L’indépendance, la souveraineté, sont des notions relatives. Hormis les Etats-Unis d’Amérique, la Fédération de Russie et la République de Chine Populaire, aucun pays ne peut prétendre, aujourd’hui, mener une politique totalement autonome. Pourtant, et malgré sa petite taille, notre île a su tisser un réseau de relations diplomatiques exceptionnel. Régionalement, l’Île Maurice est même perçue comme un acteur influent, dont on écoute volontiers les avis…

Dès l’accession de Maurice à l’indépendance, des échanges diplomatiques étaient officialisés avec un grand nombre de pays. La Russie (l’URSS, à l’époque), Madagascar, l’Inde, ou la France et les U.S.A. ont ainsi rapidement ouvert une ambassade à Port-Louis. Depuis, le nombre des représentations étrangères à Maurice (ambassades, Hautes commissions pour les membres du Commonwealth, ou consulats) n’a cessé d’augmenter. Cette présence de hauts représentants sur le sol mauricien (et d’ambassadeurs mauriciens à l’étranger) a fourni à Maurice des opportunités de coopération dans tous les secteurs. Cela a également permis à Maurice d’essayer d’avoir une diplomatie équilibrée, sans exclusive.

Pour un observateur attentif de l’action diplomatique, le résultat est assez surprenant: Maurice est sur-représentée! Notre république fait partie des Etats ayant signé le plus grand nombre de conventions internationales (pas toujours appliquées, il est vrai) et nous siégeons indistinctement au Commonwealth et à la Francophonie, à l’Union africaine et au sein des organisations de culture indienne, etc.. Cette ubiquité mauricienne n’est pas toujours bien perçue et, il y a quelques années, un commissaire européen avait tout bonnement sommé Maurice de choisir entre la Commission de l’océan Indien (la COI, où la voix de l’Europe se fait régulièrement entendre) et la Sadc (communauté des Etats d’Afrique Australe, plus proche de l’Afrique du Sud).

Perdu dans l’océan, le caillou de Tromelin est revendiqué à la fois par La France et Maurice.

Malgré ces sautes d’humeur, il est certain que cet activisme diplomatique porte ses fruits, en terme de dons financiers, prêts avantageux et autres subventions… Les pays du groupe ACP (Afrique/Caraïbe/Pacifique) se souviennent, par exemple, qu’au début des années 2000, Maurice a reçu, de l’Europe, plus de 40% des fonds de d’indemnisation octroyés par l’Union Européenne à ce groupe, pour amortir le choc de la fin des quotas sucriers !

Pour autant, l’ambiance feutrée des ambassades ne doit pas masquer l’âpreté de certains conflits… La revendication mauricienne sur les Chagos et, dans une moindre mesure, sur Tromelin, viennent parfois tendre les relations bilatérales.

Toute la difficulté, pour un petit Etat insulaire, comme l’est Maurice, consiste à faire respecter ses intérêts sans (trop) froisser ses partenaires, généralement bien plus puissants, et avec lesquels il faut maintenir ouverts les canaux de la coopération…. Un exercice qui ressemble, parfois, à de la haute voltige.

Maurice, dans le groupe de tête des investisseurs à Madagascar

Le rôle régional de Maurice n’est pas illusoire. L’ambassade de Madagascar à Maurice nous a d’ailleurs précisé que, «(…) depuis quelques années, les échanges commerciaux entre Madagascar et Maurice ne cessent de croître. Il en est de même pour les investissements mauriciens à Madagascar. En 2017, Maurice fait partie du top 5 des pays pourvoyeurs d’investissements directs étrangers dans notre pays, et nous recevons régulièrement des demandes d’opérateurs mauriciens désirant s’installer et y investir.

De plus, il y a également une forte demande de mains-d’œuvre qualifiées malgaches à Maurice, non seulement dans le secteur textile mais aussi et surtout dans le domaine de l’informatique. A titre d’exemple, de plus en plus de jeunes ingénieurs malgaches en informatique sont recrutés par les grands groupes internationaux
installés ici à Maurice.»

Madame l’Ambassadeur de l’Union Européenne.

Un dialogue annuel avec l’UE

En réponse à l’une de nos questions, Madame Marjaana Sall, Ambassadeur de l’Union européenne auprès de la République de Maurice, a bien voulu nous adresser cet élément de réponse, qui illustre parfaitement l’étroitesse des relations entre Maurice et l’Europe.

“Depuis plus de 40 ans, l’Union européenne a développé un partenariat solide avec la République de Maurice. L’Union européenne est engagée à poursuivre ce partenariat en étroite collaboration avec l’ensemble de ses Etats membres. Le prochain dialogue politique UE-Maurice (le dialogue politique est organisé chaque année) sera une nouvelle opportunité pour la Délégation de l’Union européenne de réunir les Etats membres résidents mais également les Etats membres non-résidents pour discuter du partenariat UE-Maurice et des actions conjointes que nous menons dans différents domaines d’intérêt commun.»

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