Quelques institutions privées indiennes et britanniques ont été les premières à venir compléter l’enseignement dispensé par l’Université de Maurice de Réduit. C’était dans les années 2000. Depuis, en formation initiale ou continue, l’univers de la formation supérieure s’est engagée dans une véritable révolution. Pour enrayer le mouvement de fuite de cerveaux, se positionner comme destination phare pour des milliers d’étudiants africains…? Un peu des deux à la fois.

Depuis une décennie environ, le paysage de la formation supérieure à Maurice est balayé par une vague de dynamisme sans précédent. Très longtemps limitée au campus de Réduit, régie par le système anglo-saxon et qui couvre cinq facultés – lettres et sciences sociales, sciences, ingénierie, agriculture, droit et administration -, ou à l’étranger pour les étudiants, ou détenteurs d’une bourse, ou fortunés, la formation supérieure, ici, peut se targuer désormais de couvrir presque toutes les filières, qu’elle soient à visée académique ou professionnelle. Selon les dernières statistiques, sur les 10 000 bacheliers annuels à Maurice, 1500 à 2000 prennent la direction de l’étranger, 7000 s’inscrivent dans les universités publiques, les 2000 autres s’orientant vers des institutions privées, portés par des groupes particulièrement visionnaires.

De l’idée au concret

Tout démarre en 2012 lorsque les autorités mauriciennes émettent l’idée de positionner Maurice en tant que « knowledge hub », ou pôle du savoir, du continent africain, un formidable réservoir de potentialités avec ses 10 millions d’étudiants. Ce plan de développement, vise en effet à proposer Maurice comme alternative à ces étudiants en leur offrant des conditions administratives d’accès facilitées, un cadre de vie agréable sur un vrai campus universitaire, et des enseignements de qualité. Parmi les instigateurs les plus importants de l’évolution de la formation supérieure sur l’échelle de la qualité, le groupe Médine en est certainement l’illustration la plus criante, en ayant initié de multiples partenariats avec de grandes écoles françaises. L’autre référence privée avec laquelle compter dans le domaine de la formation supérieure est AIM (Analysis Institute of Management), filiale d’Analysis qui représente le groupe Kantar pour la région océan Indien. AIM s’est positionnée quant à lui uniquement sur la formation continue en partenariat avec deux universités françaises, l’IAE de Paris I La Sorbonne, et l’université de Dauphine. Par ailleurs, il existe sur l’île tout un choix de possibilités insoupçonnées.

Une offre particulièrement étoffée

On sait moins par exemple que Sciences-Po Aix au lycée La Bourdonnais IEP (Institut d’Etudes Politiques), propose une formation diplômante en 3 ans, un « Bachelor d’Etudes politiques de l’IEP d’Aix en Provence », ouvrant sur concours au Master de l’IEP d’Aix, ou d’autres universités européennes ou internationales. Ou encore que l’Université des Mascareignes, université francophone, en partenariat avec l’Université de Limoges  – qui couvre 3 facultés, banque et finance, développement durable et ingénierie, technologies de l’information et de la communication – dispense un enseignement bilingue, selon des cursurs professionnalisants et délivre 26 diplômes internationaux de niveau Licence. La Chambre de Commerce et d’Industrie de Maurice délivre, sous l’égide de l’Ambassade de France, des diplômes d’Etat francais – 3 Brevet de Technicien Supérieur (BTS) en gestion, en partenariat avec le Lycée La Bourdonnais et l’Académie de La Réunion, 1 Licence et Master 2 en sciences de gestion, en partenariat avec l’Institut d’Administration des Entreprises (IAE) de l’Université de Poitiers. Citons aussi l’Institut Charles Telfair de Moka, en cheville avec des universités australiennes – 4 facultés en finance et droit, éducation et communication, nouvelles technologies et management -, le Fashion Design Institute qui comme son nom l’indique forme au stylisme et aux arts graphiques, ou encore l’Institut de la francophonie pour l’entrepreneuriat. Avec diverses universités francophones, ce dernier délivre un diplôme en entreprenariat de niveau Master.

Rushmore Business School (cursus affaires, tourisme, ingénierie, architecture, bien-être, santé et sciences sociales) fonctionne aussi sur la base de partenariats avec plusieurs éta-
blissements à l’étranger (dont la France avec EBS Paris) selon la formation suivie. Les étudiants souhaitant s’envoler à l’étranger ont aussi également la possibilité de se tourner vers Campus France, l’organisme rattaché à l’Institut Français de Maurice et qui chaque année instruit les demandes de 350 à 400 prétendants au départ pour une université française.

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