La zone ouest de l’île est réputée pour être très aride. Au point où l’été, la sècheresse pèse lourd sur l’agriculture, l’élevage et sur le quotidien des habitants. Les villages d’Anse Quitor, Petite Butte, Saint Marie et Dans Coco situés à proximité de l’unité de dessalement de Caverne Bouteille devraient ne plus souffrir de sècheresse dès l’année prochaine. 

Sur la côte, Caverne Bouteille et les villages alentours ont les mêmes particularités. Si sur la route menant vers Anse Quitor certains villageois ont innové en créant des tables d’hôtes, d’autres continuent à tracer leur voie à travers l’élevage ou la pêche. L’agglomération compte environ 500 familles et le manque d’eau reste un éternel problème pour ces villageois. L’unité de dessalement opérationnel depuis deux ans qui opère à 50% de sa capacité, ne satisfait pas les besoins de ces villages.

« Avec la mise sur pied de la station de dessalement, on a cru que le manque d’eau allait être chose du passé. L’unité produit assez d’eau, mais on n’a pas droit à une distribution directe » relate Jean-Marc Louis, l’un des villageois. « Les camions citernes de l’assemblée régionale récupère l’eau, la transporte vers d’autres réservoirs à travers l’île, pour être redistribuée vers d’autres régions. La production quotidienne du dessalement est pourtant suffisante. S’il y avait une distribution directe, je suis sûr que le problème d’eau serait réglé » poursuit-il. L’attente pour recevoir le précieux liquide peut effectivement durer jusqu’à deux mois.

Passage à l’énergie solaire en 2018

Parfois intolérable, cette situation ne devrait être qu’un mauvais souvenir d’ici 2018, année où l’unité qui carbure actuellement à l’énergie fossile passera à l’énergie solaire. Un accord a été signé entre l’assemblée régionale de Rodrigues et les promoteurs, dont les sociétés Mascara et Quadran. Cette dernière porteuse du projet, utilise une technique novatrice dans le domaine du dessalement d’eau de mer, développée par la société Mascara. Une première dans l’océan Indien, l’électricité nécessaire au dessalement de Caverne Bouteille sera ainsi produite par le soleil et ce, sans batterie de stockage. La mise en place de cet équipement permettra d’apporter une réponse au problème que connaît Rodrigues quant à l’alimentation de sa population en eau potable, sans émission de gaz à effet de serre. Le dessalement se fera par osmose-inverse, un système de purification d’eau de mer permettant de piéger le sel et les impuretés lorsqu’elle passe à travers une membrane. Seules les molécules d’eau peuvent la traverser, fournissant ainsi de l’eau douce.

Sur les trois stations de dessalement de l’île, celle de Songes est opérationnelle à 100% avec une capacité de production quotidienne de 500 m³. Celles de Pointe Vénus et de Caverne Bouteille n’opèrent qu’à 50% de leur capacité optimale, car elle ne sont pas complétement équipées. Mais combinée, leur production atteint les 1000 m³.

Selon Marc Vergnet, président de la société Mascara, la station de Caverne Bouteille va produire 80m3 d’eau par jour et utiliser 60 kilowatts (kW) d’énergie issue des panneaux solaires. Pour Gaël Vallée, représentant de Quadran, l’idée est de proposer un projet innovant, ne  consommant plus de diésel, autonome en énergie et qui pourrait être reproduit ailleurs. Les promoteurs, qui espèrent réussir ce projet comme ceux de l’éolien, le considèrent comme étant un bel exemple pour Rodrigues et un immense exploit pour toutes les petites îles de l’océan Indien.

 

Un projet qui en appelle d’autres

Financé à hauteur de Rs 26 millions par l’Union Européenne, le projet s’insère dans le programme COI-Energies et dans le cadre des accords de Paris 2015 sur le climat. Rodrigues est appelée à connaître d’autres changements majeurs avec la création d’un éco-village à Rivière Cocos qui sera alimenté en énergie solaire et la mise en place de bio-digesteurs pour la gestion de déchets ménagers organiques pour 150 familles de l’île.

 

CEB recherche producteurs d’électricité

Après la première phase du plan lancée en septembre 2015, le Central Electricity Board a lancé la deuxième étape du Small Scale Distributed Generation (SSDG) qui vise à valoriser l’énergie solaire en incitant les particuliers à produire leur électricité et de reverser les unités produites en surplus sur le réseau national. Réservé uniquement aux particuliers, ce plan permettra au CEB d’intégrer 2 Mégawatts (MW) d’électricité sur le réseau à travers un millier de petits producteurs. Les personnes intéressées voulant faire l’acquisition de panneaux photovoltaïques devront s’adresser directement aux fournisseurs d’équipements. Ce sont eux qui feront une étude de la situation et du besoin énergétique quotidien du demandeur. Les équipements peuvent être facturés à plus de Rs 100 000, mais la maintenance de l’onduleur – qui fournit le courant alternatif – et celle des panneaux est quant à elle offerte. Ceux qui veulent se lancer dans ce projet peuvent contracter un emprunt auprès des banques susceptibles de financer en partie ou partiellement les équipements en fonction de leur capacité de production. Le remboursement de la TVA (15%)sur l’équipement par la Mauritius Revenue Authority a également été évoqué.

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