A regarder de près le calendrier des évènements sportifs impulsés par le secteur privé, il est extrêmement rythmé. Entre les tournois de golf, les compétitions de kite et de kayak sur mer, les régates et le nombre incalculable de trails, quelle mouche a piqué l’île pour qu’elle se démène sur tant de fronts?

Tout démarre du Royal raid, le premier trail de Maurice. Créé par Albert d’Unienville, la formule avait réuni lors de sa première édition en 2006 environ 300 coureurs. La cuvée 2018 s’apprête à accueillir 3000 personnes. Rejoignant le groupe LUX* – portant alors un autre nom – en 2007, celui-ci lui doit la création de la marque LUX*Sports www.sports.luxeresorts.com, département gérant une dizaine d’évènements majeurs sur l’année. Ils démarrent en janvier avec le Mauritius Billfisfish release international Tournament, un tournoi de pêche au marlin avec relâche des prises, seul tournoi local du genre avec un prix de Rs 600 000 à la clé pour le gagnant et s’achève en décembre avec le Mauritius Adventure Raid Trophy, un concept mêlant trail, vélo & course, marche dans la rivière, tir à l’arc…, etc. Entre les deux, mieux vaut prendre son souffle! En mai place au Royal Raid dans les superbes réserves naturelles de Yémen, de Bel Ombre et du Parc National. Puis dans le même mois de juillet se tiennent le marathon de Maurice (9ème édition cette année) – certifié par Jean-Marie Grall, directeur technique du marathon de Paris qui fut aussi celui des JO d’Athènes -, sur la superbe route côtière du Sud, le Kiteival (10ème édition), seule compétition de kite avec des étapes permettant de faire le tour de l’île et la semaine de kayak sur mer. Novembre est le mois de la semaine de vélo avec l’ex champion français, Laurent Jalabert et celui du Standard Bank Indian Ocean Triathlon, perçu par les participants extérieurs comme le plus beau parcours au monde.

Albert d’Unienville, directeur de LUX* Sports et homme orchestre de tous les évènements

Après LUX*, Beachcomber et VLH aussi

Mais LUX* n’est pas le seul à jouer sur le terrain des compétitions de plein air, dont la réputation dépasse désormais les frontières de l’île. Beachcomber wwwbeachcomber-events.com s’est lancé dans la course en 2015, avec son Ultra Trail Raidlight Beachcomber (UTRB) qui revient les 28 et 29 juillet prochains. Les 120 km de l’édition 2017 ont été conquis par le népalais Sangé, alors que les Réunionnais Jean-Marie Cadet, Frédéric Duchemann et Jean Patrice Payet ont remporté les options courtes de la course. Le nom de Beachcomber est également associé au tournoi de rugby à 10, le World Club 10s  et au Mauritius Tour Beachcomber, une course de VTT qui séduit d’année en année. Le groupe VLH a lui aussi son trail, Héritage Trail programmé en août dans la zone de Bel Ombre. Mais c’est aussi compter avec d’autres initiatives, comme les inoxydables Dodo trail en juillet ou le Ferney trail associé au groupe Ciel en septembre et ceux, un peu moins médiatisés et organisés par Rando-Trail & Nature www.randotrail.mu, membre de l’International Trail-Running Association (ITRA): Mare Longue Trail en janvier, Raid West en février, Avalon trail en mars, trail des goyaves et magenta trail en avril,… etc. On court énormément à Maurice et les commerces de chaussures de sport ont un avenir assuré. «C’est loqigue, le trail est non seulement la discipline la plus accessible sur le plan financier et il fédère. On y participe entre amis, en famille, car il y règne une ambiance bon enfant», selon Albert d’Unienville. Si les groupes hôteliers associent leurs noms à des activités connotées grand air, nature et mer, les banques locales elles, sont historiquement liées aux tournois de golf et créent des évènements très attendus chaque fin d’année avec le Afrasia Mauritius Open et le MCB Tour Championship.

Simon Desvaux, fondateur de Heritage trail

L’indispensable soutien du privé pour pérenniser l’évènement

« Nous avons l’océan et les montagnes, un terrain idéal pour le sport, explique Albert d’Unienville, et chacun peut avoir envie d’initier quelque chose selon qu’il est coureur, kitesurfeur, cycliste… Ce sont des passionnés qui ont un métier. Mais pour qu’un évènement soit récurrent, il faut le concours de partenaire clés que sont les hôteliers, l’aérien, les sponsors et l’encadrement technique». On se rappelle que le Bike Park de Moka doit son existence à l’initiative du champion cycliste Yannick Lincoln qui s’est appuyé sur le groupe ENL pour boucler son projet.

Toute cette effervescence finit par profiter à tous: aux Mauriciens décidément friands du genre et aux groupes hôteliers qui remplissent leurs chambres et bénéficient d’une image saine orientée nature lorsque les journalistes internationaux, invités par la Mauritius Promotion Tourism Authority, associeront leur nom à l’évènement dans leur reportage. La MPTA a bien compris que les retombées médiatiques initiées par les magazines spécialisés étrangers ne peuvent qu’être profitables à l’île. Ce, dans un contexte de mondialisation où une destination n’a cesse de se hisser hors de la mêlée pour faire sa promotion, par la différence. Et non négligeable, chaque évènement ramène des champions internationaux qui vont et faire parler de l’île. La promotion touristique passe désormais pour beaucoup, par la médiatisation d’évènements sportifs. Pour tirer intelligemment partie de cette tendance, une synergie inter-groupes hôteliers se profile. Et c’est vers la région de Bel Ombre, région naturelle sport et nature de l’île, qui offre le plus beau combiné entre lagon et montagnes que les projets à venir vont s’inscrire.

Séquence du triathlon, le plus beau au monde selon les participants

Les valeurs montantes des disciplines nautiques

Jean-Pierre de Falbaire est à la fois président du Pointe d’Esny Sailing Club et vice-président de la fédération locale de voile. «Notre club n’a pas vocation à former, car nous n’avons ni structure, ni moniteurs pour cela. Le club regroupe une trentaine de bénévoles «aguerris» et organise pour le compte de la fédération des compétitions de kitesurf, windsurf et optimistes/lasers». Qui dit voile, renvoie à l’international Hydrofoil, tournoi démarrant au Mexique, avec des étapes en France, en Allemagne, à Maurice (en septembre dernier) pour s’achever à Perth en Australie. « Lors de l’étape mauricienne, six participants défendent nos couleurs, mais parmi eux, seul un participe au tour complet, Jean de Falbaire qui est le 7ème mondial Hydrofoil », son fils. Malgré le terrain qui s’y prête, la fédération de voile avec ses 150 licenciés reste l’une des moins attractives selon son vice-président. Avec un budget annuel de Rs 1,5 M comme en 2017, des choix s’imposent. « Au lieu de le consacrer à l’organisation de régates locales à Grand Baie, voilà deux ans que je pousse la fédération à porter davantage le kite et le windsurf, disciplines où excellent nos jeunes», poursuit-il. S’impose bien sûr le nom de Louka Pitot champion de France, d’Europe et du Monde junior de Kitesurf Freestyle en 2016 – titre mondial remporté face à son concurrent et ami mauricien, Simon Lamusse – et premier athlète Red Bull mauricien, qui s’est illustré au niveau international en remportant le titre de champion de France 2017 des Under 21 en Twin Tip Freestyle. Jean-Pierre de Falbaire qui souhaite envoyer les jeunes mauriciens aux Jeux Olympiques de la Jeunesse de Buenos Aires en octobre 2018, a essuyé le refus de la fédération, “au motif que les déplacements pour les épreuves qualificatives au Maroc, d’abord, finissent par manger tout le budget”. Malcolm Desvaux et Roméo Pitot, frère de Louka, seront donc les deux seuls à s’y rendre par leurs propres moyens. Un éloignement géographique qui dessert visiblement les jeunes espoirs ne pouvant supporter les frais de voyage, compte tenu du choix de la fédération de ne pas soutenir pleinement ces disciplines olympiques.

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