Il lui aura fallu 17 mois pour faire aboutir son projet. Celui qui l’aura faite lauréate mondiale “ Coup de coeur féminin” du Startup Challenge Total . Contre vents et marées, dans un pays où certains tabous dicteraient de faire machine arrière plutôt que de porter le message haut et fort, elle a défendu son projet de production de serviettes périodiques biodégradables à base de fibre de bambou. Et raflé la mise.

30 ans et une façon de s’exprimer qui en dit long sur sa force de volonté. Trois décennies seulement et pourtant, une expérience professionnelle longue comme la route qui traverse les States d’Est en Ouest. Car Lalita Purbhoo-Junggee, n’en est pas au lancement de son premier projet avec « Recycle-moi ». Mais avant l’entrepreneuriat, son entrée dans la vie active se fait par un biais situé aux antipodes des affaires. Dès l’âge de 16 ans, elle intègre l’univers des médias en travaillant sur Top FM, rejoint le groupe le Défi Média avant de décider d’émigrer au Canada, où l’herbe lui semblait plus verte. Mais au pays de l’érable, la réalité s’avère non conforme à ses attentes. Retour au pays… « Mais ma vision du monde avait changé, je ne me voyais pas rejoindre un média quelconque; je me suis décidée à lancer mon entreprise…». De l’impression personnalisée sur objets, son acvité s’oriente deux années plus tard vers la production d’affiches 4X3 sur bâche en investissant dans une imprimante digitale. Ces mêmes bâches qui, une fois descendues de leurs supports, sont ensuite recyclées en une gamme de sacs, produites dès 2016 sous la marque Sakili.

Il était une fois en Inde…

« J’ai été informée du concours Startup Challenge Total, car c’est mon entreprise qui se chargeait de l’impression des affiches. Cela se passait au moment où je faisais aboutir mon projet « Recycle-moi», précise Lalita.

Et raconte volontiers la façon dont l’idée a germé… C’est en Inde qu’elle fait, en tant que consommatrice, l’expérience de la serviette périodique à base de fibre de bambou. « Déjà, j’ai toujours été sensibilisée par les questions environnementales, mais en plus, je me suis rendue compte que ce produit n’agressait pas ma peau». Lalita en ramène quelques échantillons dans ses valises, avec l’idée déjà bien arrêtée de lancer leur production à Maurice. Mais pour créer un produit plus adapté au marché local, les laboratoires consultés demandent trop cher « et je suis retournée en Inde où un laboratoire a fait les tests nécessaires pour arriver au prototype qui va être commercialisé », sourit-elle. C’est dans ce contexte, et contre l’avis des personnes de son entourage proche, compte tenu de la teneur de l’article susceptible de heurter les sensibilités, que Lalita se positionne pour le Startup Challenge Total.

Parmi les finalistes mondiales du «Coup de cœur féminin»

« Dans mon idée du départ, l’assemblage devait se faire à Maurice car je n’avais pas les moyens d’investir dans une machine de production. J’ai saisi ma chance, celle des Rs 750 000 attribués au gagnant ».

La chance sou-rit aux audacieux dit-on… Et Lalita a tout d’une audacieuse. Non seulement elle remporte le concours général, mais également celui du « Coup de cœur féminin », mis en place pour la première fois, cette année, par le groupe organisateur. « Je n’arrive toujours pas à y croire », avoue celle qui est allée recevoir son prix « Coup de cœur féminin », local, doublé, sur place, de l’international, à Paris le 14 avril dernier. Une remise des prix qui aura été suivie, le lendemain, par la présentation de son « Recycle-moi » devant une assemblée de 900 personnes dans le cadre de la Journée Internationale digitale de la femme, toujours à Paris. Une entrepreneuse et maman d’Anshwyn, 10 ans et de Rya 6 ans qui aura la satisfaction de voir son idée commencer à prendre forme d’ici trois mois, avec l’arrivée de la machine convoitée. Pour en sortir un produit 100% mauricien, les bambous pouvant, de ce fait, être broyés sur place.

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