Qui ne connait pas la bouille surmontée de dreadlocks de ce célèbre jeune mauricien qui évolue dans un monde d’innocence où les préjugés n’ont pas leur place…? 20 ans d’aventures, qui pour certaines, l’ont porté hors de Maurice, racontées en 17 albums, méritent bien une pause sur la success story d’une BD 100% mauricienne. 

On ne sait pas grand chose de sa vie: on lui prête une dizaine d’années, a t-il des parents, on l’ignore, où habite t-il, on ne saurait y répondre non plus. Mais son univers s’est construit autour d’une ribambelle d’amis que sont Gromarto, Kasskot, Matapan, son fidèle compagnon à quatre pattes, Dimoune et les valeurs que sont l’amitié, le partage et le respect de l’environnement. Pascale Siew, fondatrice de Vizavi, la maison d’édition de Tikoulou et, auteure du premier album baptisé “Au pays du Dodo” paru en 1998, explique qu’elle avait souhaité occuper une place vacante, celle de la littérature enfantine.

“A part “Moi le dodo” de Christian Bossu-Picat, c’était le désert. Je voulais créer pour les 4-8 ans un personnage auquel il arriverait une série d’aventures dans un environnement typiquement mauricien et, permettant une identification immédiate avec les lieux, la faune et la flore qui les entourent”.

Des textes courts et des couleurs franches

Contre toute attente, le succès a d’abord déferlé du côté des touristes, les locaux s’y étant intéressés seulement en second lieu. Voilà donc 20 ans que le héros à la drôle de coiffure entraîne ses jeunes lecteurs, d’aventure en aventure, sous la patte puissamment colorée d’Henry Koombes et au gré de textes courts et faciles à la compréhension, issus de plumes diverses. Car si l’identité visuelle de Tikoulou a été conçue et développée uniquement par l’artiste plasticien Henry Koombes – qui correspond d’ailleurs à sa pre-
mière expérience de l’illustration -, les textes sont signés, outre ceux de Pascale Siew, par une série d’auteurs mauriciens et régionaux.

S’il n’y aura jamais qu’Henry, dont le style a beaucoup évolué en 17 albums, pour l’aspect illustration, les histoires sont le résultat du travail de différents auteurs, qui ont du pour cela entrer dans le moule; c’est à dire faire évoluer le personnage dans le respect de son identité, de ses valeurs qui ignorent la différence, les barrières et qui valorisent le respect de l’autre et le bien-vivre ensemble”, admet l’éditrice.

C’est ainsi que Monique Ritter, Alain Gordon-Gentil, Valentin Donzé, Jennifer Boullé, Nathacha Appanah, Christophe Cassiau-Haurie, Joelle Ecormier et Amal Sewtohul ont été chargés, tour à tour, de donner vie à Tikoulou le temps de “leur” album.

L’Afrique, prochaine destinatition de Tikoulou

Véritable phénomène éditorial avec ses 300 000 exemplaires réédités chaque année, tout titre confondu – alors que l’on estime à 3000 unités un tirage qui fonctionne bien ici -, Tikoulou est disponible en français et en anglais, et pour certains titres, en créole, allemand, madarin, italien et russe. “ Le jeune globe-trotter a déjà visité Ro-drigues, La Réunion, les Seychelles et l’Inde et je souhaite le faire partir en Afrique avant de clore, si je le dois, cette parenthèse enchantée”, sourit Pascale Siew. En marge des albums, compte tenu des valeurs qu’il véhicule, le jeune héros a aussi prêté son image au hors-série “La légende de Bel Ombre” – une façon de présenter la biodiversité du site -, ainsi qu’un livret éducatif destiné à l’Ile aux Aigrettes et un pack éducatif pour le site d’Ebony Forest, encore en préparation. Sa réputation l’a même propulsé sur scène, dans le cadre d’un spectacle chanté et dansé de huit représentations jouées à guichets fermés en septembre 2014 au MGI de Moka. Une réputation forgée sur le socle de la bienveillance et qui l’a définitivement inscrit dans le paysage mauricien.

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