Mélissa Rivet Deweer a publié en décembre Rose délavée, ce premier roman qui a grandi avec elle, au fil des expériences de la vie, notamment suite à la perte de son propre père, Jacques Rivet, qui l’a poussée à porter un regard plus profond sur les choses et les relations familiales. Ce roman empli d’émotion raconte la naissance d’une femme en quête d’elle-même. Dominique Bellier
Pure fiction familiale, dans laquelle la narratrice est aussi le personnage principal, Rose délavée se déroule dans le milieu feutré de la grande bourgeoisie française. On comprend dès la deuxième page qu’avant d’être une couleur fade, ce titre représente Rose, la narratrice, qui manifeste une fâcheuse tendance à se dénigrer, vivant sous l’emprise toxique d’une mère blessante et sadique. À l’inverse, son défunt père l’encourageait constamment.
Rose démarre son récit sur le concept médical désuet de l’hystérie. Son hypersensibilité et son regard lucide sur les attitudes de l’entourage lui valent probablement cette réflexion introductive. Elle va se marier avec Max, qui l’appelle « bébé », et dédramatise toujours les situations. Il constate toutefois que sa future épouse s’efface et semble de moins en moins motivée par le projet de mariage.
À l’opposé de la mère, se trouve la marraine Eléonore, que Rose respecte et admire, au point d’en faire son mentor. Passionnée de psychologie, l’autrice décrit les intérieurs bourgeois, les vêtements et attitudes de ses personnages avec une délectation peu retenue et un réel talent. La complexité psychologique de la narratrice s’y reflète et évoluera vers le rose… vif.
Ce livre est un monologue intérieur, long de plusieurs années, qui voit s’affirmer une personnalité en quête de sens, en dépit de l’emprise castratrice de la mère, de l’argent qui fait trop la loi, et des secrets de famille pesants.








