Tous les quatre ans, les îles de l’océan Indien se souviennent qu’elles appartiennent à un ensemble régional commun, qu’elles partagent d’importants éléments culturels et historiques. Cette célébration d’une parenté régionale s’effectue dans les stades, autour des bassins, des pistes et des tatamis… Pour cette dixième édition des Jeux des Iles de l’Océan Indien, qui se déroulent chez nous, à Maurice, du 19 au 28 juillet, souhaitons que l’esprit sportif et fraternel qui avait animé les Jeux de 1985 et 2003 règne encore sur notre île. Bonne chance à tous les concurrents… et que le meilleur gagne! 

La situation mauricienne, dans chaque discipline

Au tableau des médailles remportées aux Jeux des Iles de l’Océan Indien, la République de Maurice se classe à la deuxième place, derrière La Réunion. Si les autres compétiteurs ne sont jamais négligés, il est clair que l’objectif national reste, cette année encore, de réduire l’écart avec l’île soeur.

En athlétisme, le potentiel mauricien est en hausse, avec des performances individuelles et collectives prometteuses. Toutefois, les observateurs s’accordent à reconnaître que les Malgaches et Comoriens ont aussi beaucoup progressé. Quant aux concurrents maldiviens, tout le monde se souvient que c’est parmi eux que se trouvait le sprinter qui s’était arrogé la victoire du 100 m! Le semi-marathon, qui se déroule à Rodrigues, pourrait constituer une belle occasion de médaille, notamment chez les féminines, avec Antoinette Milazar, sur ses terres. Longtemps dominatrice en badminton, l’île Maurice avait longtemps assisté, impuissante, à la montée en force des Seychelles. Nos représentants ont réaffirmé leur supprématie à La Réunion, lors des derniers Jeux des Iles, en 2015. Ils devraient logiquement garder le premier rang… mais en bataillant farouchement.

Espoirs placés dans le beach volley et le basket-ball féminin

En basket-ball, la marge de progression de Maurice est, de loin, la plus importante, puisque, que ce soit chez les garçons ou chez les filles, nos équipes nationales n’ont jamais fait mieux que de décrocher une médaille de bronze… La meilleure chance se trouve sans doute dans l’équipe féminine qui, sous le leadership de Corinne Somauroo, s’est preparée de façon intensive pour contredire tous les pronostics.

Pour sa première apparition aux Jeux des Iles, le beach-volley pourrait permettre aux Mauriciens d’engranger un maximum de médailles. En effet, les équipes mauriciennes ont eu l’occasion d’affirmer leur domination face aux Malgaches et Comoriens…Par contre, le potentiel réunionnais est encore flou. Et c’est donc bien de La Réunion que pourrait surgir les surprises.

Depuis l’inoubliable médaille de bronze de Bruno Julie aux Jeux Olympiques de Pékin, la boxe mauricienne a entamé une dangereuse et inévitable transition entre deux générations. Cette édition des Jeux des Iles va donc permettre de savoir si les jeunes, tels que Teekaram Rajcoomar, Hervey Nagloo et Jerry Montimerdo ont atteint le niveau de leurs aînés…

En cyclisme, s’il semble difficile d’aller contester la suprématie réunionnaise sur la course en ligne, les Mauriciens devraient avoir à cœur de maintenir leur domination sur le contre-la-montre, malgré le retour en force des Seychellois.

Des attentes fondées sur une victoire en football

Le football reste la discipline qui attire le plus de spectateurs, lors des Jeux des Iles. Ce tournoi a aussi pris, sur notre île, une dimension exceptionnelle puisque, à la surprise générale, Maurice l’avait emporté lors des deux précédentes éditions organisées sur notre sol, en 1985 et 2003! Mais le sélectionneur réunionnais, Jean-Pierre Bade, qui a disputé les Jeux comme joueur et entraîneur, mettra tout en oeuvre pour réaffirmer la domination du football réunionnais et, ainsi, briser le sortilège mauricien…

L’haltérophilie représente une chance sérieuse de médailles pour Maurice. En 2015, l’équipe mauricienne avait d’ailleurs remporté 21 des 45 médailles mises en jeu. Les Seychellois sont, traditionnellement, les plus sérieux adversaires des Mauriciens. Pourtant, cette année risque d’être difficile. Pouvant toujours compter sur quelques haltérophiles expérimentés, tels que Shalinee Valaydon et Emanuella Labonne, Maurice est en plein renouvellement et les jeunes devront donc prouver qu’ils sont à la hauteur de leurs aînés…

La menace réunionnaise en judo et natation

La progression des judokas mauriciens, constatée lors des derniers Jeux, à La Réunion, doit encore être confirmée, sous peine de subir, une fois de plus, l’autorité des Réunionnais.

Dans les bassins, les Réunionnais sont des requins affamés de médailles! Lors de la précédente édition des Jeux, il n’y a guère qu’en relai que les Mauriciens ont pu s’imposer. Pour faire mieux, les nageurs mauriciens auront besoin de l’aide et des encouragements du public!

La progression des rugbymen malgaches n’a cessé d’impressionner, au cours des vingt dernières années. Les pronostics placent donc les Réunionnais et les Malgaches à peu près au même niveau de chances de remporter le tournoi. Sauf surprise, Maurice devrait compléter le podium.

Dans l’histoire des Jeux des Iles, le tennis de table a d’abord été dominé par Madagascar, avant que les pongistes mauriciens ne prennent l’avantage. Mais les Réunionnais, placés en embuscade, pourraient bien perturber ce duel et, peut-être même rafler la mise…

Après trois éditions sans aucune médaille (!!!), les navigateurs mauriciens auront à cœur de monter sur l’un des cinq podiums prévus pour les épreuves de voile. Les Réunionnais, logiques favoris, devront montrer qu’ils sont capables de s’adapter au plan d’eau du Grand Baie Yacht Club, bien différent de celui du Port…

Dominé, dans la région, par Madagascar et les Seychelles, le volleyball ne constitue qu’une chance modeste de médaille pour Maurice… de même que pour La Réunion.

Handisport : vers l’intégration

Les Jeux des Iles, comme la plupart des grandes compétitions internationales sportives, intègrent le handisport dans leur programme. Malheureusement, le manque de structures et d’organisations spécialisées dans la plupart des îles de l’océan Indien limitent le nombre de disciplines accessibles, et donc de participants. Pour cette édition mauricienne, seuls l’athlétisme et la natation comporteront un volet handisport. Mais les efforts déployés par ces athlètes et la valeur de leurs performances méritent le soutien inconditionnel du public… alors si vous vous rendez au stade pour encourager les sportifs, n’oubliez pas les handisportifs!

Que serait les Jeux des Îles de l’Océan Indien sans leur chanson ?

Pour l’édition 2019 des JIOI, le titre « Tamtam Dan Zil », du groupe Kokofaya a d’ores et déjà fait danser et donné des frissons aux Mauriciennes et Mauriciens. Avec sa mélodie entrainante, ses rythmes modernes qui n’ont pas oublié de laisser une place de choix aux instruments locaux, l’hymne a été dévoilé le vendredi 31 mai dernier, au Théâtre Serge Constantin à Vacoas. C’est à la suite d’un concours, relayé dans la presse et naturellement sur les réseaux sociaux que la chanson interprétée par Thallie Ann Seenyen est sortie du lot, devançant ainsi plusieurs dizaines de propositions. Fédératrices, pleines d’espoir, de camaraderie, les paroles nous permettent de patienter encore un peu avant la survenue de cet évènement de grande envergure, accueilli par notre petite île.

Côte d’or: Le complexe devrait être inauguré le 15 juillet

Il devait, à lui seul, accueillir une bonne part des épreuves de cette dixième édition des Jeux des Iles de l’Océan Indien… mais le complexe sportif de Côte d’Or est plutôt devenu, au fil des mois, un sujet de polémique et même de débats à l’Assemblée Nationale. Finalement, de report en retard, il serait prévu de l’inaugurer le 15 juillet, à trois jours du début de la compétition. Et encore, cette date est-elle, à l’heure où nous rédigeons cet article, encore sujette à caution. Et même si cette importante structure est jugée apte à accueillir le public, elle n’abritera, finalement que les épreuves de judo et de natation.

Krouink, la cateau verte

Son nom est étrange, mais la mascotte de cette dixième édition des Jeux des Iles de l’Océan Indien rend hommage à un oiseau qui a bien failli disparaître: la grosse cateau verte. Grâce à un important programme de préservation, puis de réintroduction, mené par la Mauritian Wildlife Fundation, cette espèce n’est plus directement menacée d’extinction. Mais elle reste encore fragile. Elle est la dernière représentante de toutes les espèces de perroquets qui vivaient sur notre île avant la colonisation. Même si cette sympathique mascotte ne s’est pas attirée que des avis positifs, il faut lui reconnaître un look amusant… et le mérite d’attirer l’attention sur le sort d’un oiseau encore fragile.

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