Tous les acteurs de l’Immobilier sont unanimes sur le sujet: aujourd’hui, les freins aux développement du secteur sont le manque accru de main-d’oeuvre qualifiée et de prestations de qualité dans le domaine de la construction, alors que ce sont les éléments clés de leur réussite. Cette situation a, malheureusement, menée à de nombreux cas de litige entre acheteurs et promoteurs. Aujourd’hui, même si de nombreux efforts sont effectués, il y a encore un long chemin à parcourir.

Nous sommes loin des débuts, le secteur a beaucoup progressé, non seulement en termes de législations mais aussi au niveau de la qualité de construction. L’architecture, le design, ont été complètement bouleversés au fil de ces 15 dernières années. Nous pouvons dire que le pays a connu énormément de progrès sur une période très courte. Les promoteurs ont su progresser très rapidement, sauf que les gros constructeurs n’ont pas su s’adapter à ce changement, constate Arnaud Mayer, CEO du Groupe Evaco, pionnier dans le secteur de l’immobilier de luxe à Maurice.

Ce dernier, également président de la Real Estate Association Mauritius (REAM), indique que le problème de la qualité n’est pas la faute du promoteur. Selon lui, les promoteurs souffrent de la non remise en question des constructeurs, tandis que le promoteur immobilier est obligé de se remettre en question en permanence.

Il a été nuisible d’avoir, sur le marché, une multitude d’acteurs non professionnels s’expérimentant au métier de la promotion immobilière.  Force est de constater que, parmi l’ensemble des projets commercialisés, nombreuses réalisations n’ont pas abouties ou n’ont pas été livrées au niveau de qualité attendue. Il ne suffit pas de posséder un terrain et de présenter une belle brochure, pour faire de belles réalisations. La promotion immobilière est un métier difficile qui demande un savoir-faire. Fort heureusement certains promoteurs se distinguent en réalisant des projets de qualité et aux standards internationaux, renchérit Karen Angus, directrice commerciale et marketing du groupe Evaco.

Ainsi, contrairement à d’autres professionnels de l’immobilier, Evaco a pris la décision de  prendre les devants en créant sa propre société de construction. « Nous ne pouvions pas passer notre temps a apporter des réparations. Nous avons changé d’approche et nous nous sommes lancés dans la construction avec des nouvelles technologies et de manière complètement différente. » En effet, tous les métiers de la construction y sont réunis : ingénieurs, ouvriers du bâtiments, électriciens, décorateurs et un bureau d’étude et de développement. « Cela nous permet de maîtriser la chaîne de fabrication de A à Z. » Cela fait d’Evaco le seul promoteur de l’île à avoir une intégration verticale complète : la construction, la promotion et la gestion locative.

Un problème plus complexe

Ces accusations de la part des promoteurs immobiliers sont-elle à 100% fondées? Les réactions sont mitigés. Jyoti Jeetun, CEO de La Compagnie de Mont Choisy Ltée, n’est pas d’accord. « L’île Maurice a des entreprises de construction de qualité supérieure et le pays attire des professionnels de la construction de haut calibre. Cependant, le défi consiste à trouver la main-d’œuvre qualifiée nécessaire pour exécuter les projets ».

Vinesh Chintaram, architecte-urbaniste abonde dans ce sens. Il explique que le problème est plus complexe qu’il ne parait. Selon lui, l’on met souvent toute la faute sur le dos des constructeurs ou des promoteurs, alors que les torts sont partagés.

Le rôle de l’architecte est banalisé. Le promoteur a une idée en tête et nous travaillons selon son concept. Toutefois, il arrive que le projet n’évolue pas comme attendu. Face à des contraintes budgétaires, des concessions sont faites sur la qualité. De la même façon, en raison de la grande compétitivité sur le marché de la construction, le constructeur annonce des tarifs ultra-compétitifs. Lorsque le projet évolue, il doit, à son tour, faire face aux réalités financières… mais nous ne pouvons pas faire des concessions sur tout. Néanmoins, le problème principal demeure le manque de main-d’œuvre qualifié et de formation. En France, par exemple, même le carreleur est diplômé, alors qu’à Maurice tout le monde improvise.

Construction immobilier à Maurice

Crédit Photo: Mont Choisy Le Parc L’île Maurice a des entreprises de construction de qualité supérieure et le pays attire des professionnels de la construction de haut calibre. Cependant, le défi consiste à trouver la main-d’œuvre qualifiée nécessaire pour exécuter les projets. –  Jyoti Jeetun, CEO de La Compagnie de Mont Choisy Ltée

Interrogés, des professionnels du secteur de la construction nous indiquent que le besoin de former les personnes impliquées dans le secteur se fait ressentir davantage de nos jours. Selon eux, les jeunes Mauriciens qui ont le choix de travailler ailleurs que sur les sites de construction délaissent le secteur.  Aussi, une bonne partie de la main-d’œuvre locale n’est pas suffisamment formée.

Tous les acteurs souhaiteraient qu’il y ait plus de constructeurs capables de fournir des prestations de qualité pour pouvoir répondre aux exigences croissantes des clients. Quand on parle de de l’immobilier de luxe – IRS, RES, Smart City, etc., nous pouvons dire que le pays est aligné aux standards internationaux. Malheureusement, les constructions qui se vendent en dessous de MUR 4 millions et qui visent les acquéreurs mauriciens sont souvent largement en dessous des normes.

Quelles seraient les solutions?

Selon les professionnels, le pays a besoin de mettre en place une formation poussée des ouvriers et autres intervenants dans le secteur, afin  de répondre aux exigences internationales. Rendre le métier plus intéressant pour les jeunes, une meilleure rémunération et des méthodes d’encouragement pour les entreprises locales qui font face à une dure compétition venant des compagnies étrangères, seraient également des avantages à considérer sérieusement. Entre-temps, les entreprises qui veulent réussir sont contraints de se tourner vers l’expertise étrangère, afin de respecter leur contrats.

Entre le manque de personnel qualifié, le défi de recevoir des matériaux de qualité au rythme exigé par le marché et des acheteurs de plus en plus exigeants, les acteurs du secteur de l’immobilier ont du pain sur la planche. Néanmoins, 2017 s’annonce une année plus favorable que 2016, avec le nombre de projets immobiliers annoncés. A suivre…

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