Le récit littéraire d’Ernest Hémingway, dans Le vieil homme et la mer, même s’il se déroule au large de Cuba, a durablement et profondément marqué les imaginations. Depuis, toutes les îles tropicales ayant une vocation touristique ont développé la “pêche au gros”…et Maurice pratique cette pêche sportive depuis près de cinquante ans.

Il est facile d’imaginer la fascination que peut exercer, sur un visiteur venu de Paris, Londres, Berlin ou Pékin, le long combat que l’on doit mener, sanglé sur un fauteuil, à la proue d’un bateau, pour ramener, à la ligne, un espadon-voilier, qui bondit hors de l’eau comme un beau diable pour tenter de casser la ligne, ou un énorme marlin, ce trophée mythique pour tous les pêcheurs du globe!

Mais l’éventail des prises possibles est bien plus vaste. Sans évoquer les différentes espèces de requins, qui se laissent parfois tenter par les appâts qui ne leur sont pas destinés, les bonites (petits thonidés qui serviront, le plus souvent d’appâts pour de plus gros poissons), les skypjacks (thon rayé), les dorades coryphènes, les thons jaunes, les bécunes, les barracudas et les carangues fi-gurent parmi les prises les plus fréquentes. Et Maurice jouit, dans le milieu des pêcheurs, d’une réputation enviable. C’est que, depuis la création du Morne’s Anglers Club, dans les années 60, de nombreuses prises records ont été enregistrées dans nos eaux. C’est, bien évidemment, le signe d’une ressource exceptionnelle, mais aussi d’un savoir faire reconnu. D’après la météo, l’orientation et l’intensité du vent, les meilleurs skippers (barreurs) savent où aller chercher, avec de bonnes probabilités de succès, tel ou tel poisson. D’autant que des auxiliaires involontaires les aident dans leur quête. “On observe les oiseaux, explique Antonio Lamarque, de Maranatha Big Game Fishing. Leurs attroupements, la façon dont ils se posent ou plongent nous renseignent sur la présence d’un banc de poissons pourchassé par un gros”. Et si l’on n’est jamais sûr de revenir au mouillage avec une bête approchant les 500 kilos, on est toujours à peu près certain, avec de tels professionnels, de toujours revenir avec du poisson.

De nouvelles techniques

Signe évident de la reconnaissance internationale, Maurice accueillait, jusqu’en 2010, une étape de la célèbre Marlin World Cup (Coupe du Monde de pêche au marlin), organisée, pendant presque vingt-cinq ans, par l’hôtel La Pirogue. “Il faut avouer, explique Nicholas Duvivier, de Horizon Big Game Fishing, que la crise économique et financière de la fin des années 2000 nous a fait beaucoup souffrir. Mais depuis quelques années, notre activité connaît un nouvel essor.” Les opérateurs qui, jusque-là, s’en remettaient aux agences de voyage et Tour Opérateurs pour leur marketing, sont passés à l’ère numérique. “Aujourd’hui, constate. M. Duvivier, près de 90% de nos clients nous contactent par le biais de nos sites sur internet.

Mais les professionnels ont aussi su intégrer de nouvelles techniques de pêche, comme le “catch & release” (pris et relâché), le jigging et le popping (techniques de lancer), très médiatisées dans les magazines et sur les chaînes de télé specialisées, et… sur internet. Enfin, la mode du “whale watching” (observation des baleines) et du bain au milieu des dauphins a permis aux agences de pêche au gros de se diversifier en s’ouvrant à une clientèle plus familiale et peut-être moins attirée par la pêche.

Tous les opérateurs de pêche au gros subissent des contrôles, garantissant la présence à bord de matériel de sécurité et les prestataires impliqués dans cette activité l’exercent avec sérieux. Parmi les plus connus, on citera Sportfisher, Horizon et Le Performant, dans le Nord, Maranatha au Morne et JPH à La Balise, et Royal Big Game Fishing, dans l’Est.

Rodrigues en vedette

Depuis une dizaine d’années, Rodrigues est régulièrement plebiscitée comme destination “pêche d’aventure”… Les eaux poissonneuses qui entourent l’île, lui valent une réputation flatteuse dans le petit milieu des pêcheurs sportifs les plus exigeants. Des prises spectaculaires, de taille hors-norme, ont aussi largement contribué à sa popularité… malgré une mer reputée bien plus dure qu’autour de Maurice.

Le kayak pour la pêche en solo

C’est une nouvelle discipline, mais qui connaît une belle popularité sur notre île. A bord de kayaks, certes sophistiqués, mais tout de même bien frêles, d’authentiques aventuriers n’hésitent pas à franchir les récifs pour aller lancer leur ligne… Cette activité, très physique s’adresse à un public réellement sportif, d’autant que les prises peuvent, parfois, être tout à fait impressionnantes… surtout sur quand elles ont été pêchées depuis une embarcation à la ligne de flottaison si basse sur l’eau.

Pour limiter les risques, les plus raisonnables de ces pêcheurs de l’extrême effectuent leurs sorties en groupe.

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