Avec Panik dan baz, Edision Barlizour signe son deuxième livre photo après L’Absence de Jean-Paul Mussoodee sur l’île Maurice confinée. Ici, on ne montre plus le vide des rues, mais le trop–plein des cités et faubourgs, l’éclosion éclatante d’une culture urbaine mauricienne qu’on n’avait pas trop voulu voir jusqu’alors… Ce beau livre bien carré raconte 33 ans de la vie des bad boys de Plaisance, fondateurs d’Otentikk Street Brothers, ex-STC. Dominique Bellier
Lorsqu’il s’est embarqué dans l’écriture de Panik dan baz, Stephan Rezannah savait qu’il ne s’agissait pas seulement de faire la bio d’un groupe de raggamuffin, mais de décrire LE phénomène OSB, qui incarne l’affirmation de la culture urbaine mauricienne. Ce groupe en a été la force centrifuge, qui unit et qui rassemble, avec sa langue, ses danses, ses codes visuels et graffitis, sa marque et son Real Ghetto Business, Live N Direk Entertainment.
Ce pavé de 200 pages réunit les textes de nombreux contributeurs, pour les uns engagés dans l’aventure, pour les autres fascinés par ce qu’elle représente toujours aujourd’hui. Les personnages clés défilent : les fondateurs, ceux qui sont passés par là et puis ceux qui ont joué un rôle déterminant, comme Georges Corette, alias Kolonel, le mentor qui les a poussés à se dépasser sur leur 3e album, Noukkila.
Le titre du livre est celui d’un succès, dont Blakkayo a lancé les mots sur le 3e mouvement de la 11e sonate de Mozart, la « Marche turque »… un défi créatif lancé par le Kolonel ! Ce ragga kreol dénonçait en 2001 des maux qui gangrènent plus que jamais la société mauricienne de nos jours. On danse toujours sur ce morceau… alors à quand une représentation de Panik Dan Baz à Plaisance, où le groupe n’a pas joué depuis 1995 ? Il serait temps que ça change… vremem !
Renseignements sur noubiye.com, au Loba Bookshop ou au 5842 8181.











