La musique a une place importante dans la culture mauricienne. L’entraînant battement de la ravanne, du triangle, les rythmes de la trompette et de la basse résonne dans tout un chacun. Bercée par les rythmes qui lui viennent des civilisations occidentales, orientales et même africaines, l’île Maurice s’est vite ouverte à d’autres horizons et aux refrains d’ailleurs. Grâce à cette influence mondiale, le jazz s’est imposé comme un incontournable dans le répertoire mauricien. 

La Journée internationale du jazz, célébrée le 30 avril, est destinée à sensibiliser la communauté internationale aux vertus du jazz comme outil éducatif et comme force de paix, d’unité, de dialogue et de coopération renforcée entre les peuples. Cependant, le Jazz reste, avant tout, un style de musique qui a laissé son empreinte de génération en génération. Sa riche histoire est devenue, au fil des années, un vecteur de liberté d’expression et un symbole d’unité et de paix à travers le monde. Mélange constant d’improvisation et d’un cadre structuré, le jazz est la combinaison subtile de l’imaginaire et de la rigueur.

À Maurice, le jazz appelle toujours le souvenir du grand musicien, compositeur et arrangeur Ernest Wiehé. Il est considéré comme étant le précurseur du jazz à Maurice et a transmis sa passion à toute une génération de musiciens locaux. Judex Bamboche, fondateur et musicien du groupe Kreol Jazz Pionneers (KJP), a commencé à faire de la musique depuis l’âge de 12 ans et vit de sa passion depuis environ une trentaine d’année. « La musique a toujours été un élément rassembleur, peu importe le style. Elle est universelle. Lorsque j’en fais, on peut entendre l’influence de beaucoup d’autres styles. Il n’y a aucune barrière dans la musique. Rien ne m’empêche de prendre un morceau de Sega ou de reggae et de l’adapter au jazz. »

Jazz : un style unique et universel
Kreol Jazz Pioneers

 

Se frayer une place auprès de la jeune génération

L’on a parfois l’impression que le jazz est une musique peu compréhensible et réservée à une génération plus âgée. Cela dit, on le retrouve plus récemment avec la regrettée chanteuse britannique, Amy Winehouse ou le français, Ben l’Oncle Soul. Ainsi, la tendance est de faire un retour aux sources, dans la mesure où le tempo proposé répand un parfum de nostalgie tout en rythme. Selon Judex Bamboche, le jazz moderne, doit très vite entretenir le publique.  Sinon, on s’en lasse rapidement, à moins d’être habitué à ce style de musique. « Le jazz, de par le monde entier, touche entre 10% et 25% de la population. A Maurice, cela peut être entre 10% et 15%. C’est la raison pour laquelle, la plupart du temps, ce sont les mêmes personnes qui écoutent et pratiquent le jazz. »

Le Kreol Jazz

Chez nous, les jeunes artistes ne manquent pas d’inspiration pour trouver un style qui leur convient. De Bob Marley à Bruno Raya, en passant par Eric Triton, la plupart des jeunes artistes s’inspirent de différents styles musicaux tout en y ajoutant une teinte de couleur locale. « Le Kreol Jazz c’est, avant tout, pour se différencier des autres groupes ». Etant donné, que des milliers d’orchestres jouent du style musical de la Nouvelle Orléans, KJP devait se différencier des autres monstres du jazz. Le groupe s’est inspiré de ses  propres couleurs et influences.

Ayant une vision exposée au large répertoire musical du monde, les jeunes artistes mauriciens souhaitent apporter une nouveau visage et de nouvelles émotions à la culture musicale locale. Le pari semble réussi, car de plus en plus les groupes mauriciens aux styles divers se font connaitre et certains arrivent même à percer les barrières locales. Même si cet héritage a été préservé, le Jazz traditionnel tout comme la culture musicale dans son ensemble, a évolué à l’image du monde.

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