Onze tableaux, trois acteurs pour une trentaine de rôles.  Il s’agissait des ingrédients de la pièce jouée les 23, 24 et 25 avril derniers au Caudan Arts Centre, « L’amour toujours » de Joël Pommerat et adaptée « à la sauce » du metteur en scène PL Paillusseau pour le public mauricien. Qui s’est montré plus qu’enthousiaste ! 

De quoi sont faites nos relations affectives…? Quels sont ces liens qui nous poussent à aimer, haïr, trahir, protéger, fuir, lutter, tromper ou mentir ? La réponse est à variables multiples et il y a fort à parier que parmi les onze scènes déroulées sur le plateau, au moins une a fait résonnance chez chacun des spectateurs… Onze scènes faisant passer le public du rire le plus franc à la profonde réflexion, car pointant avec humour et gravité la déchirure originelle, celle qui nous pousse les uns vers les autres, en quête d’une réunification consolatrice. PL Paillusseau le dit sans détour, il est un inguérissable amoureux de l’amour, un vaste sujet, infini, insondable et – on est prévenu – voué à accompagner toutes ses futures créations. Sa première à Maurice, autant en tant que metteur en scène qu’acteur a rencontré le succès, sous les vivats du public qui s’est levé pour les applaudissements de fin du spectacle…

Une mise en scène « sans fard » où les acteurs, que sont l’excellent Benjamin Gilot, la très juste Vinaya Sungkur qui donnaient la réplique à PL Paillusseau, ne sortaient jamais de scène entre deux tableaux, deux décors, deux tenues vestimentaires. Pour le moins inattendu, les comédiens se changeaient en effet devant le public en piochant dans l’un des trois vestiaires qui leur étaient dédiés et installés à trois endroits du plateau…  Intitulés « Attente», « Argent », « Mémoire », « Valeur » ou encore  « L’amour ne suffit pas, alors rends moi la partie de moi que tu gardes en toi », chaque scénette explore une situation dans laquelle une relation est mise à l’épreuve, et plonge le spectateur dans un labyrinthe ou les relations entre êtres humains semblent aussi primordiales, désirables et chimériques que dans la pièce… Onze fenêtres ouvertes sur l’irrationnel et l’incohérence du désir, la brutalité des rêves, la brûlure des désillusions et les fantômes qui hantent nos jardins secrets. L’Amour, un langage qui s’inscrit rarement  en ligne droite, mais compris de tous.

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