Grands consommateurs de denrées alimentaires, les hôtels peuvent aussi être des sources importantes de gaspillage de ces ressources. Pour la première fois, les hôteliers mauriciens se sont réunis, le 25 janvier dernier, pour s’attaquer à ce problème intérêt public.

Organisé par la Start Up sociale FoodWise et l’hôtel Lux* Le Morne, ce premier “Zero Waste Food Forum” a réuni plus de 120 participants, hôteliers et entrepreneurs. Avant même d’ouvrir la réflexion sur les solutions possibles, cette rencontre aura d’abord permis une prise de conscience. Le gaspillage alimentaire moyen, dans les hôtels mauriciens, est estimé à 25% des denrées achetées par les différentes cuisines de chaque hôtel… On comprendra donc aisément que, même appréhendé du seul point de vue financier, ce problème intéresse les acteurs économiques.

FoodWise se propose de créer une filière de revalorisation, en distribuant, à partir de la fin 2019, un volume de 10 000 repas par mois, grâce à la prise en charge des denrées non consommées dans les hôtels, supermarchés et restaurants.

Dans le même esprit, l’ONG Cuisines Solidaires récupère, chaque mois, 5 tonnes d’invendus, auprès des grandes surfaces et de l’industrie agroalimentaire. Ces aliments sont ensuite distribués, par le biais d’oeuvres sociales et d’ONG, dans la région de Curepipe. L’association Manzer Partazer distribue également des repas aux plus défavorisés.

Le compost, la solution pour ce qui ne peut être redistribué

FoodWise associée aux hotels Beachcomber Paradis, Lux* Le Morne et à la compagnie Panagora, parvient à servir, plusieurs fois par semaine, 175 repas à l’école RCA de Case Noyale. Et cela, en ayant élaboré un cadre juridique sécurisant pour toutes les parties.

Acteurs du problème, les hôteliers souhaitent aussi être des acteurs de la solution. Des Chefs de cuisine, participant au forum, ont ainsi exposé leurs stratégies pour réduire le gaspillage.

Il est toutefois évident que tout ne pourra pas être réemployé en cuisine ou redistribué auprès des ONG. Le compost reste alors une solution tout à fait performante pour les déchets organiques et BioBin, représentée au forum, a pu le démontrer à tous les participants. Enfin, les hui-les alimentaires usagées ont aussi, maintenant, leur filière de retraitement, grâce à BioOil. Tout se met donc en place pour que l’industrie hôtelière mauricienne entre dans l’ère du recyclage et de la valorisation des déchets alimentaires.

Des chiffres hallucinants

Selon le dernier rapport de la FAO, l’agence onusienne pour l’alimentation et l’agriculture, environ un tiers des aliments produits dans le monde pour la consommation humaine chaque année — approximativement 1,3 milliards de tonnes — est perdu ou gaspillé.

Les pertes et le gaspillage alimentaires représentent environ 680 milliards de dollars US dans les pays industrialisés et 310 milliards dans les pays en développement. Les pays industrialisés et en développement perdent environ la même quantité de nourriture, respectivement 670 et 630 millions de tonnes.

Les fruits et légumes, plus les racines et tubercules ont le plus fort taux de perte parmi tous les aliments. La quantité au niveau mondial des pertes et gaspillages alimentaires chaque année représente environ 30% des céréales, 40-50% des racines, fruits et légumes, 35% du poisson, 20% des oléagineux, de la viande et des produits laitiers!

Chaque année, les consommateurs des pays riches gaspillent presque autant de nourriture (222 millions de tonnes) que la production totale nette de l’Afrique Sub-Saharienne (230 millions de tonnes).

Le gaspillage par personne des consommateurs se situe entre 95 et 115 kg par an en Europe et en Amérique du Nord, tandis qu’en Afrique Sub-Saharienne, en Asie du Sud et du Sud-Est, chaque personne jette seulement 6 à 11 kg par an.

Partant de ces éléments, des ONG internationales se sont livrées à un calcul édifiant: puisque 1,3 milliards de tonnes de nourriture sont gaspillées chaque année, cela signifie que ce sont 41,2 tonnes qui sont perdues chaque seconde!

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