L’asthme infantile est souvent, au sein des familles, un sujet d’angoisse. Les crises, qui peuvent être spectaculaires et inquiétantes, sont tellement redoutées que leur anticipation gâche aussi bien la vie des parents, que celle du bambin affecté. D’autant que les causes de cette gêne respiratoire sont encore, pour une large part, mal connues.

Dans les pays fortement industrialisés, les vingt dernières années ont été marquées par une augmentation impressionnante de la prévalence de l’asthme chez les enfants, de 0 à 15 ans. Parmi les raisons possibles de cette envolée, la pollution reste le suspect principal. Dans les grandes villes, la qualité de l’air s’est, en effet, fortement dégradée et les “pics de pollution” coïncident souvent étroitement avec l’apparition de crises violentes, parfois gravissimes. Pourtant, d’autres facteurs, liés à des modifications des modes de vie, pourraient contribuer à l’accroissement du phénomène… Une existence trop sédentaire, dans des habitations de plus en plus isolées, le surpoids, la multiplication des éléments allergènes, l’emploi quasi-généralisé de la moquette, sont souvent dénoncés par les spécialistes.

A Maurice, l’évolution entre deux études avait, il y a une vingtaine d’années, fait craindre le pire. En 1988, les services de santé, en collaboration avec l’Institut français de recherche médicale, Inserm, avaient mené une enquête épidémiologique qui établissait qu’environ 5% des enfants de 0 à 15 ans étaient touchés. Ce “score” mauricien était plus qu’honorable, puisqu’il était nettement inférieur à celui enregistré en France. Mais en 1998, une nouvelle étude, menée par les autorités nationales, aboutissait à une estimation de 10% de petits Mauriciens asthmatiques! Là encore, les causes profondes de cette hausse importante restent incertaines. Il est possible que la pollution, les épandages de produits chimiques sur les terres agricoles ou l’impressionant accroissement du parc automobile aient joué un rôle significatif dans cette évolution négative. Mais il n’est pas non plus absurde de penser qu’entre les deux études, la prise en charge et le diagnostic aient progressé, rendant ainsi ces travaux statistiques plus fins et précis…

Un ratio assez stable

Aujourd’hui, les estimations des professionnels de la santé se situent entre 7 à 9% des enfants.

C’est un ratio assez stable, confirme le docteur Toofany, pédiatre dans le Nord de l’île. Mais il faut bien comprendre, ajoute le médecin, que pour beaucoup de ces jeunes patients, tout se joue à la puberté. En effet, une proportion importante des enfants asthmatiques seront débarrassés de cette affection pendant ou peu après l’adolescence.

Inversement, des adultes qui n’avaient pas souffert de l’asthme pendant leur enfance seront touchés, souvent pour le reste de leur vie. Il s’agit alors, le plus souvent, d’un asthme lié à une allergie. “Nous avons, reconnaît le Dr Toofany, à Maurice, un climat qui favorise les affections respiratoires. Les fortes chaleurs et l’humidité peuvent en effet favoriser le déclenchement des crises… Cela peut expliquer les variations, parfois importantes, d’une année sur l’autre. Ce qui est certain, ajoute-t-il, c’est que la prise en charge de l’enfant asthmatique s’est nettement améliorée.” Il est effectivement évident qu’être un enfant asthmatique aujourd’hui à Maurice, hors cas extrêmes, n’est plus aussi handicapant. Les anti-inflammatoires et les dilatateurs diffusés par inhalateur sont facilement accessibles et permettent, le plus souvent, d’éviter le déclenchement des crises les plus graves et même de mener une vie tout à fait normale.

Cependant, le pédiatre se montre moins serein quant aux bronchiolites du nourrisson. “C’est un phénomène évidemment saisonnier, mais ces affections semblent plus fréquentes”. Sous le terme générique de bronchiolite, se cachent toutes sortes de gênes respiratoires, allant du simple “sifflement” à la détresse respiratoire la plus aigüe, pouvant mettre la vie du petit patient en danger. Là aussi, la prise en charge de ces pathologies a considérablement progressé et les services hospitaliers, publics et privés, parviennent, heureusement à enrayer la progression du mal, dans l’immense majorité des cas. Mais une proportion non négligeable de ces nourrissons souffrant de bronchiolite feront partie des 7% à 9% d’enfants asthmatiques.

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