Après les opérations d’expulsion des sans-abris de Curepipe et Pointe-aux-sables, c’est ceux de Riambel qui ont vu leurs habitations de fortune rasées par d’énormes bulldozers le 1er juin dernier. Une opération qui fait suite à une décision gouvernementale visant à expulser ces habitants vivant illégalement depuis des années sur ces terres de l’Etat. Une soixantaine de familles s’est ainsi retrouvée sans logement, démunie face au froid et à la pluie battante de ces derniers jours. Cette situation a ému de nombreuses personnes, dont Alisha Juhoor et sa famille, qui ont lancé un appel aux dons. Cette initiative, accueillie avec ferveur, aura permis      d’apporter un peu d’espoir et de réconfort auprès des familles, dans l’attente de jours meilleurs.

A Riambel, une soixantaine de familles doit désormais vivre dans des conditions très précaires. A défaut de toit sur leur tête, ce sont désormais des tentes, fournies par des ONG locales, qui font office de logement.

Le 8 juin dernier, Alisha Juhoor et sa famille, émues par cette situation inhumaine, décident de lancer un appel sur les réseaux sociaux afin de collecter des vivres et les distribuer aux sans-abris de Riambel. Les réponses ne se sont pas faites attendre, et une chaîne de solidarité s’est ainsi créée. « Je me rends compte du nombre de personnes qui veulent aider en offrant ce qu’elles peuvent et qui ne savent pas forcément comment s’y prendre. Je me suis donc tournée vers des acteurs qui œuvraient déjà sur le terrain, dont des ONG locales, qui ont pu me guider tout au long de cette action”, explique Alisha Juhoor. Une centaine de personnes volontaires se sont ainsi mobilisées dans toute l’île pour organiser une collecte de produits alimentaires, vêtements, produits d’hygiène ou encore couvertures et même bouillottes pour braver le froid hivernal. En parallèle, une dizaine d’entreprises ont également répondu présentes avec des dons d’eau potable, de nourriture, matelas, palettes…

Rakesh Kalachand, Directeur de Five Star Mattress, a offert 50 couvertures aux familles

Samedi 13 juin, les volontaires ont pu se rendre sur place, à Riambel, pour commencer la distribution des packs préparés la veille pour chaque famille. Une organisation minutieusement réfléchie afin d’éviter toute tension au sein du camp. “Avec l’aide des acteurs sociaux sur place, chaque famille avait été préalablement recensée, ce qui a permis de procéder à une distribution dans le calme, une famille après l’autre”, explique Alisha.

Consciente de l’ampleur de cette situation, Alisha confie ses craintes : “on ne peut pas seulement donner de la nourriture ou des vêtements; ces familles ont besoin d’une situation durable. Ce qu’on fait en organisant des collectes, c’est bien, mais ça ne suffit pas”. En effet, ce dont ont vraiment besoin ces familles, c’est d’un toit.

Avant la destruction de leurs logements, ces personnes vivaient relativement bien. Les enfants étaient scolarisés, les hommes travaillaient, et pouvaient ainsi subvenir aux besoins de leurs familles. Un des bénévoles présent sur place lors de la distribution raconte : “l’endroit est propre, bien entretenu. Il n’y a pas de présence d’alcool ou de drogues, contrairement à ce qu’on pourrait s’imaginer d’un camp de ce genre”.

Rajnee Bhurosah, responsable communication de Espace Maison qui a fait don de fontaines à eau, outils et materiaux divers.

Suite à cette journée placée sous le signe de la solidarité, cette chaîne s’est poursuivie avec des dons qui ont permis notamment l’achat de fournitures scolaires et vêtements pour les enfants du camp de Riambel.

A ce jour malheureusement, aucune solution de relogement n’a été proposée par le gouvernement, malgré les affirmations du ministre du Logement, Steven Obeegadoo. Certaines familles ont cependant déposé leurs dossiers devant la Commission des droits de l’homme à Maurice. Les familles de Riambel restent donc suspendues aux décisions futures, dans l’espoir de retrouver au plus vite un toit sur de leur tête.

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