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Île Maurice
mercredi, septembre 22, 2021

Perpétuer la tradition musicale de l’accordéon

Sauvegarder la musique et la danse traditionnelle afin d’assurer la relève. C’est en somme le but de l’école de l’accordéon à Rodrigues. Il y en a trois: à Papayes, Rivière Cocos et Fond Baie aux Huitres. La Gazette Mag a été à celle de Papayes sise au centre social du village pour en connaitre un peu plus.  Amanoola Khayrattee

« L’école d’accordéon existe à Rodrigues depuis 2013. C’est un peu grâce à Christian Madelmont, accordéoniste français souvent en visite dans l’ile dont il est amoureux, que ce centre de formation a vu le jour. Il avait offert trois accordéons à l’Association d’Accordéonistes Rodriguais pour mettre à la disposition des jeunes afin que ceux-ci puissent perpétuer la tradition musicale de l’accordéon, » nous explique Jacklin Legentil, formateur. « Mais c’est le Breton Ferdinand Gontran qui avait introduit l’accordéon à Rodrigues dans les années 1800, » précise-t-il.

A 68 ans Jacklin Legentil a toujours la musique, plutôt l’accordéon, dans le sang. Petit, il suivait ses ainés et profitait de leur absence pour s’initier à l’instrument. C’est ainsi qu’il a fait son apprentissage. S’il tient tant à cet art musical, c’est pour transmettre sa connaissance et passer le flambeau à la nouvelle génération, qui selon lui a tendance à le négliger au profit de la musique moderne.

L’accordéon c’est toute une histoire du temps longtemps avec des mariages traditionnels, » nous raconte-t-il avec nostalgie.

Avec une douzaine de stagiaires de 9 à 12 ans, en majorité des filles, cette école fonctionne à temps partiel sur une base volontaire chapeautée par un comité de village opérant sous une association au nom de ARDAR (Association de Réparation et Développement de l’Accordéon Diatonique Rodriguais) qui regroupe ces écoles. Les stagiaires sont recrutés volontairement et le formateur dispense les cours sans aucune rémunération.

Mais si certains parents veulent contribuer, c’est facultatif, et l’argent est utilisé pour la maintenance du centre et les instruments. Les cours se tiennent une fois la semaine en période scolaire et trois fois durant les vacances pour des sessions de deux heures chacune. Au bout d’une année  les apprentis doivent pouvoir maitriser la base de l’instrument, mais ce n’est qu’après trois à quatre ans qu’ils acquièrent le niveau nécessaire. Actuellement il y en cinq qui « capave perform », selon le formateur.

Jacklin Legentil nous explique aussi qu’un accordéon a des boutons à gauche et à droite de ce qu’on appelle le soufflet qui permet l’entrée et la sortie de l’air tout en émettant des notes. Ceux de gauche font la note basse et ceux de droite la mélodie. L’accordéon utilisé est du type diatonique, c’est à dire, bi-sonore. Autrement dit, il y a deux sons sur le même bouton. La note est donc différente quand on pousse le soufflet et quand on le tire. Et c’est ça la partie la plus difficile, contrairement à un instrument chromatique qui est uni-sonore.

Le formateur a recours au système de tablature qui est un système de notation musicale permettant de visualiser les notes et leurs endroits d’exécution sur l’instrument, ce qui donne également une idée du rythme et de la longueur des notes.

L’apprentissage passe donc impérativement par une familiarisation avec l’instrument. Les étudiants semblent bien maitriser la méthode enseignée. Deux d’entre elles, Angélie Legentil, 13 ans et Marie Océane, 12 ans se sont livrées à une démonstration digne d’un spectacle, sous le regard du professeur. Angélie avait d’ailleurs remporté le premier prix du concours mariaz letemps longtemps organisé par Parabole Maurice en 2018.

Ainsi cette école offre une opportunité aux stagiaires de participer à des concours et des spectacles, ici et ailleurs. Il y en a qui ont eu la chance de s’envoler jouer à La Réunion et à Madagascar dans le cadre des concours d’accordéon et d’échanges culturelles ou elles ont même été primées en plusieurs occasions, selon leurs dires. Angélie et Marie sont fières d’avoir pu être à la hauteur car elles croient fermement aux paroles de leur instructeur : « La musique est une thérapie pour développer l’esprit des enfants. »

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