La catastrophe tant redoutée a malheureusement fini par arriver. Le Wakashio, navire japonais, s’est échoué le 25 juillet sur le récif au sud-est de l’île. Des tonnes d’hydrocarbures se sont échappées de la coque du vraquier fissurée, laissant voir des images de désolation dans le plus beau lagon de Maurice. Si le gouvernement a été fortement critiqué pour son manque de réactivité face à la situation, les Mauriciens ont fait preuve d’une solidarité incroyable. Ils ont été nombreux à agir, chacun à leur manière, pour sauver leur lagon et limiter les dégâts d’une telle catastrophe environnementale.

Pointe d’Esny et son lagon turquoise est connue pour être l’un des plus beaux endroits de Maurice, un écrin naturel protégé abritant un écosystème fragile. Le naufrage du Wakashio a touché tous les Mauriciens, pour qui leur île, sur terre comme sur la mer, est ce qu’il y a de plus précieux. Certains sont restés sans voix face au triste spectacle de la marée noire se propageant jusque sur les côtes, sur les plages, dans les mangroves, et fonçant droit sur l’île aux Aigrettes, en plein coeur de la réserve du parc marin de Blue Bay. Les hydrocarbures sont une réelle menace pour tout l’écosystème du lagon mauricien, car ces substances chimiques sont extrêmement toxiques pour la faune et la flore, dont la mangrove et les récifs coralliens.

Heureusement, de cette catastrophe nous retiendrons surtout la mobilisation du peuple mauricien. Citoyens, riverains, pêcheurs, organisations, collectifs ou entreprises privées, tous ont mis la main à la pâte. Déterminés et motivés plus que jamais à sauver leur lagon, le hashtag #SovNouLagon était lancé sur les réseaux sociaux, encourageant chacun à faire un geste. Tout le monde semble s’être senti concerné par cette tâche : “ça me semble normal d’aider les ONG dans une telle crise écologique. Nous habitons sur une île, notre lagon, sa faune et sa flore, c’est précieux pour l’économie du pays, et pour les prochaines générations”, raconte Stéphanie, une habitante de Pointe d’Esny.

En seulement quelques jours, plusieurs kilomètres de booms ont été fabriqués par les bénévoles à travers l’île. A Bagatelle Mall, c’était l’effervescence lors de notre passage dans ce centre accueillant les volontaires. Ils étaient plusieurs centaines à venir coudre chaque jour des boudins faits de paille de canne et de bouteilles en plastique qui permettent d’absorber les hydrocarbures déversés dans le lagon. “Nous suivons les instructions données par les ONG sur le terrain, notamment Eco-sud, afin de savoir comment fabriquer les booms. Les bénévoles sont briefés à leur arrivée avant de se mettre en place sur les différents postes nécessaires à la confection des booms”, explique Ketty Lim Ka Lan Saverthiar, coordinatrice de la plateforme Moka Mwad, qui faisait partie de l’organisation de cette action à Bagatelle.

A Pointe d’Esny, habitants et pêcheurs se sont mêlés à cet élan national. “Certains ont même utilisé leur propre bateau pour aller aider dans la lagon”, raconte Diane Desmarais, habitante de Pointe d’Esny et volontaire pour l’association Eco-sud.

Les acteurs économiques de l’île se sont aussi retroussés les manches en participant activement aux actions menées, en récoltant des fonds ou en proposant une aide humaine et logistique. Anahita a fait partie de cette action collective, aux côtés d’autres hôtels et groupes hôteliers de l’est de Maurice : “Des moyens humains et logistiques d’Anahita, avec ses entités et ses partenaires, Anahita Golf & Spa Resort, Four Seasons, Anahita Golf Club, Ile aux Cerfs et Shangri-la, ont été déployés en proposant d’utiliser l’héliport comme zone de fabrication des boudins flottants”, nous explique Dominique Di Daniel, le Directeur Général d’Anahita Golf & Spa Resort. Une mobilisation nationale qui ne l’étonne pas : “je n’avais pas vraiment de doute sur la capacité du peuple mauricien à se mobiliser pour une telle cause. La mer, le lagon, la préservation de ce qui fait la richesse de ce pays, sont des motivations naturelles chez les mauriciens qui sont très attachés à leur île”.

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