En partenariat avec la Commission de l’Océan Indien (COI), les autorités publiques mauriciennes, les ONG et les acteurs économiques locaux, l’Agence Française pour le Développement (AFD) organisait, ce 27 février, une journée consacrée à la biodiversité. Nous en donnerons un compte-rendu détaillé dans notre prochaine édition… 

Considéré comme un “point chaud” de la biodiversité (notamment du fait de l’endémisme d’une part importante des espèces végétales et animales que l’on y rencontre) l’île Maurice concentre d’importantes menaces. L’agressivité des espèces envahissantes, le surdéveloppement et le changement climatique, par exemple, ont effectivement mis en danger la biodiversité de l’île. Au point qu’il ne subsiste que 4% de la forêt indigène (et sans doute presque plus rien de la forêt primaire, celle qui existait avant l’arrivée des premiers colons) et que seulement 25% des coraux sont encore vivants…

Ces constatations, publiées en 2019 par la Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services éco-systémiques (IPBES), ont donc incité l’AFD a reconduire l’organisation d’une journée de mobilisation en faveur de la
biodiversité à Maurice.

Les objectifs annoncés de cette rencontre sont multiples:

  • Hisser le thème de la biodiversité au sommet de l’agenda politique local, en prévision de deux événements internationaux majeurs: le Congrès mondial de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN), à Marseille, en Juin 2020 et la COP15 Biodiversité, à Beijing, en octobre.
  • Populariser le thème de la biodiversité dans tous les publics (acteurs privés, associatifs et publics, étudiants, chercheurs, etc.),
  • Permettre des rencontres et des échanges entre les acteurs locaux impliqués dans la sauvegarde de la biodiversité,
  • Promouvoir les bonnes pratiques et mieux faire connaître les actions locales déjà entreprises,
  • Permettre à de nouveaux acteurs mauriciens de s’engager en faveur de la biodiversité.

Un des taux de destruction des habitats naturels les plus élevés au monde.

Afin de préparer les grands thèmes de discussion de cette journée (qui n’a pas encore eu lieu, au moment de la rédaction de cet article), trois personnalités, fortement impliquées, ont été sélectionnées pour dégager quelques problématiques essentielles.

Pour Vincent Florens, professeur associé d’écologie du Département des biosciences et des etudes océaniques à l’Université de Maurice, l’urgence réside dans le déclin rapide des dernières espèces endémiques ou indigènes. “Notre pays est l’un des derniers territoires colonisés par les humains, rappelle-t-il, mais a atteint un des taux de destruction des habitats (naturels) les plus élevés au monde.

Océanographe et ingénieur en environnement, Vassen Kauppaymuthoo, met aussi l’accent sur les pressions exercées sur le milieu marin.

Notre écosystème marin a aussi subi beaucoup de pression des activités terrestres et marines, avec le ruissellement des herbicides et pesticides, la décharge des eaux usées peu ou pas traitées dans les lagons et une pression démographique, industrielle et touristique croissante. Toutes ces pressions, en sus des effets globaux du changement climatique ont causé la mort de 80% de nos récifs coralliens…

Audrey d’Hotman de Villiers, consultante pour le groupe Rogers, évalue, pour sa part, à 2 milliards de roupies, le surcoût que doit absorber chaque année l’économie mauricienne pour compenser la réduction des surfaces vivantes, par le biais de “la construction continuelle de drains pour compenser les pertes de bassins naturels de rétention, les réparations des dégâts des inondations, les coûts des travaux d’infrastructures pour l’adaptation au changement climatique, les travaux de ralentissement de l’érosion de nos plages, etc..

A l’issue de cette journée d’échange, une “feuille de route” reprendra les conclusions et recommandations formulées et permettra de dé-finer les actions prioritaires sur la biodiversité terrestre et marine à Maurice.

Qu’est-ce que l’AFD?

Etablissement public, l’AFD est chargée de mettre en oeuvre la politique de la France en matière de développement et de solidarité internationale. Sa mission est plus particulièrement centrée sur la contribution au progrès économique, social et environnemental des pays à revenus faibles ou intermédiaires.

L’AFD compte 85 agences dans le monde et finance plus de 4000 programmes de développement.

L’AFD à Maurice

Partenaire traditionnel du développement de l’île Maurice, l’AFD inscrit plus spécifiquement son action, depuis quelques années, dans l’axe de la croissance verte et solidaire. Il s’agit donc d’accompagner Maurice vers un modèle de développement plus inclusif, plus respectueux de l’environnement et mieux armé pour faire face aux chocs externes et aux effets du changement climatique. Depuis 2018, l’agence mauricienne de l’AFD est supervisée par une agence régionale, basée à La Réunion, et dont l’autorité s’étend sur La Réunion, Maurice, Mayotte, Les Comores et Madagascar.

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