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vendredi, octobre 7, 2022

Martine de Souza : Cœur, corps et âme contre l’injustice

Martine de Souza : Cœur, corps et âme contre l’injustice

Martine de Souza a l’injustice en horreur. Directrice de la Fondation Joseph Lagesse soutenue par le Groupe IBL, elle voue sa vie à combattre la misère sociale et la pauvreté qui sévissent dans de nombreuses communautés de l’île.

Excessivement calmes et posés, les gestes, le visage, le regard et la voix. Seuls les sourcils légèrement froncés laissent poindre une touche d’inquiétude, ou une ferme volonté, ou une extrême concentration – ou les trois à la fois ? – que requiert le sujet devenu sa raison de vivre : lutter contre l’injustice et la misère sociales.

Par quels ajustements successifs l’exceptionnelle championne de badminton que fut Martine de Souza dans sa jeunesse est-elle devenue, en 2017, la directrice de la Fondation Joseph Lagesse, cofondée par Arnaud Lagesse et Anne Rogers, soutenue par le groupe IBL et dévouée à la cause des plus démunis ? Il y a tant de vies dans une vie quand on a le souci de l’Autre car on apprend à se quitter, à aller voir ailleurs ce qu’il s’y passe. Martine de Souza s’est souvent quittée pour se trouver où elle est aujourd’hui…

Une prise de conscience progressive

Après ses exploits sportifs, elle part en France faire des études qui feront d’elle une psychologue clinicienne, démontrant déjà son inclination pour le bien-être des autres. Cependant, peu après son retour, la mort brutale de Kaya en 1999 est pour elle un premier signe que la jolie façade touristique de Maurice masque une réalité sociale dramatique pour certains.

Mais un séisme affectif va radicalement modifier le cours de sa vie : la mort tragique, en 2005, de Jérôme, son jeune frère, photo reporter d’immense talent qui tentait de dénoncer, à travers son art, la misère noire, l’insalubrité, le désespoir de nombreuses communautés dans l’île. Martine de Souza entre alors comme journaliste au Mauricien pour poser des mots, peut-être, sur ce qui n’en finissait pas de meurtrir son frère.

Le temps de l’action

Après deux ans, écrire sans doute ne suffisant pas, elle décide d’agir et s’engage pendant plusieurs années dans l’association Kinouete, vouée à la réhabilitation des détenus. Totalement impliquée pendant six années au cœur de la question carcérale, elle en ressort avec une certitude qui va de nouveau modifier sa vision et ses aspirations : ce n’est pas la criminalité qui mène à la prison, c’est la pauvreté.

La pauvreté… Il y a tant à dire et à faire… Martine de Souza est animée d’une ferme conviction : ne pas faire l’aumône, prendre le problème plus globalement en donnant aux déshérités les moyens et la responsabilité de leur émancipation. La Fondation Joseph Lagesse lui procure la merveilleuse occasion d’agir selon ce principe. Elle se donne entièrement à poursuivre ou élaborer des programmes de grande ampleur, à Chemin Rail, Bois Marchand ou ailleurs.

Construction de maisons, installation de salles de bain et toilettes, ateliers professionnels, prévention contre la drogue et l’alcool, contre les grossesses précoces et, surtout, mise en place de systèmes éducatifs pour servir le bien le plus précieux qui mène à l’émancipation : l’instruction.

Elle sait la patience et la ténacité que demande son incessant combat. Mais rien n’est impossible à celle qui, dix ans après avoir raccroché ses raquettes, avait su, dans un ultime exploit en 2003, ramener au pays de nouvelles médailles d’or !

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