eugénie Sauzier-de Rosnay

« Nous observons de plus en plus d’épisodes de blanchissement des coraux et ils deviennent de plus en plus intenses », partagent Mélanie Ricot et Sruti Jeetun, toutes deux Research Project Managers à Reef Conservation. En 2025, une grande partie des coraux autour de l’île sont touchés. Sachant que le temps de régénération des coraux se compte sur deux mains – voire trois ! –, l’avenir reste incertain. « Alors que nos coraux recommencent déjà à prospérer, nous nous attendons à un nouvel épisode d’El Niño qui s’annonce dévastateur », dit Mélanie.

Dépendant des espèces, certains sont plus tolérants à la hausse des températures. « Cela est essentiellement dû à des microalgues, les zooxanthelles, qui vivent en symbiose dans les tissus de certains coraux et qui, grâce à la photosynthèse, nourrissent ces derniers », dit Sruti. Pendant les épisodes de chaleur intense, une boucle vicieuse s’installe : les zooxanthelles, perturbées, libèrent des radicaux libres qui abîment les cellules des coraux qui, en retour, les expulse. Or, les coraux ne peuvent survivre longtemps sans ces microorganismes qui ne reviennent, quant à eux, qu’une fois les conditions normales rétablies. « Il y aussi, heureusement, certaines espèces de zooxanthelles qui sont moins sensibles à la chaleur », ajoute-t-elle.

Au-delà des températures élevées, d’autres facteurs de dégradation aggravent également la situation : la sédimentation, notamment après les gros cyclones, la pollution… et l’activité humaine ! « Nous avions réalisé, lorsque nous étions étudiantes, des études après le confinement de 2020 et les coraux étaient en excellente santé. Quatre ans plus tard, en 2024, si certaines zones restaient préservées, d’autres s’étaient déjà détériorées », souligne Mélanie. Avec tous ces facteurs, c’est un véritable cimetière qui s’étend autour de nos côtes.

Heureusement, certaines associations travaillent d’arrache-pied pour contrer cette situation critique. En 2022, Reef Conservation a rejoint l’UNDP Coral Restoration Project. L’objectif : générer quelque 50 000 fragments de coraux vivants et restaurer 1,6 hectare du parc marin de Blue Bay. Fragmentation des coraux, mise sur cordes, entretien des pépinières et transplantation : ce projet d’envergure a aussi une portée sociale, impliquant 25 bénéficiaires sensibilisés et formés à la restauration corallienne. Quatre ans plus tard, le quota à produire a été dépassé et près de 0,7 hectare rétabli. « Notre but est aussi de reproduire les espèces de coraux les plus résistantes à la chaleur », confie Mélanie, qui s’occupe de ce projet.

Parallèlement, une autre initiative, sur laquelle travaille Sruti, devrait bientôt voir le jour : la protection et la conservation de coraux rares disséminés à travers l’île, en partenariat avec Beachcomber Resorts & Hotels et financée par la Commission européenne. À la différence de la fragmentation, cette propagation se fait de manière sexuée. « Nous récupérerons les gamètes de ces coraux, les fertiliserons et puis élèverons les jeunes coraux avant de les transplanter », explique Sruti, impliquée dans ce projet. Coopératif, ce dernier mobilise communautés environnantes, pêcheurs et conducteurs de bateaux pour faire un état des lieux et identifier un espace où créer des Zones Volontaires de Conservation Marine (VMCA) pour repeupler le lagon avec ces espèces rares.

Living in Balance

Beneath the lagoon’s surface, deep within the mangroves and high in the skies where the Mauritius kestrel soars, nature is fighting a silent battle. Climate change, habitat loss and human activities are placing extraordinary ecosystems under increasing pressure. Three feature stories that highlight the urgent need to protect a natural heritage that is as precious as it is irreplaceable.

Screenshot

The Song of the Mangrove

A few strokes from One&Only Le Saint-Géran, on the island’s east coast, a sprawling mangrove forest takes shape—one of the last of its kind on an island that once boasted some 2,000 hectares of mangrove cover. A thriving ecosystem in its own right, these precious trees are carefully tended, thanks in no small part to a partnership between the hotel and Reef Gardeners, a company dedicated to restoring mangrove forests.

Belle Mare may be best known for its luxury hotels, but the village still holds a few secrets that elude anyone who does not know it like the back of their hand. Not far from One&Only Le Saint-Géran, a sanctuary untouched by time rises straight out of the water. Here, the mangrove winds through leafy channels, its shrubs reaching out and plunging their tangled roots into the murky water—privileged bridges between sea and land. The world seems to hold its breath in this timeless setting: you could almost believe it has carried on without us, and rather well too!

‘The mangrove tree is a magical plant,’ says Kenny Ramdhony, founder of sister companies Indigo Divers and Reef Gardeners. ‘It forms a unique ecosystem that draws in pollinators, shelters birds—both migratory and native—and serves as a nursery and pantry for countless fish and invertebrate populations.’ For this lifelong diver and self-confessed child of the sea, what lies beneath the surface has become a source of real dismay. As sugar cane fields blanket the land and buildings, villas and golf courses spring up like mushrooms, the fertilisers and effluents flowing into the river are quietly burying the once-thriving marine life nearby.

And with that comes the disruption of an entire ecosystem: ‘Fertilisers, for instance, trigger runaway algae growth, which smothers seagrass beds and other algae species.’ It is one of many damaging knock-on effects of human activity—but one with a solution, Kenny believes: restoring the mangrove. ‘It acts as a genuine barrier, filtering out fertilisers and pollution through its roots,’ he explains. A nursery of life and a source of hope for reviving our lagoons, the mangrove is also an unrivalled ally against erosion, its unique root systems anchoring sediment in place, while absorbing far more carbon dioxide than most other trees.

For Kenny, restoring the mangrove is not just the obvious thing to do—it is urgent. That is precisely why he founded Reef Gardeners in 2024. Working alongside One&Only Le Saint-Géran, he collects mature propagules—the mangrove’s seed pods—and places them in water-filled trays. Once roots begin to form, the young plants are moved to a nursery, where they will spend three months before heading out to the great beyond. ‘Since we started, we have planted over a hundred mangrove trees across two separate sites,’ notes Guillaume Lepoigneur, a colleague of Kenny’s. A trained eye can already glimpse tomorrow’s forest taking shape, one that will echo the older growth further along the bay—wrapped in a hush broken only by birdsong, the occasional splash of an adventurous fish, or the gentle lapping of water. In short: the song of life.

News from Above…

Long ago, the Mauritius Kestrel soared across the skies of the entire island. Habitat destruction, the introduction of invasive alien species and the widespread use of synthetic insecticide (particularly DDT) gradually drove the species to the brink of extinction. Saved at the very last moment through decades of tireless conservation work, its story has often been celebrated as one of the greatest successes in wildlife conservation. Yet beyond this remarkable comeback lies a far more fragile reality.

Once widespread across Mauritius, the Mauritius Kestrel was gradually forced into its final refuge, the Black River Gorges, by the impact of human activities. By 1974, only four known birds remained in the wild, including just one breeding pair. Having become the rarest bird on Earth, the outlook seemed unequivocal: extinction appeared inevitable. Yet thanks to the relentless efforts of conservationists, the species was given a second chance. A targeted recovery programme, combining the management of the remnant wild population, captive breeding and translocations, helped numbers recover to around 400 individuals during the 1990s.

Alongside the reinforcement of the northern Black River Gorges population, the species was gradually reintroduced into the Bambou Mountains, the Moka Range and the Bel Ombre region. It was subsequently reclassified as Vulnerable on the IUCN Red List of Threatened Species. As the species recovered, the programme was gradually scaled back and monitoring reduced in parts of the island. However, by the turn of the 2000s, the success story had begun to unravel: numbers started to decline once again, particularly in the Black River Gorges, while the reintroduced population in Moka failed to establish itself. The Mauritius Kestrel is now once again listed as Endangered on the IUCN Red List.

Several factors are believed to be responsible. ‘When a population becomes so small, it loses much of its genetic diversity, and that reduced genetic variation affects many aspects of the kestrels’ biology,’ explains Sion Henshaw, Fauna Manager at the Mauritian Wildlife Foundation. Inbreeding, weakened immune systems, poor parental behaviour, increased sensitivity to climatic fluctuations and habitat disturbance, as well as embryo mortality, all contribute to the species’ vulnerability. ‘Mynas, monkeys and rats also remain persistent threats to kestrel breeding success,’ he adds.

A wide range of conservation measures is being implemented to reverse the decline, including artificial nest boxes designed to prevent long-tailed macaques from stealing eggs, cameras to monitor breeding activity, and the captive rearing of chicks before their release into the Black River Gorges. ‘We also plan to introduce rat-trapping systems and are considering selecting breeding birds according to their genetic profiles, as well as encouraging outcrossing,’ says Sion. With only around 231 individuals remaining, the challenge remains considerable.

Among the potential threats on the horizon is the proposed M4 motorway near the Bambou Mountains, one of Mauritius’ last strongholds for endemic fauna and flora. Based on a feasibility study carried out in 2012 and an Environmental Impact Assessment completed in 2017–itself incomplete because the final route had not yet been determined–the project aims to ease congestion on the island’s roads, despite numerous international studies highlighting the phenomenon of induced traffic. The ecological impacts of such infrastructure are well documented: habitat fragmentation and degradation, chemical, noise and light pollution, chronic stress, and the spread of invasive species. Will the Mauritius Kestrel be able to withstand humanity’s relentless drive to urbanise?

Under Pressure

According to a report by the Albion Fisheries Research Centre (AFRC), only around 20% of Mauritius’ corals remain healthy—and the real figure may well be even lower. The main culprit behind this unprecedented crisis is climate change. In 2025, as coral reefs around the world were reeling from an exceptionally severe bleaching event affecting nearly 80% of the planet’s reefs, new challenges already lie ahead.

‘We are witnessing coral bleaching events becoming increasingly frequent and increasingly severe,’ explain Mélanie Ricot and Sruti Jeetun, both Research Project Managers at Reef Conservation. In 2025, a large proportion of the corals surrounding Mauritius were affected. Given that coral regeneration takes decades—and sometimes even longer—the outlook is far from encouraging. ‘Just as our reefs are beginning to recover, we are already anticipating another El Niño event, which is expected to be devastating,’ says Mélanie.

Some coral species are naturally more tolerant of rising temperatures than others. ‘This is largely due to microscopic algae known as zooxanthellae, which live in symbiosis within coral tissues and provide them with nutrients through photosynthesis,’ explains Sruti. During periods of intense heat, however, this fragile partnership can break down. Stressed zooxanthellae release free radicals that damage coral cells, prompting the corals to expel them. Yet corals cannot survive for long without these microorganisms, which only return once environmental conditions have improved. ‘Fortunately, some species of zooxanthellae are more heat-tolerant than others,’ she adds.

Rising sea temperatures are not the only threat. Other pressures are also accelerating reef degradation, including sedimentation—particularly after major cyclones—pollution and, of course, human activity. ‘When we carried out surveys following the 2020 lockdown, the corals were in excellent condition. Four years later, in 2024, although some areas remained well preserved, others had already deteriorated significantly,’ recalls Mélanie. Combined, these pressures have turned large stretches of our coastline into what can only be described as an underwater graveyard.

Fortunately, several organisations are working tirelessly to reverse this alarming trend. In 2022, Reef Conservation joined the UNDP Coral Restoration Project, which aims to produce around 50,000 live coral fragments and restore 1.6 hectares of the Blue Bay Marine Park. Coral fragmentation, coral rope installation, nursery maintenance and transplantation all form part of this large-scale initiative, which also has a strong social dimension by training and raising awareness among 25 beneficiaries in coral restoration techniques. Four years later, the production target has been exceeded and nearly 0.7 hectares of reef have already been restored. ‘Our goal is also to propagate the coral species that are most resilient to rising temperatures,’ says Mélanie, who works on the project.

Meanwhile, another initiative involving Sruti is set to begin soon. Developed in partnership with Beachcomber Resorts & Hotels and funded by the European Commission, the project focuses on protecting and conserving rare coral species found around the island. Unlike coral fragmentation, this restoration method relies on sexual reproduction. ‘We will collect the corals’ gametes, fertilise them, allow the larvae to develop and then transplant them onto the reef,’ explains Sruti. The project also takes a collaborative approach, bringing together local communities, fishers and boat operators to map existing populations and identify suitable sites for the creation of Voluntary Marine Conservation Areas (VMCAs), helping repopulate the lagoon with these rare coral species.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici