L’IFM a accueilli, le 19 mai, le Nastaliq du Souffle, proposé par la danseuse mauricienne Shaheen et la chanteuse comorienne Nawal, qui s’inspirent de la poésie religieuse pour créer de la beauté. En incarnant les qualités divines par la voix et le mouvement, elles invitent à l’élévation spirituelle par la grâce du geste et la profondeur de la voix. Dominique Bellier
L’artiste, Nawal Mlanao, en héritière d’une lignée soufie et des musiques du monde, porte un message universel de paix et de joie dans ses chants. L’étoffe de sa voix cadencée par des rythmiques soufies et l’esprit du blues ont séduit la spécialiste des traditions artistiques indo-arabo-persanes et danseuse aérienne qu’est Shaheen Saliahmohamed.
La danse des derviches tourneurs cousine aisément avec la danse aérienne. L’énergie des mouvements sur de grands rubans de tissu incarnent le divin sur des psalmodies de contentement et de paix, devenant véhicules d’universalité et d’harmonie.
La résonnance chaude et puissante de la voix de Nawal, connue dans les milieux de la world comme la « prêtresse des îles de la Lune », s’illustre dans la vivacité gracieuse des calligraphies sacrées que Shaheen dessine dans l’espace. Elles unissent leurs talents au son du gambusi, du daf (un enfant de la ravanne) ou du hang. Shaheen n’a pas son pareil pour faire corps avec les pans de tissu qu’elle enroule, noue et dénoue au gré des figures. Le spectateur retient son souffle quand le corps déroule le ruban suspendu pour s’immobiliser à quelques décamètres du sol, ou lorsque, bras à l’équerre, elle tourne comme une toupie à la manière des derviches. Elles ont uni leur art pour transmettre la spiritualité d’une pratique d’ouverture qui fait chanter et danser le cœur en chacun.
Prochains rendez-vous le 19 juin à Mayotte et le 27 à Moroni.








