Ce photographe belgo-mauricien a initié l’exposition «Cité mécanique» tenue ici en 2017 ou encore celle des 10 ans anniversaire du musée réunionnais La Saga du rhum, début 2018. Sous d’autres cieux, il fait maintenant l’actualité d’une ville moyenne russe, via l’exposition de ses clichés au musée du cosmos de Kaluga, «Fly me to the Moon». 

Axel qui est basé à Maurice est un photographe voyageur, mu par un objectif louable, celui de recueillir dans son viseur la mémoire du patrimoine, fil conducteur de son travail. Parmi ses oeuvres phares, figurent des pièces remarquables comme une Norton de 1939, moto de Che Guevara photographiée à Cuba à l’issue d’une rencontre avec son fils ou encore, le saxophone d’Adolphe Sax exposé au Musée des Instruments de Musique à Bruxelles… Photographier des objets fortement symboliques, le porte vers des contrées souvent lointaines et parfois improbables.

Un fou d’aéronautique et de cosmonautique

Pourquoi la Russie cette fois… ? « Je suis un fou d’aéronautique, une passion dont je n’ai pu faire mon métier mais qui m’a quand même fait pilote d’un petit avion de tourisme », sourit-il. Bien placé pour savoir que 2019 célèbrera bientôt le cinquantenaire de l’histoire de la conquête spatiale, l’idée d’aller photographier les pièces rares du musée du cosmos en Russie germe… L’Ambassadeur de Russie à Maurice avec lequel il s’entretient, s’enthousiasme pour ce projet original et lui fait ouvrir les portes nécessaires. C’est ainsi qu’Axel a eu cette année l’immense privilège de photographier les pièces de collection du Musée Tsiolkovsky, à Kaluga, premier musée au monde dédié au cosmos et dont la première pierre a été posée par Youri Gagarine en 1967. 

« Le monde a toujours appréhendé l’histoire de la conquête spatiale par le prisme américain. Ils ont été les premiers à poser le pied sur la lune, certes, mais toutes les premières fois de l’histoire de la conquête de l’espace sont détenues par les ex-soviétiques, Youri Gagarine étant le premier homme lancé dans l’espace, Valentine Terechkova, la première femme… », sourit Axel.

D’ailleurs, la maison dans laquelle se trouve le musée de Kaluga n’est autre que celle de Constantin Edouardovitch Tsiolkovski, un scientifique considéré comme le père et le théoricien de la cosmonautique moderne.

Axel Ruhomaully lors du lancement officiel de son exposition au musée du cosmos de Kaluga, en avril dernier

Une exposition non prévue au départ

Séduites par la qualité de ses clichés, la directrice du musée décidera finalement de les compiler en une exposition qui a été officiellement lancée en présence du photographe le 12 avril dernier, journée de la cosmonautique en Russie et, prolongée jusqu’en juin au lieu de mai. Axel fait alors le buzz sur les médias locaux, tant sur les plateaux télé que sur les antennes radio, interrogé sur cette question : de quelle façon un photographe issu d’un petit pays de l’océan Indien a eu l’idée de venir photographier le patrimoine russe… « Cela a suscité la curiosité… » admet-il. Bonne nouvelle, les 15 images de l’exposition du musée Tsiolkovski migreront dans le sens Russie-Maurice au mois de novembre de cette année. Un projet définitivement validé que le photographe se félicite de présenter bientôt au public mauricien.

Tirées sur Canson, numérotées et certifiées

Valoriser, préserver la mémoire des lieux et des objets d’exception, est, sur le fond, le moteur de l’engagement d’Axel Ruhomaully. Sa patte, elle, est identifiable à son minutieux travail de lumière en mode ‘clair-obscur’. Un procédé photographique qui consiste à déclencher l’appareil par créer un fond noir et, par une série de coups de flash successifs (entre 200 et 250) de révéler la matière et les couleurs du sujet… Chacun de ses tirages – numéroté et livré avec certificat – est ensuite contre-collé sur une plaque d’aluminium et encadré en caisse américaine. A la demande d’Axel, l’équipe du musée de Kaluga est allée jusqu’à Moscou chercher le papier Baryta Prestige Canson pour le tirage des photos “Fly me to the Moon”… Du grand art.

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