Tous les trois mois, la fédération d’entreprises Business Mauritius organise un petit déjeuner avec la presse. L’occasion de présenter les axes d’action de ce regroupement de quelques mille deux cents sociétés. La session du 21 mars dernier était d’ailleurs particulièrement copieuse. 

Premier gand sujet abordé au cours de cette réu-nion trimestrielle: la formation et l’”employabilité” des jeunes qui arrivent, chaque année, sur le marché du travail. Chairman de Business Mauritius, Cédric de Spéville s’est exprimé en faveur d’une plus grande implication du secteur privé dans la définition des programmes scolaires. “On peut imaginer, a-t-il soutenu, que les élèves du secondaire soient exposés et sensibilisés, tout au long de leur scolarité, au tourisme et au codage informatique, par exemple…” La notion de “carreer guidance” devrait alors être au centre des préocupations des enseignants. Les études de Business Mauritius mettraient en évidence de sérieuses pénuries pour certains postes, comme les “développeurs” de programmes informatiques, mais aussi les chauffeurs poids lourds.

Les propos de M. de spéville ont généré de vives interrogations et même de franches oppositions. Les craintes les plus largement exprimées concernaient le fait que cette politique éducative, si elle formait sans doute de “bons employés”, risquait de ne pas former des citoyens, ni même des personnes épanouies… Dans le domaine de la formation professionnelle, les experts de Business Mauritius ont fait remarquer que la tendance lourde était à la création de modules de formation au sein de l’entreprise, au plus près des besoins. “Il faut se montrer agile, dira Cédric de Spéville. Plus que le bagage académique, ce qui compte, c’est une capacité à s’adapter, à apprendre de nouvelles tâches, acquérir de nouvelles compétences…” Ce à quoi il lui a été répondu que cette souplesse n’est exigée qu’à l’égard de l’employé: “Qu’en est-il de vos managers?” a demandé le représentant local de RFI et France 24, Abdullah Eerally. “Ont-ils pour habitude de se remettre en cause?

Cédric de Spéville (à gauche) et Kévin Kamloan, répondant aux questions des journalistes.

Une gestion régionale des déchets

Le thème suivant concernait l’ouverture de l’économie nationale. M. Cédric de Spéville s’est ainsi prononcé pour une mobilité plus grande et un accueil plus important de compétences étrangères. “Cela doit se faire selon les lignes d’une politique d’émigration réfléchie, afin que le départ soit un choix véritable et que le retour reste toujours possible.

La gestion des déchets constituait un autre point important de cet ordre du jour très éclectique. Au cours des denières années, Business Mauritius a mené diverses études visant à bros-ser un tableau fiable de la situation de la collecte et du traitement des déchets à Maurice, notamment dans les entreprises.

Avec différents partenaires, dont l’Agence Française pour le Développement (AFD), Business Mauritius tente d’établir un circuit regional intégrant Maurice, La Réunion et Mayotte. Cette coopération régionale permettrait d’atteindre, sur certains déchets recyclables, la masse critique indispensable à une chaîne de valorisation rentable. Les conditions de travail, souvent déplorables, des employés chargés du ramassage des ordures, ont également été pointées par les journalistes présents.

Ce rendez-vous entre Business Mauritius et les membres de la presse se caractérise, en effet, par des échanges d’une grande franchise.

Une originalité qui justifie pleinement le maintien de ces petits déjeuners trimestriels, qui dénotent heureusement de l’habituelle langue de bois.

Réglementer et encadrer le financemenT des partis politiques

Depuis plusieurs années, déjà, Business Mauritius (BM) interpelle les autorités gouvernementales afin qu’une loi vienne règlementer clairement les donations faites, par les entreprises, aux partis politiques. Cédric de Spéville et Kévin Ramkaloan (CEO de BM) ont renouvelé ce souhait, tout en regrettant que le gouvernement ne juge pas utile de consulter leur institution. Semblant, dans l’ensemble, approuver la démarche de BM, les journalistes ont aussi insisté sur la nécessaire transparence des entreprises elles-mêmes. En effet, si BM réclame un plafond de donation possible et la déclaration claire de ces sommes par les partis politiques concernés, quelques membres de l’assistance ont fait remarquer que des sociétés ne font pas toujours non plus ressortir clairement le montant de leurs dons, dans leurs comptabilités et leurs rapports annuels.

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