Objet utilitaire, la montre assume pourtant bien d’autres fonctions que le simple affichage de l’heure. Aussi bien qu’un vêtement griffé, elle peut témoigner du statut social de son propriétaire… et, de nombreux autres aspects de sa personnalité. Il y a encore quelques années, sur notre île, bien peu semblaient avoir conscience de ce pouvoir d’affirmation… Mais, là aussi, notre pays change ! 

Il y a une vingtaine d’années, une belle montre, à Maurice, c’était d’abord une montre dorée…! La marque, le type de mouvement enfermé dans le boîtier, les éventuelles «complications»… rien de tout cela ne semblait avoir la moindre importance. Bien sûr, les noms de quelques maisons de référence (Rolex, Cartier, Brietling…) étaient connus, mais ces marques étaient perçues comme étant l’apanage de riches visiteurs étrangers… ou, de très rares personnalités locales.

Ce n’est plus le cas, et il n’est pas rare de croiser, aujourd’hui, au hasard des rendez-vous professionnels un haut cadre, un manager ou un directeur dont le poignet est anobli par une superbe et coûteuse montre! Et cette nouvelle perception de la montre semble partagée par une part importante de la population… Evidemment, tout le monde ne peut pas s’offrir une Patek Philippe, une Panerai, une Chopard ou une Bréguet. Alors, les vitrines des bijoutiers exposent des montres «intermédiaires». Il s’agit, en premier lieu, de marques anciennes et reconnues (Oméga ou Tissot mais aussi Seiko, Citizen, Timex, Casio ou même Swatch). Au fil des décennies, elles ont développé une large gamme de mouvements et proposé des designs extrêmement variés, afin de séduire une clientèle très diversifiée.

Design et marketing

Mais d’autres marques se sont glissées sur ce segment du marché horloger. De Fossil à Festina, en passant par Lorus, Police ou Invicta (et la liste est loin d’être exhaustive), il s’agit, pour l’immense majorité des modèles proposés sous ces logos, de montres «motorisées» par des mouvements achetés à des fournisseurs extérieurs. En d’autres termes, ces marques signent un design et assurent le marketing, mais elles ne font pas d’horlogerie! Leur succès n’en est pas moins éclatant, car ce sont justement ces marques, qui permettent à beaucoup d’entre nous d’accéder à des montres qui soient à la fois belles, valorisantes et fiables.

Enfin, mais le phénomène est assez marquant pour ne pas être omis, les productions chinoises ont envahi la planète… et donc Maurice. Reprenant généralement des formes déjà existantes, vendues à bas prix, et de qualité très variable, elles contribuent, à leur façon, elles aussi, à cette tendance générale qui veut que la montre flatte son porteur.

Ainsi, et alors que nous avons tous dans la poche ou dans le sac à main, un smartphone qui affiche l’heure, la montre a surmonté cette concurrence déloyale. Elle a fait beaucoup mieux: elle est passée du rang de simple accessoire utile à celui de signe d’affirmation identitaire et sociale!

Une création liée à l’histoire de l’aviation

Au tout début du XXème siècle, le franco-brésilien Alberto Santos-Dumont fait partie des tous premiers pionniers de l’histoire de l’aviation. En 1904, il demande à l’un de ses amis, célèbre joailler parisien, de concevoir et réaliser une montre qu’il puisse facilement consulter en vol… C’est ainsi que Louis Cartier fabriqua la toute première «montre-bracelet». Indémodable, ce modèle figure toujours au catalogue de la maison Cartier!

La beauté des mouvements mécaniques originaux reste inaccessible aux plus grand nombre.

Quartz ou automatique, le mouvement fait toute la différence

L’apparition du quartz, dans les années 60, a bien failli sonner le glas des mouvements mécaniques traditionnels. Ceux-ci, souvent très comple-
xes, maintenaient l’horlogerie dans un mode de production encore semi-artisanal. A l’opposé, le quartz, en bénéficiant de la miniaturisation des batteries, permettait une industrialisation massive de la production… Et nombre d’experts prévoyaient donc, à terme, la disparition pure et simple des montres mécaniques. La résistance au quartz fut d’abord le fait des grandes marques de luxe. Fières de leur savoir-faire, elles ont multiplié les «complications», c’est-à-dire les fonctions annexes, et les animations du cadran, des «rattrapantes» aux «phases de Lune», et jusqu’au «tourbillon».

Aujourd’hui, et même si le marché global reste largement dominé par le quartz, les montres dites «automatiques» (c’est-à-dire mécaniques) ont le vent en poupe… Toutes les marques (ou presque) proposent donc des modèles de ce type. Pour la plupart, elles se sont contentées d’acheter des lots de mouvements suisses ETA standards (ou leurs copies asiatiques) ou des cargaisons d’anciens mouvements Seiko (ou leurs copies chinoises) et les insèrent dans leurs boîtiers… Si l’opération est faite sérieusement, la régularité de la montre sera bonne. Si le mouvement est un peu forcé ou contraint pour entrer, ou si la copie choisie est approximative, la montre peut afficher un décalage de plusieurs minutes par jour… ou cesser rapidement de fonctionner.

Pour les puristes, pourtant, la question quartz ou mécanique ne se pose pas! Une montre doit être mécanique et dotée d’un mécanisme original! Rien ne peut effectivement décrire la beauté d’un engrenage agencé à la main… Malheureusement, cette exigence à un prix: au moins mille euros!

Les montres Oméga ont marqué l’histoire moderne. L’une d’elles était au poignet de Neil Amstrong, le premier homme à avoir marché sur la Lune.

Entre «classe» et «has been»…

Pas facile, de porter une authentique Rolex! Même si vous êtes sincèrement séduit par son esthétique, flatté par les valeurs de la marque et charmé par le confort au poignet, inévitablement, cette montre hors-norme va attirer les regards… et les commentaires! En un clin d’œil, vous risquez bien de vous trouver irrémédiablement qualifié de «classe» ou  «has been»! Alors, si vous êtes encore jeune, choisissez plutôt un modèle sobre (noir et acier) plutôt qu’une version or, sertie de diamants. Sans quoi, vous passerez pour un frimeur ou, pire, un ringard au mauvais goût avéré. Mais si vous avez atteint une position sociale exceptionnelle et que vous comptez parmi les personnalités les plus puissantes du pays, lâchez-vous, personne ne se permettra de critiquer votre Rolex! Si la montre d’un ancien Premier ministre a eu les honneurs des gros titres de la presse locale, c’est bien pour avoir été dérobée, dans des circonstances encore mal éclaircies, dans un «campement» de Poste-Lafayette… et non pour son caractère trop ostentatoire ou son prix élevé.

Un véritable investissement

Se faire plaisir en s’offrant une belle montre peut aussi constituer un investissement rentable! Encore faut-il respecter quelques principes simples… Il y a, d’abord, le choix de la marque. Comme nous le savons tous, depuis que Jean Cocteau l’a proclamé: «la mode, c’est ce qui se démode!» L’acheteur soucieux de réaliser une belle plus-value choisira donc une montre portant le logo d’une marque prestigieuse, bien établie et dont les modèles, originaux, sont à l’abri des tendances. C’est le cas de la plupart des grandes maisons horlogères! C’est ainsi qu’une Rolex achetée il y a une quinzaine d’année – à condition d’être restée en excellent état – se négocie déjà, en moyenne, à plus de deux fois son prix d’achat (en devise constante)!

Mais, depuis quelques années, d’autres marques, pourtant moins réputées, bénéficient de très belles cotes! C’est, par exemple, le cas de Seïko ou Citizen. Longtemps classées parmi les marques «utilitaires», elles sont aujourd’hui regardées comme des voies d’accès à l’horlogerie fine.

D’abord parce qu’elles ont su développer leurs propres mouvements mécaniques, ensuite parce que leurs anciens modèles, souvent sobres, élégants et fiables, ont survécu à tous les caprices de la mode. Du coup, la valeur d’échange d’une Seiko des années 70 ou 80 représente facilement quatre à cinq fois son prix de vente de l’époque… et encore davantage, s’il s’agit d’une montre de plongée!

Les montres de la famille des Submariners de Rolex sont les modèles les plus copiés!

Rolex, cerné par les copies et les «hommages»

Avec sa célèbre couronne, Rolex règne sur l’industrie horlogère. Cette suprématie a une contrepartie: la marque suisse est la plus copiée au monde! Plus de huit montres sur dix portant le prestigieux logo seraient fausses… Alors, Rolex dépense des millions pour tenter de faire respecter son identité, pour faire saisir et détruire des tonnes de copies et inciter les gouvernements à durcir leur législation sur la contrefaçon. Mais Rolex est aussi confrontée à une démarche beaucoup plus difficile à contrer, la production de montres dites «hommages». Ces modèles, fortement et ouvertement inspirés par les plus célèbres Rolex, s’en différencient par des détails et, surtout, portent le logo de la marque qui les a produits… Il ne s’agit donc pas de  «faux» et Rolex assiste donc, impuissante, au déferlement de ces «copies légales». Le phénomène est si généralisé que même les plus grandes marques cèdent parfois à la tentation de produire «leur» Submariner, leur Date Just ou leur Daytona…

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