Les artistes Fred Allard, Cédric Bouteiller, Frédéric Avella et Nelson Fabiano forment le quatuor venant bousculer les codes sages et racés des galeries d’art contemporain de Serge Patteta. S’avouant fan du genre, ce dernier a décidé de faire de la place à cette forme d’art en ouvrant un second espace à Anahita dédié uniquement aux artistes Pop art. Inédit à Maurice et vraiment rafraîchissant.

Plutôt pop pour les couleurs flashy identifiant leurs oeuvres, en référence aux codes associés à  “l’art populaire”, initié par Andy Wharol, celles de l’artiste Nelson Fabiano sont aussi un peu street. Ce peintre chérit en effet la thématiques urbaine portée par ce mouvement artistique qui regroupe toutes les formes d’art réalisées dans la rue, et plus largement, dans l’espace public.

Densité de couleurs et nombreux collages

Dans la catégorie peinture, Cédric Bouteiller est l’auteur de superbes oeuvres créées selon un procédé technique bien rodé. Des plaques d’aluminium découpées à dimension, s’animent par appositions successives de photos, de collages, de peintures. Ici des regards féminins, plus bas une aile de papillon qui côtoie la bobine de Popeye…, autant d’éléments disparates, qui assemblés, finissent pourtant par se structurer dans une cohérence propre à l’oeuvre. L’artiste emprisonne ensuite la projection de sa vision du monde sous une plaque de résine, non polie, pour conserver une surface irrégulière, pour enfin, l’encadrer. Serge Patteta a choisi de représenter aussi Nelson Fabiano “à la patte légèrement plus classique” selon le galeriste, via quatre toiles dédiées à New-York, un travail résultant d’un mélange de huile sur toile et de collages aux couleurs pétantes. Cet artiste maîtrise bon nombre de techniques qu’il mixe dans des compositions très graphiques, contenant des personnages iconiques de BD, dans un foisonnement de couleurs vives particulièrement représentatives du style Pop art.

Sacs sculptures, bouledogue et gorille revisités

Côté sculpture, voilà deux noms qui savent, pour le moins qu’on puisse dire, décoiffer! Fred Allard, d’une précision inouïe et d’une méticulosité sans pareil, s’est fait une spécialité des sculptures sacs. Cannettes de Coca dans un Vuitton vintage, bouquets de sucettes Chupa Chups dans un sac Chanel ou Yves Saint-Laurent, le tout enserré dans une robe de résine, avec poignée en peau de serpent tannée et peinte par l’artiste lui-même… On se demande à bien observer ses créations d’où lui est venue cette idée totalement saugrenue? Mais n’est-ce pas le propre d’un artiste que de concrétiser, entre autres, l’insensé ou l’extravagance? D’une rare finition, ses sculptures variant de 15 à 35 kg sont des pièces uniques livrées avec certificat, d’un grand raffinement et presqu’une oeuvre d’art à lui tout seul. Autre personnalité, autre registre, le jeune Frédéric Avella s’est fait quant à lui une place dans le milieu Pop art en déclinant des animaux de façon amusante, voire burlesque. Il a revisité bouledogue et gorille, vraisemblablement ses deux animaux fétiches en leur donnant une tonalité pop via une finition couleur flashy. Produit de la quatrième génération d’une famille de tailleurs de pierre, Frédéric Avella a le talent d’associer expertise dans l’art de la découpe, du polissage et du modelage et son goût pour le design. Quatre pointures dans leur registre respectif, qui en plus de faire plaisir aux yeux sont représentatives des valeurs dans lesquelles investir judicieusement dans l’art contemporain, car côtées à l’international.

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