Ce n’est plus tout à fait inconnu un sur notre île et de nombreux jeunes mauriciens suivent sa carrière sur les réseaux sociaux. Toutefois, c’est sur les circuits anglais et au championnat européen de moto que Luc Mamet s’est taillé une belle réputation. Une renommée que ce pilote mauricien doit à sa persévérance, à son audace en course et à ses résultats, bien plus qu’honorables.

Né en Afrique du Sud d’un père mauricien et d’une mère française, Luc Mamet est arrivé à Maurice à l’âge de quatorze mois. En 2013, Luc Mamet a déjà participé à quelques courses, au stade Anjalay, et même à La Réunion. Mais la moto n’est encore qu’un hobby. A vingt-deux ans, il est plongeur professionnel. Il est alors victime d’un très grave accident, à plus de 100 mètres de profondeur, alors qu’il effectue des travaux sous-marins au large de la rade de Port-Louis. La convalescence sera longue. Mais elle permettra au jeune homme de prendre une décision cruciale: puisque la vie peut basculer d’une minute à l’autre, autant vivre ses passions jusqu’au bout ! Et sa passion la plus intense… c’est la moto! Il repart en Angleterre, où il avait été étudiant, s’achète une nouvelle machine et s’inscrit à toutes les courses où on veut bien l’accepter.

«Je ne connaissais rien à ce milieu, se souvient le jeune pilote mauricien. En fait, j’ai couru sans savoir comment faire… Je veux dire que je faisais tout moi-même… Je n’avais pas de préparateur, pas d’équipe, pas de mécano… En 2015, par exemple, pour ma première course dans un championnat important, à Donington Park, j’ai fini 10ème, sur 42 pilotes engagés, sans savoir que mes pneus avaient beaucoup trop de pression…»

Une course qui fera prendre conscience à Luc, que le pilotage n’est pas un jeu: «Un pilote est mort devant moi», dit-il sobrement. «Sur la course suivante, à Snetterton Circuit, j’avais payé un gars pour régler ma suspension arrière, mais j’avais gardé la fourche et la suspension avant d’origine. Le résultat, c’est que je n’étais pas à l’aise sur la moto. Mais ce fut une belle course !» En effet, après être parvenu à la deuxième place, Luc se battra jusqu’au bout pour rester sur le podium. Mais une sortie de route, à deux tours de l’arrivée, le fera rétrograder jusqu’à la sixième place!

Aider les jeune pilotes

De nombreuses courses plus tard, et après avoir engrangé pas mal de trophées et de places d’honneur sur les podiums, Luc Mamet a réalisé un véritable exploit, en 2017, à Barcelone, sur le circuit de Catalogne. Seul (car escroqué et abandonné par les assistants qu’il avait recrutés pour l’occasion), le pilote mauricien a participé à une manche du championnat européen Stock 600. Il s’est alors classé deuxième de la première course, avant de remporter la seconde, prenant ainsi provisoirement la tête d’un championnat qu’il ne pouvait pas poursuivre, faute de moyens, malgré le soutien du diffuseur de chaînes télé par satellite, DSTV Mauritius. A ce jour, c’est d’ailleurs le seul soutien reçu de Maurice, alors même que Luc affiche fièrement les couleurs mauriciennes sur sa combinaison et mentionne son île à chaque occasion…

A ce niveau, le pilotage est toujours à l’extrême limite de l’adhérence…

Pour la saison à venir, son programme est déjà tracé:  « Je vais participer au Championnat Thundersport Superbike 1000  GP1 et, j’ai l’intention de faire quelques courses du Championnat Superbike anglais, le plus important championnat national de cette catégorie dans le monde !»

Mais aujourd’hui, Luc Mamet s’est fixé un nouvel objectif: aider les jeunes pilotes venant de pays moins favorisés. Pour cela, il met sur pied une structure, dont le premier poulain est un jeune pilote taïwanais. «Je rêve, ajoute-t-il, de pouvoir aider un jour un pilote mauricien à venir prendre part à un grand championnat…Il n’y a pas de super-héros. J’ai croisé de grands pilotes, comme Valentino Rossi. Ce sont des gars simples, comme tout le monde. Ce qui fait la différence, c’est la passion et la ténacité. J’ai quitté Maurice avec Rs 10 000. Je me suis battu chaque jour pour ma passion. Ce que j’ai fait, d’autres peuvent le faire !»

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