Chaque 1er février, les Mauriciens ont une pensée spéciale pour leurs ancêtres, d’origines africaine et malgache, qui ont connu les affres de l’esclavage. Cette activité était légalement pratiquée dans notre pays jusqu’en 1835. Le 181ème anniversaire de l’abolition de l’esclavage à Maurice, sera commémoré ce lundi 1er février 2016. C’est l’occasion de replonger dans cette terrible période de l’Histoire.

Petite histoire de Maurice

Les premières mentions de l’ile viennent des arabes quelques centaines d’années avant le 16ème siècle. À cette époque, des explorateurs portugais découvrent trois îles dans l’océan Indien qu’ils baptisent les îles des Mascareignes, sous le nom de l’explorateur portugais Pedro de Mascarenhas. Les trois îles, constituent l’archipel des Mascareignes : l’île Maurice, la Réunion et Rodrigues.

L’arrivée des Hollandais

Les premières traces de l’installation de l’homme sur l’île proviennent des Hollandais qui débarquent en 1598. Ils nomment l’île perdue de l’océan Indien, île Maurice, en hommage à leur prince, Maurice de Nassau. Les Hollandais introduisent la canne à sucre, les cerfs et les singes sur l’île. En retour, ils abattent le précieux bois d’ébène pour l’exportation et chassent les animaux endémiques. Nous retenons particulièrement l’extinction du Dodo, mais il n’est pas prouvé que l’homme soit la seule cause de l’extinction de cet oiseau endémique.

Les Hollandais abandonnent l’île en 1710. Les raisons de leur départ reste encore à être déterminée : peut-être est-ce dû à une diminution du bois d’ébène, à un manque de nourriture facile ou encore à cause des cyclones, inondations et périodes de sècheresses.

Sous le règne des Français

Cinq ans plus tard, les Français débarquent et rebaptisent le pays sous le nom de l’Isle de France. Ils sont sérieux quant à leur occupation de l’île, qui prend une importance géopolitique croissante, grâce à sa position avantageuse sur la route maritime vers l’Inde.

En 1765, le commerce des esclaves est développé par les colons français qui en importent de la côte de l’Afrique orientale. Les premiers esclaves de l’île Maurice étaient essentiellement originaires de Madagascar, durant la colonisation hollandaise. À leur arrivée, les Français privilégient également l’esclavage pour le développement de l’île. Tout et comme les Hollandais, ils utilisent dans un premier temps des esclaves malgaches. Cependant, ils se rendent rapidement compte que l’amour des Malgaches pour la liberté ne profite pas à leur exploitation. Ces derniers s’évadent dès qu’ils en ont l’occasion et se regroupent dans la forêt pour former des groupes de « marrons » (esclaves en fuite). Ils se livrent, par la suite à des actes de brigandage.

Pour pallier cette situation, l’administration coloniale décide de s’approvisionner avec des esclaves en provenance du Mozambique, qui sont jugés plus dociles, robustes, laborieux et en plus, ils n’ont aucune velléité d’évasion. À leur arrivée, les esclaves du Mozambique, en particulier ceux de l’ethnie makwa-lomwé, font forte impression et sont très appréciés, au point qu’un gouverneur français dira d’eux : « … il n’y a que les esclaves de la côte du Mozambique qui conviennent… ».

Néanmoins, les administrateurs coloniaux diversifient leurs sources d’approvisionnement avec des esclaves en provenance de l’Afrique de l’Ouest, principalement originaires du Sénégal et de la Côte d’Ivoire. À ceux-ci s’ajoutent des esclaves indiens originaires, pour la majorité, du Bengale. Ils sont très appréciés pour leur docilité, leur fidélité et leur intelligence. Quoique jugés peu aptes aux travaux des champs, les Indiens sont en revanche très prisés pour les travaux domestiques ou les tâches demandant du sens et du raisonnement.

L’île sert également de refuge et de base de ravitaillement aux navires qui font route vers l’Inde de l’Europe. A cette époque, les Français et Anglais sont occupés à conquérir l’Inde. Ainsi, quiconque possédera Maurice aura un clair avantage sur cette route maritime. Un programme de développement ambitieux débute sur l’île, sous le règne du gouverneur Mahe de la Bourdonnais. Les forêts sont décimées pour faire place à la culture de la canne à sucre et à bâtir les routes. Le port principal de l’île est bougé au nord-ouest, à Port-Louis.

Les attaques britanniques sur l’île se multiplient en parallèle à l’importance politique croissante de l’île. Les colons français bâtissent des défenses autours de l’île, dont certains sont encore visibles à ce jour. En août 1810, les anglais lancent une attaque ambitieuse à Grand-Port (le port historique) au sud-est du pays pour conquérir l’île. L’attaque finit en désastre.

La conquête des Anglais

Les Anglais ne baissent pas pour autant les bras et retournent à la fin de la même année, plus précisément en décembre 1810, au Nord de l’île avec une attaque victorieuse. Ils prennent possession de l’île et la renomment île Maurice. Suite au traité de Paris, les Anglais permettent aux colons français de garder leur religion, leur langue et leur culture. Aujourd’hui, malgré le fait que la langue anglaise soit la langue officielle du pays, le français est la deuxième langue la plus parlée à Maurice, après le Kreol Morisyen (créole mauricien).

Les Français avaient développé l’île grâce au dur labeur et à la sueur des esclaves. Les Anglais poursuivent l’esclavage pendant quelques années. Ce n’est que le 1er février 1835 que l’Angleterre abolit finalement l’esclavage à Maurice et considère ce commerce comme étant illégal. Alors que l’abolition en France est, quant à elle, issue d’un long processus qui demandera plus d’un siècle. Sous les Anglais, la main d’œuvre pour le développement de l’île et le travail dans les champs de canne provient de l’Inde et de la Chine.

Une île Maurice libre

La route vers l’indépendance débute en 1948, année des premières élections générales. Le Conseil Législatif nouvellement créé se réunit pour la première fois. Un système ministériel est introduit en 1950 et des changements constitutionnels ont lieu tout au long des années 60. Après les élections générales de 1967, une nouvelle constitution est adoptée, qui aboutira à l’indépendance de l’île Maurice un an plus tard, soit le 12 mars 1968.

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