Lancée il y a trois ans à Saint Gabriel, l’initiative a commencé à récolter ses fruits. Seconde phase, la Commission de l’Agriculture s’est penchée sur la prochaine mise en place d’une unité de transformation et d’une boutique pour la vente du produit.

Treize sociétés, en coopérative, se sont engagées dans ce projet ambitieux sur treize hectares à Saint Gabriel. Au bout de trois années de labeur et de collaboration étroite avec la Commission de l’Agriculture, les résultats sont palpables.

« Le café est considéré comme un produit à gros potentiel commercial», résume le Commissaire de l’Agriculture, Richard Payendee. Et avance la possibilité de répliquer l’opération dans d’autres régions de l’île.

Le consultant du projet, Frédéric René Michel Descroix est également très confiant quant à l’avenir du produit. « Sur les treize personnes qui ont démarré leur plantation, dix ont très bien réussi. Il reste désormais l’unité de transformation à mettre en place pour proposer, non seulement un produit fini dans une démarche d’excellence, mais aussi un produit typiquement rodriguais», explique-t-il. Et soutient que l’arrivée des équipements de transformation des fameux grains est proche.

Café Cygangue, bel exemple d’une saveur du terroir

En marge de cette coopérative, le couple Casimir exploite le café depuis 2003 sur un peu plus de un arpent, à Camp Baptiste et arrive à produire en saison, en moyenne, environ 175 kg de café.
« J’avais commencé en 1977, à cultiver une trentaine de caféiers, d’abord pour ma propre consommation», raconte Herman. « Mais je ne connaissais pas vraiment les techniques de culture et d’exploitation.» ajoute-t-il. Avec l’aide de la famille, l’affaire a toutefois fini par s’agrandir et couvrir toutes les étapes de transformation du grain.

Mais 2010 marque un tournant dans l’histoire des Casimir avec l’arrivée d’un distributeur de cafés d’importation dans l’ile. La concurrence s’est accentuée. Mais Marianne Casimir comprend l’avantage qu’elle peut tirer de son produit en faisant immédiatement la différence entre les cafés extérieurs et le sien, « Le café de Cygangue dégageant un arôme fort et authentique. »

Les consommateurs locaux et les touristes ne s’y sont pas trompés non plus. Ils peuvent le trouver sur les rayons du supermarché Roussety à Port Mathurin. Il peut aussi se déguster au kiosque situé dans le bâtiment d’Alfred North Coombes de la capitale. «Pour les touristes, c’est le meilleur, avec son goût prononcé. », s’enorgueillit Marianne Casimir. Leur entreprise familiale, « Café Cygangue » qui voit le jour en 2018 se place dans la continuité de cette reconnaissance.

De la plantation au conditionnement

Il arrive que le couple s’approvisionne auprès d’autres planteurs pour satisfaire la demande. De la plantation à sa mise en pot ou en sachet, le produit passe par des étapes de transformation, dans une petite pièce aménagée à l’arrière de leur cuisine. Une fois séchés, les grains de café sont pilés dans un mortier, grillés au four avant d’être moulus dans une machine à moudre fabriquée par un ami.

« Pour nous, il n’est pas question de modifier le goût de notre café. C’est un produit bio que nous proposons, et nous voulons rester fidèles à notre méthode de transformation. La production de café, c’est un métier d’avenir » conclut Herman Casimir. Les contraintes sont nombreuses, la compétition est rude mais le couple ne s’avoue pas vaincu. «La venue de cette coopérative ne va rien changer à notre clientèle qui nous reste fidèle», affirme t-il.

Où cultive t-on le café ?

Les plantations, – essentiellement la variété Arabica qui, sur le territoire rodriguais a un goût très prononcé – se situent sur les hauteurs, vers Cygangue, Nassola et Mon Plaisir, entre autres. Bien qu’il soit généralement préférable de le cultiver à partir de 700 mètres d’altitude, le café à Rodrigues peut être cultivé dès 400 mètres.

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