Toutes les deux minutes, un enfant dans le monde est diagnostiqué cancéreux et 40 nouveaux cas sont recensés chaque année à Maurice. Pour en débattre, une conférence inscrite dans une mouvance de conscientisation conduite à l’échelle internationale a été organisée à l’initiative du Lions Club les 27,28 et 29 février derniers à l’hôtel Sugar Beach. 

«Les gouverneurs de la plus grosse association au service de l’humanitaire avec ses 1,450 000 membres ont reçu un courrier en 2017 pour les engager à initier des actions de conscientisation sur le cancer infantile ». C’est en ces termes que Marie-Josée Baudot, présidente de la commission du Lions du district 403 – incluant Maurice, La Réunion, Mayotte, Madagascar et Djibouti – a ouvert la conférence. A dessein régional, cet événement a rallié médecins et chercheurs locaux, ambassadrice du ministère de la Santé et de la Qualité de la vie, mais aussi personnel médical de La Réunion et d’Inde.

« Il y a la maladie et les dommages collatéraux familiaux »

« … Soulageons la misère, et toujours servir son prochain, tel est notre dessin … »: cet extrait de l’hymne du Lions Club  en dit long sur la philosophie de l’association. C’est ainsi qu’après la cécité, le programme de ce second centenaire du Lions international porte sur la lutte contre le diabète et le cancer infantile a rappelé Louis Emmanuel Ng Cheong Tin, Vice Gouverneur du district. Sur la totalité des enfants diagnostiqués cancéreux dans le monde, moins de la moitié ont accès à des soins conséquents et portent, en plus, des séquelles invalidantes lorsqu’ils gagnent sur la maladie. Tommy Wong, représentant du principal sponsor de la conférence, le Sugar Beach, relate les circonstances qui ont conduit le groupe hôtelier Sun Resorts à s’engager dans la lutte contre le cancer infantile: l’enfant malade d’un employé de l’hôtel Touessrok. « Le combat de cet enfant qui est devenu notre combat a amené le grouper à créer le Sun Children Cancer Fund, une unité intégrée à l’hôpital Candos de Quatre Bornes et dont la contribution s’avère indispensable pour une centaine d’enfants et leurs familles ». Chaque année dans l’île, quarante cas de cancers infantiles supplémentaires sont recensés, dans les catégories leucémie, cancer du cerveau, du foie et des reins par ordre décroissant d’importance. Appuyer dans le sens de la recherche est la condition sinéquanone pour combattre la maladie, et qui dit recherches, dit investissements, issus entre autres, de fonds octroyés par le gouvernement sur la base d’appels d’offres. « Bien que les doctorants travaillent dur, les moyens de la recherche restent perfectibles », a rappelé le professeur Teeshan Bahorun, du Centre for Biomedical and Biomaterials Research.

Une conférence qui suscite un intérêt certain

Une volonté de concerter les actions

Le Dr Maryam Timol, du ministère de la Santé et de la Qualité de vie a fait l’annonce d’un nouvel hôpital dédié exclusivement aux cancéreux, d’une capacité de 300 lits – pour enfants et adultes – dans les deux ans à venir, les traitements se faisant aujourd’hui exclusivement à l’unité de cancérologie de l’hôpital Victoria de Port-Louis. « Nous entrons dans une nouvelle ère d’appréhension de la maladie, avec le rapprochement de toutes les parties prenantes que sont les autorités administratives, l’unité de recherche & développement et l’univers médical. Il reste encore beaucoup à faire, bien que nous ayons mis en place un service de soins palliatifs, avec du personnel formé en accompagnement psychologique, ainsi qu’un programme pour envoyer des enfants à La Réunion dans le cadre du protocole de prise en charge de la maladie, avant leur traitement à Maurice ». Seconde cause de décès chez les enfants, après les accidents, les chiffres du cancer infantile à l’international n’ont pas beaucoup bougé en 15 ans, rapportait le Vice Président du Lions. « Mais notre défi du jour vise la conscientisation de ce fléau par le plus grand nombre pour disposer de plus de moyens pour établir des diagnostics précoces et une meilleure prise en charge globalisée des enfants et de leurs familles ».

La recherche a mis à jour quelques pistes prometteuses

Pour le professeur Theeshan Bahorun, chef d’équipe du centre de recherches biomédicales rattaché à l’Université de Technologie de Maurice, la recherche sur les cancers infantiles est très peu développée. Tout reste à faire. Néanmoins, le résultat de certains travaux conduits par les doctorants du centre dans leur spécialités, six au total, ouvre des perspectives très intéressantes. Parmi elles, le professeur a présenté durant son intervention lors de la conférence, les vertus des plantes médicinales pour lutter contre le cancer, dont un champignon local contenant un anti-inflammatoire surpuissant, capable de réduire jusqu’à 92% les cellules cancéreuses du foie. Autre découverte, la papaye fermentée déjà utilisée dans le traitement contre le diabète donne également de bons résultats dans le traitement de lésions nodulaires, du foie également. Autre piste, un chercheur du centre spécialisé en biologie marine a isolé un composant d’une éponge endémique à Maurice, ayant la particularité d’accroître l’activité anti-bactérienne des antibiotiques classiques. Un sujet qui suscite l’intérêt outremer et que le professeur Theeshan Bahorun a été invité à présenter prochainement, devant un auditoire de scientifiques, à Kuala-Lumpur.

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