Cinq ans après l’introduction de la médecine palliative à Maurice, l’Unité des Soins Palliatifs Mère Marie Augustine franchit les murs de la clinique pour aller à la rencontre du grand public. Les 28 février et 1er mars prochains, la première Caravane des Soins Palliatifs posera ses valises à l’église Sainte-Anne de Stanley, Rose-Hill, avec une mission claire : ouvrir le dialogue sur cette approche du soin encore méconnue.
Souvent entourée d’incompréhension ou d’appréhension, la médecine palliative reste pourtant une réponse essentielle face à la maladie grave incurable. Ni acharnement thérapeutique, ni abandon, elle incarne ce que l’équipe appelle le « juste soin » : accompagner le patient dans toutes ses dimensions – physique, émotionnelle et spirituelle – pour soulager la douleur, apaiser la souffrance et préserver la dignité.
Pendant deux jours, le public pourra découvrir cette « troisième médecine humaine » aux côtés de la médecine préventive et curative. L’événement s’adresse particulièrement aux proches aidants, ces familles souvent démunies face à la maladie d’un être cher. Ateliers pratiques, échanges avec médecins et soignants, témoignages, projections-débats et temps de consultation composeront un programme pensé pour transmettre des repères concrets et accompagner avec plus de sérénité.
Inaugurée en 2021, l’Unité des Soins Palliatifs Mère Marie Augustine est une pionnière dans l’océan Indien hors La Réunion. Installée à la Clinique Ferrière de Bon Secours à Curepipe, elle dispose de 12 chambres individuelles conçues comme une maison, où les familles peuvent rester auprès de leurs proches sans restriction d’horaires. Parmi ses innovations figure un bain thérapeutique unique sur l’île – une grande baignoire à bulles offrant aux patients des moments d’apaisement et de bien-être.
L’équipe interdisciplinaire réunit les Dres Anne-Sophie Jérôme et Maëva L’Enclume, la psychologue clinicienne Safia Adamjee, ainsi que quatre infirmières et quatre aides-soignants. Pour la Dr L’Enclume, la motivation vient d’un constat simple : « Voir un patient retrouver le sourire, même dans la douleur, me motive plus que n’importe quel chiffre ou résultat technique. » Sa consœur, la Dr Jérôme, complète : « La médecine palliative implique de faire un pas de plus avec la personne, l’accompagner avec professionnalisme tout en lui offrant soin, confort et sérénité. »
Comme le souligne Stéphanie Raghoonauth, Directrice générale de la Clinique, cette Caravane marque le début d’un travail de sensibilisation à long terme. Trois autres week-ends sont prévus à travers l’île en 2026, avec l’ambition d’intégrer pleinement la médecine palliative dans la conscience publique et les pratiques de santé mauriciennes. L’événement est gratuit et ouvert à tous, avec des ateliers adaptés aux enfants, jeunes et adultes. Une occasion précieuse de mieux comprendre cette approche du soin et de briser les tabous qui l’entourent encore.











