Naviguer dans les eaux mauriciennes est un plaisir exceptionnel. Nos magnifiques lagons, les îlots facilement accessibles, devraient faire de notre île une référence en matière de plaisance. Ce n’est pourtant pas le cas, car ce loisir n’est pas forcément si aisé à pratiquer. La législation est, en effet, suffisamment complexe qu’elle décourage certains plaisanciers.

Cela peut surprendre mais, à Maurice, le plaisancier qui cherche à faire enregistrer son bateau est, d’abord et à priori, suspect… La grande crainte des autorités (qui ont dû être confrontées régulièrement à cette situation), c’est que, derrière ce loisir, se cache, en fait, une activité commerciale. Du coup, et pour limiter les risques, les règlements prévoient qu’un plaisancier ne puisse posséder qu’un seul bateau! Une fois cette règle admise, et le bateau en votre possession, il vous faut encore procéder à son enregistrement. Cette démarche s’effectue au Registrar General et ne vous pourra être réalisée qu’avec l’attestation d’une assurance couvrant la durée de l’enregistrement… comme une voiture.

« PPC-OL» ou « PPC-IL »

Mais ce n’est là qu’une procédure préliminaire. Car il vous faut, maintenant, obtenir une licence pour le bateau. Et c’est une autre administration, la Tourism Authority qui la délivre. En tant que véritable plaisancier n’ayant aucunement l’intention de vous livrer à une quelconque activité lucrative, vous postulerez à l’obtention d’une licence « PPC », pour Private Pleisure Craft (bateau privé de loisir).

Pour autant, votre parcours administratif ne s’achèvera pas là: il vous faudra déterminer si vous entendez rester dans le lagon ou si vous envisagez, même occasionnellement, d’aller naviguer au-delà des récifs… Dans ce dernier cas, votre bateau devra être muni de deux moteurs (l’un pouvant être bien moins puissant que le moteur principal, et servant seulement de motorisation d’urgence, en cas de panne). Votre bateau sera lors immatriculé « PPC-OL » – pour Outside Lagoon (hors lagon)

Si vos ambitions sont plus limitées et que vous êtes certain de rester dans le lagon, vous n’aurez pas besoin de moteur supplémentaire, et votre immatriculation portera la mention IL.

En créole, anglais ou français

Si vous avez acheté votre bateau neuf, à un constructeur local, qu’il s’agisse d’un charpentier de marine de Grand-Gaube ou d’un chantier naval renommé, vous devez vous assurer que le vendeur dispose bien d’une licence de constructeur et que votre bateau est muni du certificat de construction locale… Dans le cas d’un achat de seconde main, assurez-vous que votre embarcation a bien été soumise à une inspection technique dans les délais prévus. En effet, et comme sur les véhicules automobiles, les bateaux sont soumis à des contrôles techniques réguliers!

Et si votre bateau est importé, il devra être certifié par un organisme tel que la célèbre Lloyd’s.

Une fois toutes ces démarches accomplies, vous voilà propriétaire officiel d’un bateau de plaisance. Mais vous n’aurez le droit de le barrer que si vous êtes titulaire d’un permis. Il peut s’agir d’un permis étranger (à condition qu’il ait été obtenu dans un pays dont les procédures sont acceptées par les autorités mauriciennes). Mais on peut, bien évidemment, passer, ici, la Skipper Licence. Il s’agit d’une formation dont les modules sont dispensés en trois langues (au choix du candidat): créole, anglais et français.

Le plaisir de naviguer peut très bien s’accommoder d’une embarcation modeste.

Pas plus de 48h au mouillage

Maintenant que vous voilà diplômé, certifié et enregistré, vous êtes prêt à naviguer… Mais il n’y a pas (ou si peu) de mouillages que, comme beaucoup, vous fabriquerez un corps mort (qui a toutes les chances d’écraser le corail) pour laisser votre bateau à l’eau en permanence et venir naviguer quand vous en aurez envie… Et vous voilà, du même coup, hors-la-loi, car la législation stipule que votre bateau ne peut rester au mouillage que 48 heures! L.D.

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