Sans faire de bruit, de hameau en quartier, de familles en voisins, de friche en balcon, voilà qu’une nouvelle passion s’est emparée de nos contemporains: la culture potagère domestique. Ce nouveau hobby touche toutes les catégories sociales et toutes les tranches d’âges. 

Dans la Résidence Barkly (on ne dit plus “cité”), à Beau-Bassin, on ne compte plus les balcons sur lesquels on aperçoit fleurir quelques pieds de tomates, des piments incendiaires, ou quelques “brèdes”. Très occupée par sa vie de famille et ses fonctions d’enseignante en pré-primaire, Gina trouve, malgré tout, le temps de prendre soin des quelques épices, condiments et légumes qui s’épanouissent plus ou moins, dans quelques pots sur son balcon. “Il y a quelques années, se souvient-elle, une ONG avait distribué des barils, de la terre, des graines et même quelques tonneaux pour faire du compost. Avec mon mari, comme beaucoup d’autres ici, on avait commencé grâce à cette initiative…” Malheureusement, peu à peu, l’intérêt était retombé et, comme il n’y avait pas eu de suivi de la part de l’association, les composteurs ont fini par disparaître et les plantes par fâner. Gina le reconnaît bien volontiers, comme ses voisins, elle avait, elle aussi, peu à peu déserté ses plantations… Mais il y a deux ans, sa fille a repris le flambeau. De radis en tomates, de piments en laitues, elle a pris l’habitude d’alterner les cultures et a appris à reconnaître les besoins en eau et en exposition au soleil de chaque plante. “A peu près à la même époque, constate Gina, des amies et des voisines s’y sont mises aussi.

Plus passer un moment agréable que projeter de se nourrir

Depuis, les planteuses des balcons de Barkly comparent  leurs expériences, échangent des astuces et troquent leurs graines ou leurs légumes. “Le but n’est pas de se nourrir, admet Gina, mais simplement de passer un moment agréable, de se détendre et d’avoir le plaisir de savourer ce que l’on a soi-même planté.” Mais, en souriant, elle ajoute: “quand on voit le prix des tomates, par exemple… on est bien content d’en avoir plantées.

Loin de là, sur le terrain d’un “campement” du nord de l’île, Corinne a, elle aussi succombé aux attraits du potager domestique. Cadre supérieure d’un grand groupe industriel et commercial, elle encourage sa fille, adolescente, à cultiver un carré de terrain, à une quinzaine de mètres de la piscine.

J’ai commencé dans un but pédagogique, explique-t-elle. Et, à ma grande surprise, j’y ai pris du plaisir et, c’est encore plus étonnant, ma fille s’y est vraiment investie.” Au fil des différentes récoltes, la famille a ainsi pu savourer des tomates, des laitues, des melons, quelques pommes de terre et même des fraises!

“Mieux vaut commencer par des feuilles et des racines”

Cette diversité des profils et des motivations ne surprend pas Aurore Rouzzi. Avec SensiBio, elle organise, partout à travers l’île, des ateliers de formation, des marchés et diverses actions de promotion de l’agriculture biologique. “Cela touche tous les milieux, admet-elle. Bien sûr, certains peuvent s’inscrire dans une démarche de recherche d’auto-suffisance ou de complément alimentaire, alors que pour d’autres, ce n’est qu’un loisir, mais, de toute façon, c’est positif. Cela permet de reprendre contact avec la terre et cela aide à prendre conscience que nos comportements doivent changer.

Sollicitée par de nouveaux convertis, elle constate que, très souvent, ils choisissent de commencer par le plus difficile. “Tout le monde veut des tomates ou du giraumon. Mais ce sont des plantes difficiles à cultiver. Il vaut mieux démarrer par des feuilles et des racines, c’est à dire des carottes, des radis, des raves, des betteraves, des laitues et des plantes aromatiques.” De précieux conseils pour qui veut mettre les chances de son côté.

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