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samedi, juin 15, 2024

Curepipe de ses décombres

L’hôtel de ville de Curepipe est, avec le Plaza et le Théâtre de Port-Louis, un joyau du patrimoine national. Mais paradoxalement, ces bijoux d’architecture coloniale ont tous souffert d’une cruelle absence de maintenance par les administrations municipales. Le town hall était d’ailleurs surnommé « le patrimoine de l’horreur » jusqu’à sa reconstruction à partir de 2019…

Dominique Bellier

Fermés depuis 15 ans à Port-Louis et 20 ans à Rose-Hill, les deux théâtres aujourd’hui hors d’eau sont sortis des habitudes culturelles des Mauriciens, alors qu’ils en étaient les phares. En comparaison, l’hôtel de Ville de Curepipe, fermé depuis 2016, a vite retrouvé son intégrité, alors qu’il avait atteint un stade de décrépitude si avancé qu’il a fallu le reconstruire intégralement, souvent avec des matériaux neufs. Cet édifice est pourtant classé monument national depuis 1985.

Initié en février 2019, le chantier s’est conclu en février dernier et l’hôtel de ville flambant neuf a été inauguré en avril. Cette reconstruction, que le consultant Jayesh Desai nous présente comme « à 99% à l’identique », a veillé à reproduire le cachet d’origine, tout en consolidant au maximum les structures, devenues résistantes aux vents de 280 km/h. Ces renforts sont visibles au grenier et dans les combles. Un budget de Rs 148 millions a été voté pour ce town hall qui accueille désormais fonctions officielles, conférences et mariages.

La Malmaison de Moka

Ce bâtiment a déjà été reconstruit en 1902, lorsqu’Edouard Montocchio l’a vendu — avec tous ses matériaux d’origine — aux autorités curepipiennes. Avant d’être transférée, cette demeure coloniale cossue s’appelait la Malmaison et se dressait à Moka en face du Château Trompette, qui existe toujours. Elle a été démontée, réassemblée à partir de février 1902 dans la ville lumière, puis inaugurée en décembre par le gouverneur Bruce.

Maire de Curepipe en 1991, Amédée Darga a alors commandé une restauration pour le centenaire de la ville : « Tout a commencé par l’examen minutieux et la préservation de tous les bois précieux qui n’étaient pas abîmés. Pour les bardeaux de la toiture, nous avions fait venir des ouvriers d’Inde, car ce savoir-faire n’existait plus à Maurice. À cette époque, une équipe s’occupait de la maintenance. Le bâtiment pouvait être mal foutu mais pas au point où il est arrivé en 2016… »

Exposées aux intempéries, les colonnes de la varangue ont cette fois été refaites en béton spécial, à la place du bois qui s’abîme très vite. Lors de l’inventaire, des échantillons témoins de tout ce qui caractérise le bâtiment ont été préservés ; la règle étant soit de restaurer, soit de remplacer dans des matériaux similaires, comme ce fut le cas des cloisons, menuiseries, parquets et lustres du premier hall. Les deux grands miroirs et l’escalier en colimaçon en tek ont juste retrouvé leur patine. Et surtout, la toiture entièrement refaite de 70 000 bardeaux est revenue ajouter du bleu au ciel souvent nuageux de Curepipe !

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