“C’est dans les utopies d’aujourd’hui que sont les solutions de demain”. Cette citation de Pierre Rabhi, célèbre philosophe et essayiste français engagé dans le respect de l’environnement, est plus parlante que jamais. Que serait notre planète si certains rêveurs n’avaient pas osé réinventer notre société, bouleversé nos habitudes de consommations, fait prendre conscience de l’importance de cette nature qui nous permet de vivre ? L’île Maurice est un pays où la nature – quoique fortement abîmée par la pression humaine depuis son arrivée en ces terres – est reine. Ses récifs coralliens, ses espèces endémiques, sa mangrove ou ses forêts littorales en font un lieu d’une grande richesse, mais dont l’écosystème est plus fragile que jamais. Heureusement, depuis quelques années, de nombreuses initiatives, privées et publiques, voient le jour afin d’aider à faire de cette île de l’océan indien une île durable, une île où respect de l’environnement et écologie seront peut être un jour la norme. 

En matière de développement durable, on dirait que Maurice fait preuve de bonne volonté, malgré la vive critique populaire reprochant au gouvernement la mauvaise gestion de la catastrophe du Wakashio.

En effet, l’île a été l’un des premiers États à signer l’Accord de Paris (premier accord universel sur le climat et le réchauffement climatique) et a lancé un programme national ambitieux pour tenir ses promesses : réduire de 30 % ses émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2030, tout en s’adaptant aux effets du changement climatique. Ces ambitions ne sont pas sans rappeler la fragilité de l’équilibre de l’île. En effet, Maurice est l’un des pays les plus sensibles aux évènements climatiques extrêmes, et les effets du réchauffement climatiques sont déjà palpables : intensification des cyclones en saison des pluies, hausse des températures, montée du niveau de la mer…

De nombreux Mauriciens, conscients de leur impact sur leur terre, se sont lancés dans des initiatives, en créant entreprises, associations ou ONG ayant une vocation environnementale.

Si les terres mauriciennes sont toujours arrosées à grands coups de pesticides et autres engrais chimiques, l’inquiétude des consommateurs quant à l’impact négatif de l’utilisation de ces produits sur leur santé a fait augmenter la demande d’une agriculture plus raisonnée. Sont alors apparues au cours de ces dernières années des initiatives comme celles de l’association Le Vélo Vert, qui permet de soutenir l’agroécologie à travers l’île. Fondée en 2012 par Géraldine d’Unienville, cette ONG cultive des fruits et légumes en banissant l’utilisation de produits chimiques et en respectant la saisonnalité.  Au coeur d’une terre de 47 000 m2, la ferme du Vélo Vert offre au grand public et notamment aux familles le partage de ses expérimentations. Les visiteurs peuvent se rendre sur place, à Chamouny, afin de découvrir de nouvelles pratiques raisonnées. Le Vélo Vert lance également ses micro-fermes, un moyen de permettre aux jeunes agriculteurs de se lancer dans l’agriculture biologique, en leur mettant à disposition des fermes déjà équipées. “A Maurice, il y a un vrai besoin de revaloriser le métier, il n’y a pas assez de jeunes planteurs. C’est en partant de ce constat que nous avons voulu axer nos missions sur la formation et le soutien des jeunes agriculteurs”, explique Géraldine d’Unienville.

Économie circulaire et gestion des déchets

Dans une économie qui se veut plus verte et durable, une économie dans laquelle on recycle et on évite de gaspiller nos ressources, est apparue en 2018 l’entreprise sociale Foodwise, qui lutte contre le gaspillage alimentaire.

“A Maurice, l’équivalent alimentaire d’un bœuf est jeté chaque minute à la poubelle, alors qu’un enfant sur cinq est en sous poids”, apprend-t-on auprès de Foodwise.

C’est ce paradoxe qui a éveillé la conscience de ses fondateurs et les a motivés à chercher une plateforme qui permettrait de mettre en relation des entreprises qui produisent des surplus alimentaires et des ONG qui œuvrent pour les personnes issues de milieux défavorisés. En moins de deux ans, l’entreprise a distribué plus d’un millions de repas à des ONG locales, et a permis de sauver 320 490 kilos de nourriture. Avec 145 entreprises partenaires et 128 ONG bénéficiaires, Foodwise espère continuer sur sa lancée avec de nouveaux projets, forte des résultats de ces deux premières années, qui s’annoncent très prometteurs pour la suite. Avec son nouveau projet “Rejuice by Foodwise”, qui verra le jour en novembre au food court de Bagatelle Mall, l’organisme propose de recycler les fruits et légumes produits en surplus ou qui ne correspondent pas aux normes esthétiques afin de les transformer en jus frais.

La transition écologique à la mauricienne se poursuit avec de nouvelles mesures annoncées en juin dernier, autour de huit piliers, dont l’économie circulaire et la gestion des déchets solides. Un sujet primordial quand on sait que la grande majorité des déchets plastiques produits sur l’île finissent à la décharge Mare-Chicose, sans être recyclés. En effet, chaque année, seuls 6,25 % des déchets seraient recyclés ou compostés.

Dans ce nouveau plan d’action en faveur de l’environnement, on peut lire que rs 148 millions seront allouées pour la mise en œuvre du tri de déchets à la source et la promotion du compostage et du recyclage. Deux poubelles seront fournies par ménage, dont une sera utilisée pour le stockage des déchets organiques et l’autre pour les déchets secs et les matières recyclables.

« La crise du Coronavirus nous a fait prendre davantage conscience que nous devons consolider notre résilience et construire une société plus durable et écologique tout en repensant nos fondements économiques, sociaux et environnementaux afin d’atteindre nos objectifs de développement durable », a souligné le Ministre de l’Environnement, de la Gestion des Déchets solides et du Changement climatique, M. Kavydass Ramano.

En attendant la mise en place de ce plan stratégique environnemental pour les dix prochaines années à venir (2020-2030), l’île peut compter sur quelques organismes qui oeuvrent quotidiennement au tri des déchets comme Mission Verte, une association qui promeut la réduction à la source et la préservation de l’environnement, et assure à travers 50 bennes dans toute l’île la collecte et la bonne gestion des déchets recyclables. BEM Recycling est quant à elle une entreprise spécialisée dans la  valorisation des Déchets d’Équipements Électriques et Électroniques (DEEE) depuis maintenant 19 ans sur le marché mauricien. Ordinateurs, téléphones, réfrigérateurs ou encore imprimantes… à travers son service d’enlèvement et de recyclage, BEM Recycling donne une nouvelle vie aux appareils électroniques en fin de vie. Dans son nouveau centre de traitement se situant dans la région de La Chaumière, cette entreprise innovante trie, démantèle, dépollue, revalorise et vend ces produits upcyclés. Les produits dangereux, eux, sont exportés vers l’Europe afin d’être traités spécifiquement.

Le projet social Precious Plastic Mauritius, de son côté, s’occupe du recyclage des déchets plastique. Une initiative au coeur des problématiques environnementales actuelles, lorsqu’on sait que le plastique représente 80 % des déchets marins et que d’ici 2050, il pourrait y avoir plus de plastique que de poissons dans nos océans… Le but de ce projet, à échelle internationale, puisqu’il réunit une communauté de 10 000 personnes à travers le monde, est aussi de permettre à chacun d’agir en faveur d’une économie circulaire. Dans l’atelier de recyclage situé à Blue Bay, Precious Plastic valorise ces déchets plastiques en les transformant en nouvel objet. C’est ce qu’on appelle l’upcycling, ou recyclage par le haut.

World Clean up day

Cette journée mondiale du nettoyage a été lancée par l’association Let’s do it Fundation, qui a pour but de lutter contre la pollution à travers des nettoyages citoyens. L’île Maurice n’a pas échappé à ce mouvement mondial, et des centaines de volontaires se sont mobilisés pour nettoyer l’île au cours de cette journée qui a eu lieu le 19 septembre dernier. Plages, forêts, et villes, aucun endroit de l’île n’a été épargné par les volontaires. Un élan de solidarité qui fait plaisir à voir, et qui nous rappelle celui qui a rassemblé les Mauriciens à la suite de la marée noire qui a touché le lagon en août dernier. L’écologie, plus que jamais, est au coeur de l’actualité.

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