Le 18 mars dernier, la vie telle que nous la connaissions à Maurice a été suspendue en raison de la pandémie qui a gagné le monde. Les artistes mauriciens, eux ne se sont pas laissé impressionner. Il en faut beaucoup plus pour leur faire peur. Même confinés chez eux, ils n’ont jamais été aussi créatifs. Quelle que soit la discipline, de la peinture au slam en passant par la musique et la photographie, les talents locaux n’ont pas chômé. On vous en donne la preuve. Reza Dulymamode

Les slameuses mauriciennes au sommet de leur art

Du 19 au 23 mai derniers a eu lieu la Coupe du Monde de slam. Malgré les conditions exceptionnelles causées par la crise, les poètes ont répondu présent. Les participants se sont affrontés via la plateforme Zoom et leurs performances ont été relayées sur les réseaux sociaux. Kelly Darnelle, représentante de Maurice, s’est hissée jusqu’en demi-finales pour la plus grande joie de ses compatriotes qui ont été nombreux à la suivre. Pour la jeune fille, ce moment restera gravé à jamais dans sa mémoire même si la finale lui a échappé. Mais avant que les grands n’entrent en scène, ce sont les plus jeunes qui ont ouvert le bal. Dans la catégorie inter collèges et lycées, Deesha Ramgoolam, 16 ans et Jade Kameereddy, 12 ans, se sont retrouvées en finale. L’aînée l’a finalement emportée et sa dauphine fait déjà figure de véritable prodige du slam. Deesha a participé pour le plaisir avant tout et ne s’était jamais imaginé remporter le titre. Jade connaît pour sa part une ascension épatante. Ces filles sont la preuve que le slam a aujourd’hui plus que jamais sa place dans le paysage culturel mauricien.

Les musiciens nous transmettent un message d’espoir

En pleine période de confinement, des amis musiciens locaux prennent l’initiative de faire une reprise du titre emblématique du célèbre John Lennon, « Imagine » dans un style rock. Ce morceau symbolisant l’espoir et l’unité dans un monde utopique ne pouvait mieux tomber. En effet, durant ces jours incertains, beaucoup de Mauriciens se sont tournés vers la musique et les arts pour trouver refuge. A travers une vidéo où chacun joue de chez lui, les musiciens semblent s’être fait plaisir en continuant à exprimer leurs talents et en restant en contact avec leurs fans. Ainsi, on retrouve des membres des groupes Skeptical, The Bunker Rats, Xenolith, CrossBreed Supersoul, Apostrophe, REVOLT, Morigan, King of None et Unmind dans une seule et même vi-
déo. Mais ce n’est pas tout, des slameurs ont aussi été invités à la fête. On leur a fait une place et ils s’expriment eux aussi sur l’amour, l’égalité et l’union. Stewelderson Aaron, 10G13, Kate Bagwan et Yannick Edouard ont rejoint cette bande de rockeurs pour nous transmettre un beau message d’espoir.

Une exposition digitale visant à relier les hommes entre eux

Prenant conscience du besoin qu’avaient les artistes de continuer à s’exprimer et à partager leur passion, l’équipe de la galerie Imaaya de Phoenix a mis en place une exposition virtuelle baptisée Homegrown. Plusieurs artistes mauriciens, qu’ils soient dessinateurs, artistes peintres ou encore photographes ont choisi de jouer le jeu. Résultat, depuis la mise en ligne de projet Homegrown le 27 mars dernier, une grande quantité d’œuvres a été exposée. Et plusieurs d’entre elles ont été vendues. D’une certaine façon, les artistes se sont retrouvés dans des conditions idéales et propices à la création. Le confinement a réduit leurs occupations extérieures et leur a permis de se recentrer sur leur travail. La productivité et la qualité sont donc au rendez-vous dans cette exposition unique en son genre. On retrouve notamment des œuvres d’Alix Le Juge, Khalid Nazroo, David Constantin et Evan Sohun, entre autres. Suite au succès du projet et au nouveau mode d’expression proposé aux talents, la continuité de Homegrown est à envisager et d’autres artistes devraient bientôt proposer leurs travaux.

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