Constance Couronne, de la fillette esclavée à la pionnière du bush

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Le portrait de Constance Couronne a surgi dans la vie du Mauricien Nicolas Couronne en 2018, et complètement bouleversé ses premières années de retraite. Le regard long, tenace et puissant de cette petite dame frêle vêtue de noir et d’une austérité toute victorienne dépasse l’époque pour nous toucher aujourd’hui, à travers le livre Le Regard de l’Ancêtre Esclave, lancé le 2 février dernier au Musée intercontinental de l’esclavage. Dominique Bellier

Le Musée intercontinental de l’esclavage a célébré l’Abolition de l’esclavage en présentant deux exemples flamboyants d’anciens esclavés qui ont réussi à se libérer de leur condition : celui de Furcy Madeleine, qui s’est défendu devant les tribunaux français pendant 26 ans pour obtenir la reconnaissance de son statut d’homme libre, et celui de Constance Couronne. Probablement victime de manipulation et condamnée à l’exil à vie pour tentative d’empoisonnement à l’âge de 9 ans, cette dernière réussira, malgré tout, à s’imposer dans le bush australien comme une très respectable pionnière.

Il aura fallu plus de 150 ans pour que les Mauriciens découvrent son histoire à travers un livre, une table ronde et une exposition… Constance arrive à Sydney en juillet 1834, ce qui fait d’elle la plus jeune condamnée de l’histoire de la colonisation australienne. Elle est écrouée dans une prison de femmes, puis placée en septembre comme domestique, au service des enfants du 1er magistrat de police de la ville.

La vie de Constance prend alors un nouveau tournant grâce à l’amitié qui la lie à sa jeune maîtresse, Marcia. Lorsque celle-ci se marie, elle l’emmène avec elle dans le bush. Constance épouse Robert Trudgett en 1841, avec qui elle cultive de la terre. Elle enfantera onze petits dont Nicolas a rencontré plusieurs descendants. Après avoir obtenu la liberté conditionnelle puis le pardon, Constance devient une sage-femme réputée de la région de Wellington.

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