L’opération a été conçue dans une volonté de franche envolée. Conduit sur dix jours du 18 au 28 octobre dernier, le Festival lyrique, outre ravir les sens des mélomanes a été l’occasion de revenir sur une période phare de l’histoire de l’île: deux siècles durant lesquels ses habitants ont fait montre d’un appétit insatiable pour le lyrique.

L’hsitoire est le suivante: A Paris, au début du 20ème siècle, une réception est organisée à l’ambassade de Marsovie, pour l’anniversaire du roi. Missia Palmieri, veuve héritière de l’immense fortune de son mari y est invitée…. De quelques représentations de La Veuve Joyeuse, l’opérette la plus jouée dans l’île, pour la première fois en janvier 1914, l’idée a finalement dévié sur l’organisation d’un vrai festival. L’opérette restant néanmoins placée comme fer de lance de l’évènement avec ses cinq représentations à l’auditorium de Phoenix. Produite par Opéra Mauritius, mise en scène par Gérard Sullivan et Angela Brandt, portée par la soixantaine de musiciens de l’orchestre allemand de la Studienstiftung des deutschen Volkes dirigé par Martin Wettges, chef d’orchestre de même nationalité, un chef des choeurs sudafricain en la personne de Katrin Caine, une chorégraphie signée de la Mauricienne Théresa David, avec les Mauricien(e)s Véronique Zuel, Marc Gris, ou encore Jean-Michel Ringadoo pour ne citer qu’eux dans les rôles principaux…, l’opérette jouée ici a été le résultat d’une association de talents internationaux.

Une expo et une série de concerts

En marge de La veuve joyeuse, le festival a permis à tout un chacun de redécouvrir cette facette un peu pâlie de l’histoire de l’île via une exposition, de photos et de documents, scénographiée au Caudan. Un concert commenté de musique composée par des Mauriciens du 19ème siècle jusqu’à nos jours, un spectacle de percussions, tous deux donnés par les choeurs et les musiciens du Conservatoire National François Mitterrand, un concert de musique classique par l’association Vents d’un rêve, une projection de documentaires sur les coulisses de Carmen de 2010 et de La traviata de 2012 joués dans l’île et un récital de la Russe Natalia Savchenko du Théâtre national de Saint-Petersbourg organisé par l’Ambassade de Russie et la Société Musicale de l’île Maurice ont fait l’ensemble du festival, d’une grande richesse.

Outre le support de la Présidence de La République, du ministère des Arts et de la Culture, l’évènement a obtenu l’adhésion totale des ambassadeurs de France, M. Emmanuel Cohet, de Russie, M. Konstantin Klimovskiy, et d’Allemagne en résidence à Madagascar, M. Harald Gehrig, représentants de nations qui comptent dans leur histoire, l’opéra et, le lyrisme en général, comme patrimoine national.

Après l’ouverture officielle du festival par le président de la République par intérim, M. Paramasivum Pillay Vyapoory, au Plaza de Rose-Hill le 18 octobre dernier, en présence des ambassadeurs cités, Robert Furlong a rappelé lors de sa mini-conférence l’importance de l’opérette, ici, durant deux siècles.

Un public mauricien friand et exigeant

Des troupes venant d’Europe n’hésitaient alors pas à braver les mers déchainées pour venir s’y produire. Car le public mauricien était extrêmement demandeur! Aux côtés des grands opéras qui furent des succès sans cesse redemandés ici – tels Lucie de Lammmermoor, Les Pêcheurs de perles, le Barbier de Séville ou la Muette de Portici– figuraient des opérettes, sources de succès, dont La veuve Joyeuse. On la retrouve dans les programmations locales de 1919, 1921, 1926, de 1939… comme elle fut après la guerre, la première pièce lyrique jouée à Port-Louis par la troupe Forget-Moutia.

Après le buffet offert par l’Ambassade de France, la soirée d’ouverture officielle du festival s’est achevée sur la projection de l’opéra Didon et Enée, d’Henry Purcell, ainsi qu’à la mise aux enchères d’oeuvres d’artistes locaux, sollicités par Opera Mauritius, pour créer sur la thématique du Théâtre de Port-Louis, lieu symbolique de l’opérette, actuellement en rénovation. Il y aurait fort à penser que l’âge d’or du lyrique, longtemps en mis en sommeil, veuille renaître.

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