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Île Maurice
mercredi, avril 17, 2024

Se marier à l’île Maurice… Rêve ET réalité !

Si partout dans le monde, l’union conjugale se rêve et se prépare avec les meilleurs soins, dans l’unique but d’en faire le plus beau jour d’une vie, elle revêt à Maurice une particularité, celle de s’inscrire dans la multiethnicité du territoire, ses rites culturels et religieux. Le dossier de mai se consacre aux coutumes maritales au sein des diverses communautés de l’île ; quatre couples ont accepté de nous en expliquer les caractéristiques.

Depuis toujours, au-delà d’un engagement contractuel établissant la structure familiale, d’une institution civile et/ou religieuse, le mariage représente un acte solennel qui unit deux personnes dans l’amour, la protection, la projection… quelles que soient leur culture et religion. Bien que définissant des valeurs universelles, il prend la forme de rituels bien différents d’une communauté à l’autre.

Jenita et Vikram

La cérémonie du mariage fait encore partie de ces traditions de la culture hindoue qui se transmettent de génération en génération. Jenita et Vikram, d’abord amis, ont réalisé après un an et demi que le profond sentiment qui les animait était de l’amour ! « Le grand amour », corrige Jenita. Ils se sont alors mariés… dans le respect des coutumes. « La vie des filles de confession hindoue est paramétrée et dirigée par leur famille ! Elles se sentent souvent étouffées », me confie Jenita, sans amertume aucune, avant d’ajouter : « Cette union représentait beaucoup pour moi ! Je savais que Vikram était l’homme de ma vie, mon éternel soutien moral et contributeur à mon épanouissement. »

Accompagnés de leurs parents, Jenita et Vikram se sont rendus chez le pandit (prêtre hindou), pour déterminer le jour précis du mariage, selon des croyances astrologiques reliant dates de naissances, phases de la lune, etc. Pour financer le grand événement, le couple s’est appuyé sur ses économies. Aux familles et amis, diverses tâches ont naturellement été déléguées : « Généralement, les hommes confient aux hommes, les femmes aux femmes. »

Jenita n’a pas vu son mari pendant les deux semaines précédant le mariage. « On s’est écrit quelques messages, sans se parler, ni se voir… pour entretenir l’impatience de se retrouver ! »

Le cérémonial hindou s’étale sur plusieurs jours très festifs. Chacun de son côté, entouré de ses proches, vit une série de rituels mêlant codes vestimentaires spécifiques et repas traditionnels. Le rite du henné – la première étape – équivaut à l’enterrement de vie de jeune fille et symbolise son changement de statut. Une pâte est appliquée sur les mains et les pieds de la promise, lui assurant prospérité et fécondité. Vient ensuite le geet gawai, « la danse des vieilles dames », où l’on fait venir un groupe de danseurs pour enflammer la piste jusqu’au petit matin. « C’était le vendredi… j’ai fait la fête chez moi avec tous mes proches jusqu’à 4 heures ! », raconte Jenita avec entrain, avant d’évoquer le haldi du lendemain. « Durant cette cérémonie, les garçons sont en beige ou blanc et les filles en jaune. Le safran vert est écrasé par un proche et appliqué sur la peau pour lui donner de l’éclat. C’est une purification pour son mari ou sa femme ! ». Les chants et prières durent plusieurs heures et le rituel se termine par les sept caris végétariens servis aux convives. Jenita l’a vécu sur le toit de la maison familiale, sous un immense chapiteau. Vikram était chez lui avec ses proches. La cérémonie officielle du dimanche a sacré le mariage. S’il est d’usage que l’homme se déplace pour épouser la fille chez elle, Jenita ne pouvait recevoir 200 convives ! Elle a donc trouvé à Rose Belle un temple hindou et sa grande salle attenante. Jenita évoque enfin le rituel post-mariage : « Une semaine après, maman, mes frères, ma grand-mère… sont venus me chercher pour passer deux nuits chez eux. J’ai pu leur raconter les débuts de ma nouvelle vie, mes cadeaux, ma lune de miel à Rodrigues, etc. » 

À l’évocation des temps forts, je ressens l’entrechoc des émotions. « Quand j’ai quitté la maison, tout le monde avait les larmes aux yeux. J’étais heureuse, bien sûr, mais ça me déchirait le cœur de devoir quitter le nid après trente ans passés chez ma maman. Je réalisais que je partais m’installer avec mon mari, son jeune frère et sa mère. »

Chloé et Didier

Chloé vit actuellement chez sa maman à Rivière du Rempart, Didier chez lui à Sainte Croix. Les deux tourtereaux se connaissent depuis sept ans et se « préparent psychologiquement depuis l’an dernier » au sacrement du mariage. La cérémonie civile aura lieu le 31 octobre prochain, la cérémonie religieuse catholique est programmée au 26 juillet 2024.

Pour eux, l’acte solennel représente la concrétisation de leur amour et les vœux sont primordiaux : « Le sacrement du mariage est le seul que l’on se donne l’un à l’autre ». J’apprends que leurs familles respectives sont nombreuses et que les jeunes ont eu beaucoup de difficultés à s’accorder sur le nombre d’invités, comme sur l’endroit. « Cela a causé beaucoup de tensions ! Pour le lieu, on a pris énormément de temps, obtenu plusieurs cotations dans différents restaurants et salles de réception… et on a finalement décidé de faire la cérémonie chez moi, suivie d’un dîner en famille. » Chloé est difficile et exigeante, le choix du traiteur est donc encore compliqué. « Nous avons déjà testé deux restaurants et en prévoyons d’autres ! »

Lorsque je demande si les parents interviennent dans leurs décisions, Chloé répond que même s’ils sont suffisamment indépendants, ils n’hésitent pas à solliciter leurs proches, en raison de leur jeune âge. Comprenant que Chloé est méticuleuse et organisée, je m’intéresse aux détails de l’événement, surprise qu’autant de choses soient déjà parfaitement planifiées à plus de cinq mois de la date. « Je suis une personne assez minutieuse, j’aime m’occuper moi-même des choses, pour qu’elles soient faites à ma façon », m’explique Chloé. Le thème sera « Chic et doré ». Les fleurs et la décoration seront sous la responsabilité de sa belle-sœur, d’après des photos soigneusement sélectionnées. Les alliances ont été choisies sur Pinterest pour être réalisées par un bijoutier, tout comme les modèles de la robe et du costume qui seront confectionnés chez une couturière et un tailleur. Le choix de l’église est induit, puisque la tradition catholique veut que le lieu de culte soit celui de la paroisse de la fille, et la préparation religieuse a déjà été accomplie, divisée en sept sessions sur deux mois. « Nous avons beaucoup appris sur nous-mêmes et sur l’autre, cela nous a aidés à nous améliorer, pour vivre en harmonie. On n’est pas toujours d’accord sur tout, mais on apprend à faire des compromis. C’est en vivant ensemble qu’on saura tout de l’autre ! »

Cinquante convives seulement seront présents au mariage civil, car toute la famille (arrivant même de l’étranger) assistera à la cérémonie religieuse l’an prochain. Les enterrements de vie de jeune fille et jeune garçon sont prévus juste avant la date, quant au voyage de noces, il s’effectuera dans un hôtel du sud ou de l’est. Pour Chloé, « cette journée doit être spéciale, unique et harmonieuse… car c’est aussi l’union de deux familles ».

Zahra et Ilshad

Zahra et Ilshad, de confession musulmane, se sont mariés presque six ans après leur rencontre. Si pour elle le mariage figurait « une nouvelle aventure », pour lui, il représentait « une grande responsabilité ». Plusieurs réunions familiales ont fixé les détails de l’organisation et le nombre de convives à 250 ! « Même si je voulais un mariage simple, j’ai quand même opté pour une cérémonie traditionnelle, la robe toute blanche, le voile, le henné, etc. »

Zahra a enterré sa vie de jeune fille une semaine avant le grand jour et en garde un souvenir mémorable ! « Avec mes amies, j’ai réalisé un magnifique baptême de plongée à Belle Mare. Par contre, je suis ressortie avec les jambes et les bras super bronzés ! », m’avoue-t-elle honteuse en riant.

Le mehndi – la cérémonie du henné – représente (comme dans le mariage hindou) l’enterrement traditionnel de vie de jeune-fille et protège contre le mauvais œil, la jalousie… Tandis que la famille applique le tatouage sur la mariée, l’époux fait livrer des cadeaux pour le grand jour : bijoux, vêtements… « Le mehndi a eu lieu le jeudi soir, chez moi à Goodlands, suivi d’un briani et de gâteaux sucrés et salés. Ma robe de mariée m’a été offerte par mon époux ! »

La cérémonie religieuse du lendemain, le nikah, symbolise l’union. Elle s’est déroulée un vendredi, jour sacré pour les musulmans, à la maison et en présence d’un imam. La mariée portait l’habit traditionnel, le lehenga, offert par sa belle-mère. « On habitait une belle maison avec une grande cour, alors mon papa voulait que sa fille aînée se marie sur place. Nous avons tout décoré, mis des lumières sur les cocotiers… c’était magique ! Avec ma robe blanche, j’étais comme une princesse ! » Zahra me confie que la cérémonie a même été retransmise en directe pour les proches résidant en France. « Mon époux était plutôt relax, moi un peu triste de quitter ma famille et mes sœurs avec qui je vivais encore, pour une vie d’adulte ! » Zahra est ensuite rentrée avec son époux chez lui, où ils ont été accueillis par ses proches, lors d’une autre réception arrosée aux mocktails (puisqu’ils ne boivent pas d’alcool). La jeune femme se souvient avec nostalgie de la session photos by night qui a suivi, au Caudan, entourée de ses sœurs et des frères d’Ilshad, ainsi que du voyage de noces d’une semaine à Rodrigues.

L’un des rituels maritaux musulmans est le don fait par l’époux à sa femme : le mahr. Cette offrande nuptiale – voiture, argent, bijoux… – garantit la « survie » de l’épouse durant quelques mois, en cas de malheur : maladie ou décès de l’époux. Notons que selon les prescriptions de l’islam, l’homme n’a pas le droit de toucher au patrimoine de la femme.

Aujourd’hui, Zahra et Ilshad sont les heureux parents d’une petite Aliza de 7 mois.

Virginie et Rémy

Lorsque je rencontre le couple de vacanciers au Lagoon Attitude, ils sont en voyage de noces, mariés depuis trois jours, ici-même ! Ensemble depuis huit ans, Virginie et Rémy sont tous deux divorcés. Le simple souhait pour Virginie d’être sa femme, sans folklore ni artifices, peu importe où – sur une île déserte, pourquoi pas –, a séduit Rémy. « Après de gros mariages en France avec plus de 130 personnes, dont des cousins qu’on ne revoit jamais, on avait envie d’autre chose ! », m’avoue-t-il.

Fiancés en avril 2022, ils organisent d’abord la cérémonie laïque qui aura lieu près de chez eux en septembre prochain, avant de trouver une île paradisiaque où leur mariage sera reconnu, puisque ce n’est pas le cas partout. Leur choix se porte sur Maurice et, avec le support d’une agence de voyages spécialisée, le séjour est réservé : une semaine au Lagoon Attitude et un forfait mariage qui promet de bien belles surprises !

« On achète une formule, complétée par des prestations à la carte, telles que les fleurs, la coiffure, le maquillage… mais rien n’est encore concret ! », me confient-ils, avant de raconter en détail le support efficace de chaque intervenant autour du projet. De la constitution préalable du dossier administratif et sa transmission à l’ambassade de France à Maurice, jusqu’à l’accueil à l’hôtel par Kevin et Carine, en charge de toute l’organisation (préalable et sur place). Les époux me confirment que le lien bien huilé entre tous les protagonistes est sécurisant ; tous les déplacements en taxi vers les bureaux de l’état civil à Port Louis et Rivière du Rempart (le district) étaient déjà calés. 

À J-3, un rendez-vous avec le binôme a ciselé l’événement – autour d’un verre et d’une sincère bienveillance – et permis à Virginie et Rémy d’ajouter les services d’un photographe. Les témoins ? Kevin et Carine, bien sûr ! « Tout était parfait, au-delà de ce qu’on imaginait ! L’équipe s’est réellement investie. Le jour J, l’adorable Kevin a personnellement repassé la robe et le costume, Carine a photographié et filmé la cérémonie qui a pu être directement envoyée aux proches en France. Et lorsque l’officier de l’état civil a commencé son discours à 17 heures, à l’abri car il pleuvait, Kevin est arrivé comme dans un film, en criant Stop ! On arrête tout ! Il ne pleut plus, on réinstalle tout dehors ! Et on a pu refaire notre entrée sur la plage et vivre la magie de l’instant ! »

Chaque prestation a pu être choisie : musique, fleurs, dîner langouste sur la plage, etc. « On s’est laissés guider avec confiance et le résultat était au rendez-vous ! Après la cérémonie, Rémy a ouvert la bouteille de champagne, nous avons coupé le gâteau, bu une coupe avec l’équipe et dansé sur la plage avec les maurichiens. »

Des souvenirs marquants, Virginie et Rémy en ont pléthore ! La vraie gentillesse des Mauriciens « qui prend aux tripes ». Les excursions fabuleuses. Les rencontres… comme ce résident, ancien choriste de Jean-Jacques Goldman, qui a interprété pour eux sur l’île aux Cerfs You Raise Me Up de Josh Groban et a fait pleurer Virginie. « C’était deux jours avant le mariage, nous n’avions pas encore choisi la chanson pour la cérémonie, ce fut celle-ci ! »

La Maison Lionnet, dirigée par la créatrice Véronique Lionnet, nous plonge dans l’univers feutré de la haute couture et du mariage. Atelier, boutique, maison familiale aux multiples facettes, l’adresse au cœur de Rose Hill est bien connue des Mauriciens, puisqu’elle existe depuis près de quarante ans. Véronique et son équipe confectionnent sur mesure la robe de vos rêves, dans le luxe et le détail, l’élégance et le savoir-faire. Initiée par Pierre Laurent, le maître de la haute couture à Maurice qui a fait des coupes et finitions parfaites sa signature, Véronique maîtrise aujourd’hui la technicité et le raffinement de ses créations.

À Tamarin, le Yemen Pavillon – et ses quatre hectares de jardins et arbres centenaires – offrent un lieu de réception magique ! Ses 650 mètres carrés d’espaces (dont 425 sont couverts) peuvent accueillir 300 convives assis pour festoyer… jusqu’à 3 heures du matin ! Une cuisine équipée et fonctionnelle complète ce lieu d’exception niché au cœur de la réserve naturelle du Yemen déployant ses 3400 hectares de nature sauvage ! Sur le domaine, le Yemen Lodge, perché à 180 mètres d’altitude est une idée originale pour la nuit de noces qui séduit par sa vue splendide sur la côte ouest et son calme absolu !

Contemporains, originaux, intemporels… les bijoux Oceano Pearls combinent l’inspiration océanique de la créatrice mauricienne Harriet Batchelor ; la tradition des beautés italienne, française… inspirées de ses nombreux lieux de vie ; la qualité des matériaux (perles véritables, vermeil d’or…), le savoir-faire qui habille les artisans de l’atelier du sud de l’île. La marque locale émergente lance une collection mariage.

Gimme your dress est un dépôt-vente en ligne, né en 2017 de l’idée de proposer aux futures mariées l’achat ou la location de robes d’occasion, elles-mêmes mises en ventes sur ladite plateforme (web et Facebook). Ainsi dépoussiérées, les robes de princesse trouvent une seconde vie et offrent aux Mauriciennes une chance de porter le modèle rêvé en réalisant de conséquentes économies (jusqu’à 70%), le tout dans une démarche écoresponsable.

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