À la différence d’autres parcours plus balisés, le chemin du chef Yogesh Catooa s’est construit au gré des rencontres et des hasards. Aujourd’hui devenu chef du restaurant Le Saint Géran, situé au Veranda Grand Gaube, et sous-chef de l’hôtel, son bagage continue de s’étoffer grâce à une soif d’apprendre inextinguible. Eugénie Sauzier-de Rosnay
Petit, Yogesh dévorait les émissions de cuisine locales et françaises. Voir son père plutôt que sa mère s’affairer aux fourneaux constituait également un net contraste avec l’expérience vécue par ses camarades – une différence qu’il chérit et qui l’inspire à faire de même. « Je voulais suivre les traces de mon père, mais en plus sophistiqué », confie-t-il. Cette passion, qui commence à petit feu, ne prend véritablement corps que quelques années plus tard, au détour d’un parking. Alors qu’il se baladait près du Labourdonnais Waterfront Hotel, il rencontre pour la première fois le chef Nizam Peeroo, la figure de proue des cuisines de l’établissement port-louisien.
« Je l’ai approché pour lui parler de mon intérêt et, quelques jours plus tard, je démarrais », se souvient-il. Propulsé dans le monde de la cuisine à tout juste 15 ans, entre casseroles fumantes et commandes qui fusent, Yogesh connaît la pression de plein fouet… Et il adore ! « Me plonger dans un univers aussi frénétique, voir comment le chef Peeroo commandait et gérait sa brigade : cela m’a beaucoup inspiré », ajoute-t-il. Après un an d’apprentissage, il se lance à la conquête des hôtels mauriciens. Épaulé par le chef Naden Ragasamy, à la tête de la cuisine du Veranda Grand Gaube, il sillonne les établissements du groupe avant de s’installer dans celui de son mentor.
S’il s’est construit principalement sur le terrain, Yogesh cumule les formations et reste au plus près des tendances culinaires pour affiner son art. « La cuisine est comme l’alchimie : elle se travaille, mais, surtout, elle se transmet », dit-il. Assisté d’une brigade jeune et dynamique, son plus beau cadeau demeure la satisfaction du client. Si son péché mignon reste les fruits de mer, le terroir mauricien possède, sur sa table, une place d’honneur. « La cuisine mauricienne est, selon moi, un art à part entière : elle s’inspire de différents pays, emprunte des saveurs et techniques d’ailleurs pour faire quelque chose de vraiment unique », dit-il.
