Se prélasser sur la plage un 25 décembre, avec des températures avoisinant les 35° sur les côtes et la senteur iodée de la mer… ce n’est pas vraiment Noël, diriez-vous. Bienvenue à Maurice ! Nous sommes sous les tropiques et, ici, Noël se fête au Soleil !

La saison festive à l’île Maurice est synonyme des vacances d’été en Europe. L’été bat son plein et les enfants sont en vacances pour au moins deux mois. Ainsi, l’ambiance tropicale des fêtes s’installe dès le mois de novembre. Tous les arbres sont fleuris, les flamboyants décorent le ciel de rouge et les fruits de saison donnent un sentiment de renouveau, comparable au printemps en Occident. Tout ceci contribue encore plus au dépaysement des visiteurs et des expatriés. « Pour le coup, avec la chaleur d’ici, les premières années je n’arrivais pas à préparer mon sapin de Noël. Pour moi, les deux n’allaient pas ensemble… », confie Sandrine Marrier d’Unienville, une française vivant à l’île Maurice et généralement habituée aux gros pulls en laine et le feu de la cheminée, au lieu des températures élevées et des tongs.

Pourtant, les Mauriciens fêtent Noël tout autant que dans les pays occidentaux. Nous célébrons l’arrivée « du divin enfant », à notre manière, certes, mais toute la population ne manque pas cette occasion. Bien évidemment, l’église se pare de ses meilleurs atours avec tableau vivant, illuminations et chants de Noël. Cependant, au fil des années, cette fête chrétienne, est également devenue une fête nationale. Tous les enfants de Maurice, toute communauté confondue, attendent cette fête avec impatience. Si le Père Noël l’emporte sur l’enfant Jésus, ils veulent tous avoir leurs cadeaux sous le sapin de Noël le 25 décembre. D’ailleurs, ici, le sapin est remplacé par un filao ou un cyprès et il est acheté deux ou trois jours avant Noël. Sinon, l’arbre sera vite desséché, sauf si vous l’achetez en pot.

Du côté des repas, pas d’odeur de mandarine, de dinde aux marrons ou de foie gras. Les vents transportent plutôt les fumets des grillades : star des repas de Noël. Le barbecue ne ressemble pas à celui auquel les occidentaux sont habitués. Ici, les sauces sont épicées et le bœuf et les saucisses sont remplacés par du poisson frais et autres trésors de la mer. « Déguster champagne et langouste, pieds dans l’eau le 25 décembre, franchement, ça n’a pas de prix ! Si, en plus, on a la chance d’être en famille à cette période, on est les plus heureux », avance Marjorie Govinden, française, mariée à un Mauricien depuis une dizaine d’années. Certaines familles, innovent et essayent de recréer des dîners de Noël anglais ou français. Cela apporte un peu d’exotisme à leurs festivités. Cependant, les saveurs locales sont toujours présentes.

Noël à Maurice, Noël au Soleil

Déguster champagne et langouste, pieds dans l’eau le 25 décembre, franchement, ça n’a pas de prix ! Si, en plus, on a la chance d’être en famille à cette période, on est les plus heureux…

La période des soldes

« Ce qui m’a le plus marqué ? C’est le monde dans les rues le soir du réveillon de Noël, les trottoirs grouillant de badauds se faufilant entre les nombreux marchands ambulants et les magasins ouverts jusqu’à minuit… », dit Fabien Dubessay, également expatrié français, marié à une Mauricienne. Dans sa France natale, les jours entourant les fêtes, la nuit tombe tôt et les gens sont pressés de regagner leur cocon familial. Ici, les magasins restent ouverts jusqu’à minuit, voire plus, durant la période de fin d’année. Plusieurs grandes enseignes livrent même les cadeaux de Noël jusqu’à minuit, avant de relayer la tâche au Père Noël. Il n’y a pas de meilleur moyen pour garder l’élément de surprise le soir du réveillon, notamment pour ceux qui ouvrent les cadeaux à minuit.

Il faut savoir que le bonus de fin d’année ou le « treizième mois », tombe généralement vers le 15 décembre. C’est ainsi la période où les commerces travaillent le plus et ce sont les soldes d’été. Appareils électroménagers, vêtements, chaussures, produits de décoration… c’est le moment de faire les magasins. De nombreux mauriciens rénovent leurs maisons durant le mois de décembre, afin de démarrer la nouvelle année qui approche dans du neuf. En somme, c’est la période de l’année où les mauriciens dépensent le plus d’argent.

Parmi les achats de Noël, il ne faut surtout pas oublier les pétards et autres feux d’artifices. Un Noël mauricien ne serait rien sans son lot de pétarades. En effet, à minuit pile, toute l’île résonne de pétarades, comparable à une répétition de la Saint-Sylvestre. Les feux d’artifices suivent le pas et ne vont plus cesser jusqu’au Nouvel An. Puis, la fête continue dans les bars et boites de nuit pour la jeune génération. Chez nous, il n’est pas coutume de passer le réveillon de Noël en famille. On préfère plutôt faire la fête avec ses amis. D’ailleurs, si vous êtes sur les côtes, vous remarquerez l’afflux de personnes, venu de toute l’île, vers les plages et discothèques.

Par contre, tout le monde est présent autour d’une même table pour le traditionnel Déjeuner de Noël. Belles familles, grands-parents, amis et voisins sont conviés dans un esprit de partage. Au menu, gajacks (amuse- gueules salés), curry, salmi de poulet (recette locale avec une sauce à base de vin, ressemble à une gardienne de taureau, mais en plus épicé) riz ou faratas (galettes indiennes), de la salade et des achards.

Au dessert, on préfère une bonne glace, même si la bûche de Noël s’intègre de plus en plus dans les menus locaux. Le tout est, bien sûr, arrosé de rhum local ou de vin.

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