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Remixer le patrimoine

En 2011, naissait, en France, Museomix, un laboratoire décloisonné qui invitait le public à s’approprier un musée afin de repenser sa médiation. D’année en année, ce « makeathon » a gagné du terrain, comptant de plus en plus de participants, jusqu’à investir nos rivages en 2025. Eugénie Sauzier-de Rosnay

Après une heureuse première édition régionale au Musée de l’Esclavage en novembre de l’année dernière, Museomix revient du 12 au 14 novembre 2026. Organisé par l’Institut français de Maurice (IFM), il aura cette fois lieu à L’Aventure du Sucre, un site muséal connu pour sa capacité à se réinventer, comme en témoigne la récente refonte de son parcours, le fruit d’un travail long de deux années, mené en collaboration avec l’agence parisienne Clémence Farrell. Fidèle à sa philosophie, le célèbre hackathon culturel répond à un schéma inversé : ce n’est plus le musée qui identifie un besoin, c’est lui qui postule pour accueillir un collectif de regards neufs et ainsi ouvrir un espace d’ébullition créative.

« Avec Museomix, on ne vient pas simplement visiter le patrimoine : on vient le bousculer, l’interroger et imaginer de nouvelles façons de le raconter », explique Adrien Schwarz, attaché de coopération numérique à l’IFM. Les participants, sélectionnés sur candidature, travailleront en équipes pluridisciplinaires, rassemblant divers corps de métier du secteur : designers, développeurs, médiateurs, artistes, historiens, bricoleurs… Pendant trois jours, celles-ci pourront laisser libre cours à leur imagination pour concevoir des prototypes d’outils numériques dans un laboratoire éphémère équipé d’imprimantes 3D, de découpeuses laser, ou encore de matériel électronique.

Plus qu’un simple événement, Museomix entend surtout créer des ponts tangibles entre patrimoine, savoir-faire local… et présent ! Le 14 novembre, le musée ouvrira ses portes au grand public de 15 h à 17 h : les visiteurs pourront tester les dispositifs imaginés par nos créateurs locaux, et profiter de performances d’exception, comme un spectacle de sega tipik contemporain porté par SR DANCE, ainsi qu’un mini-concert d’Anouchka Massoudy. Et après ? Rien n’est perdu : les prototypes seront placés sous licence Creative Commons. « Le musée hôte garde aussi ces concepts et peut piocher dedans pour développer ultérieurement de vrais projets permanents ou des expositions temporaires », précise Alisha Juhoor, chargée de projets (Micro-Folie Moris) et des partenariats à l’IFM. De belles graines à semer… et à voir germer !

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